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  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 14:56

 

Dans la mythologie grecque, les Amazones (Amazones ou Amazonides en grec ancien) étaient un peuple de femmes guerrières vivant sur les bords de la Mer Noire, dans une plaine proche du fleuve Thermodon.

 

Tete-d-Amazone.jpg

 

De nombreux héros grecs ont été confrontés aux Amazones. Iobatès envoya Bellérophon combattre les Amazones alliées des Solymes. Héraclès alla s'emparer de la ceinture de leur reine Hippolyte et Thésée qui avait accompagné Héraclès et enlevé une Amazone du nom d'Antiope, dû les combattre à Athènes même où elles campèrent sur l'Aréopage.

 

Les Amazones avaient aussi envoyé un détachement aider Priam lors de la guerre de Troie pour le remercier d'avoir purifié leur reine Penthésilée qui avait accidentellement tué sa soeur Hippolyte. Achille blessa mortellement Penthésilée mais son dernier regard le rendit amoureux pour toujours.

 

Une tradition attribue à Alexandre le Grand une rencontre avec la reine des Amazones Thalestris qui désirait un enfant de lui. Selon Quinte-Curce, treize jours furent consacrés pour satisfaire la passion de la reine.

 

La légende des Amazones trouverait son origine historique chez les femmes guerrières des peuples Scythes originaires des steppes du nord et de l’est de la Mer Noire.

 

Des fouilles archéologiques récentes entre la Russie et le Kazakhstan ont permis de mettre à jour des tombes de femmes guerrières enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 avant Jésus-Christ. Leurs arcs de forme très caractéristique étaient exactement identiques à ceux des Amazones représentés sur les céramiques antiques.

 

Les Amazones avaient instauré une règle qui astreignait les hommes à faire les tâches domestiques, tandis que les femmes combattaient et gouvernaient. En conséquence, elles brisaient les bras et les jambes des enfants mâles ou les rendaient aveugles afin de les rendre inaptes à la guerre ou aux expéditions et de les utiliser comme serviteurs.

 

Les Amazones étaient célèbres pour leur nature belliqueuse et leurs qualités de cavalières. Elles étaient armées d'arcs de bronze et utilisaient des boucliers courts en forme de demi-lune; leurs casques, leurs vêtements et leurs ceintures étaient en peaux de bêtes sauvages. Les femmes coupaient leur sein droit pour faciliter le tir à l’arc. Pour perpétuer leur peuple, elles s'unissaient une fois par an avec les hommes des peuplades voisines parmi lesquels elles choisissaient les plus beaux.

 

Le thème de l'Amazone apparaît couramment dans l'art grec, notamment dans la peinture sur vases à figures noires. L’amazonomachie, ou combat des grecs contre les Amazones, constitue également un thème majeur dans la Grèce Antique.

 

Il existe d’autres traditions de femmes guerrières en dehors de la Grèce Antique : en Amérique Latine (Amazonie) ou en Afrique (dans le Dahomey du roi Agadja).


Le thème des Amazones a été abondamment repris dans la littérature et plus récemment à la télévision.

 

Elles jouent un rôle central dans mon roman de science-fiction intitulé le Mensékhar. J’ai repris les grandes lignes de la légende en la modernisant un peu.

 

Pour expliquer les origines des Amazones de mon roman, je me suis inspiré d’une autre légende : L’affaire de la Tour de Nesle.

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:05

 

         La nuit recouvrait de son manteau noir la mer de nuage qui cernait Phylis 1. La pointe du sommet de la pyramide de verre était plongée dans une semi obscurité. L’unique source de lumière, la sphère holographique, continuait de diffuser ses images dans le plus grand silence au milieu de la salle.    

         Adonis tira vivement les draps qui le recouvraient et bondit hors de son lit. Il s’habilla rapidement et sortit de sa chambre. Wacé l’avait logé dans un bâtiment relativement éloigné de la chambre d’Eden. Pour rejoindre son frère, il était obligé de passer sous la sphère d’images, la zone la plus éclairée de la pyramide.

         La pelouse synthétique feutrait les pas d’Adonis. L’étage n’était pas gardé et le garçon n’eut aucun mal à arriver devant la chambre d’Eden sans avoir attiré l’attention sur lui. Comme tous les bâtiments, la chambre du Proèdre ne possédait ni porte ni toit. Eden dormait paisiblement dans son lit au fond de la pièce.

         Adonis le secoua et passa sa main devant sa bouche pour l’empêcher de crier.

         - C’est Adonis, ne crains rien.

         - Pourquoi me réveilles-tu en plein milieu de la nuit ?

         Adonis lui tendit ses vêtements pour seule explication.

         - Habille-toi vite.

         Eden obéit à son frère et enfila sa combinaison. Il aurait aimé en savoir un peu plus sur ses intentions.

         - Tu n’as pas répondu à ma question.

         - Je n’ai pas confiance en Wacé et l’arrivée prochaine de Syris ne me dit rien qui vaille. Je crains que Wacé ne se serve de nous comme monnaie d’échange.

         Eden comprit la pensée d’Adonis.

         - Nous sommes ses otages tant que nous restons sur Phylis.

         - En nous hébergeant, il possède les deux pièces les plus importantes dans le jeu de Sappho. A ses yeux, nous valons de l’or.

         Adonis s’approcha de l’entrée de la chambre. La route était libre jusqu’au monte-charge. Il fit signe à Eden de le suivre. Les deux hommes traversèrent discrètement la pyramide puis ils montèrent dans la capsule de l’ascenseur.

         Alors qu’ils descendaient vers le spaciodrome de Wacé, Adonis dévoila ses projets à Eden.

         - Nous allons essayer de nous emparer d’un aéronef pour gagner la Planète-Mère. Je ne voulais pas y aller, mais nous n’avons plus le choix.

         - Les vaisseaux doivent être gardés, objecta Eden. De plus, ils ont dû fermer le sas du spaciodrome.

         Dans la précipitation, Adonis n’avait pas pensé à tous ces éléments. Wacé devait redouter une fuite des deux hommes et avait vraisemblablement bouclé le secteur du spaciodrome. En s’y rendant, ils allaient se jeter dans la gueule du loup. Adonis reprogramma rapidement l’ascenseur.

         - Que fais-tu ? Demanda Eden.

         - Nous allons fuir là où Wacé ne nous attend pas. Nous allons passer par la Ceinture et gagner les spaciodromes du quartier populaire qui échappent plus ou moins à son contrôle.

         - C’est de la folie, grogna Eden. Les quartiers situés en dessous de la Ceinture sont de véritables coupe-gorge.

         - Nous n’avons pas le choix.

         L’ascenseur accéléra la descente puis stoppa net à un étage qui n’avait pas été programmé par Adonis. Eden s’affola.

         - Que se passe t-il ?

         - Ce n’est rien. L’ascenseur s’arrête automatiquement tous les cent cinquante mètres par paliers de décompression.

         La capsule se remit en effet en marche et poursuivit sa descente vers la Ceinture de Phylis 1. Elle s’arrêta encore une dizaine de fois avant d’arriver à sa destination. Les deux hommes sortirent au dernier étage qui précédait la Ceinture.

         - Comment allons-nous passer le poste de police ? Angoissa Eden. Wacé nous a certainement fait ficher.

         Adonis reconnaissait aisément qu’ils pouvaient difficilement se présenter tranquillement devant les policiers de la Ceinture. Ceux-ci ne connaissaient pas Adonis, mais parviendraient  aisément à identifier le Proèdre.

         - Cette ville doit être dotée d’un puissant système d’aération. Je doute que les conduits d’airs connaissent les subtiles distinctions entre cité du bas et cité d’en haut.

         La cage de l’ascenseur était l’endroit où l’on avait le plus de chance de découvrir des conduits d’aération. Adonis détacha quelques taules en ferraille à l’aide de son pistolet laser et découvrit une cheminée. Celle-ci tournait autour de la cage de l’ascenseur comme un toboggan.

         - Le conduit est assez large pour que nous puissions nous y glisser.

         Eden ne partageait pas l’optimisme d’Adonis.

         - Aurais-tu perdu la tête ? Nous ne savons pas jusqu’où descend ce tuyau. Peut-être est-il bloqué par un barrage de police ?

         - Je ne crois pas. Ce tuyau est assez glissant pour dissuader quiconque souhaiterait l’emprunter de bas en haut. La police de Wacé redoute avant tout l’intrusion d’individus de la cité du bas dans les quartiers supérieurs et non l’inverse.

         Adonis glissa ses deux jambes dans l’orifice et s’apprêta à se laisser glisser. Il souhaitait entraîner l’adhésion d’Eden.

         - Es-tu prêt à me suivre ?

         - Je n’ai pas le choix, marmonna-t-il.

         Adonis poussa avec ses deux bras et commença sa descente dans le conduit. Eden s’inséra à son tour dans le tuyau et glissa à la suite de son frère. Les parois métalliques n’offraient aucune résistance et les deux jeunes hommes dévalèrent le conduit d’aération à vive allure.

         A un moment donné, le conduit avait dû quitter la cage de l’ascenseur puisqu’il cessa de tourner en spirale. Il descendit alors pratiquement à pic et les deux frères tombèrent désormais en chute libre. Eden émit un cri qui résonna comme un écho dans la cheminée métallique.

         La déclivité heureusement se réduisit au fur et à mesure de la descente, puis le conduit se tordit brutalement pour s’ajuster parallèlement au sol. A ce moment, Adonis bougea maladroitement sa tête et sa nuque frappa la paroi.

         Il fut assommé un peu avant d’avoir terminé sa descente et avant qu’Eden ne lui tombe dessus. Lorsqu’il se réveilla, Eden avait descellé une grille afin de leur permettre de quitter le conduit. La tête encore toute endolorie, il félicita son frère de son initiative.

         - Tu as fait du bon travail. Sais-tu où conduit cette ouverture ?

         - J’ai un peu prospecté les environs pendant que tu étais inconscient, répondit-il fièrement. Ce chemin mène à une bouche d’aération sous une rue très passante.

         Adonis poussa un cri de joie.

         - Une rue très animée. Cela signifie que nous avons réussi à passer la Ceinture.

         - Il y a de fortes chances en effet, confirma Eden.

         Les deux garçons sortirent du conduit à quatre pattes. Le reste de la galerie leur permettait de continuer leur progression debout. Ils étaient dans un conduit d’aération très important. Juste au-dessus de leurs têtes, les deux frères apercevaient des centaines de paires de pieds qui piétinaient une grille au maillage étroit qui servait de plafond à la galerie. A en juger par l’affluence, ils devaient vraiment se trouver sous une artère importante. Adonis se trouva confronté à un épineux problème.

         - Nous ne pouvons pas rester éternellement dans ces réseaux d’aération dont nous n’avons pas les plans pour nous diriger. Nous devons rejoindre cette rue, mais comment sortir de cette galerie sans nous faire voir ?

         Eden le tira par le bras pour lui indiquer une bifurcation sur la droite. Le chemin suivait une artère moins importante car il était plus étroit.

         - Nous n’avons qu’à suivre ce chemin jusqu’à une ruelle peu passagère. Là il nous sera plus facile de soulever l’une de ces grilles pour sortir.

         Adonis acquiesça d’un signe de la tête. Ils marchèrent un long moment dans cette artère secondaire avant de bifurquer dans un conduit encore moins important. La rue au-dessus d’eux devait être moins éclairée. Ils marchaient à tâtons dans un conduit obscur. De l’eau poisseuse coulait de la rue sur leurs têtes. L’air qui s’écoulait dans le tunnel véhiculait une épouvantable odeur de viande décomposée. L’odorat d’Eden se révolta.

         - Nous devons vraiment être dans un quartier malfamé. Je n’entends plus aucun bruit au-dessus de nous. Nous pourrions peut-être en profiter pour sortir de ce conduit malodorant.

         - Fais-moi la courte échelle, proposa Adonis. Je vais essayer de soulever l’une de ces grilles.

         Adonis n’eut aucun mal à déchausser la grille qui était amovible. Il la poussa sur le côté et se hissa hors du trou en faisant appel avec ses bras. La ruelle, faiblement éclairée, était si étroite qu’elle autorisait difficilement le croisement de deux hommes. Dans le conduit, Eden s’impatientait. Adonis l’en extirpa en le tirant avec son bras. Ils replacèrent la grille pour ne pas tomber dans le trou.

         - C’est un véritable coupe-gorge, s’exclama Eden. Nous ne devrions pas nous attarder dans ces lieux inhospitaliers.

         Ils remontèrent la ruelle en file indienne et rejoignirent une artère plus importante. Des femmes entourées de leur progéniture se tenaient sur le seuil de leur porte. Adonis jeta un rapide coup d’oeil dans l’une de ces misérables habitations. Elles étaient composées d’une pièce unique dans laquelle s’entassaient des familles de quatre ou cinq enfants.

         Une dizaine de jeunes gens âgés d’une quinzaine d’années barrait l’accès à l’intersection suivante. Ils n’étaient pas particulièrement menaçants, mais se dressaient en mur humain pour empêcher Eden et Adonis d’avancer. Le plus âgé devait être le chef.

         - Si vous désirez passer, il vous faudra payer le péage, mes princes. Pour des personnes aussi bien vêtues, ce sera dix onces stellaires.

         Eden souhaitait en découdre. Pour des champions de la lutte comme Adonis et lui, ces gringalets affamés ne représentaient pas une grande menace.

         - Dix onces, c’est énorme pour traverser une rue.

         Adonis le retint et lui murmura quelques mots à l’oreille.

         - Nous avons de quoi payer, laisse les tranquille.

         - Nous n’allons pas nous laisser racketter, protesta Eden.

         - Si nous nous battons contre eux, nous risquons d’attirer l’attention de la police de Wacé. Ce n’est pas le moment de nous faire remarquer.

         Adonis sortit dix onces de sa bourse et les envoya au chef de la bande. Celui-ci fit une courbette avec un brin d’insolence.

         - Je te remercie, mon prince.

         - Si tu veux me remercier, poursuivit Adonis, indique-moi le spaciodrome le plus proche.

         Les jeunes gens éclatèrent de rire.

         - Vous devez vraiment être perdus. Vous ne trouverez pas de spaciodrome à ce niveau. Il vous faudra descendre quatre étages jusqu’au niveau cinquante-sept.

         Adonis leur lança une autre pièce de dix onces.

         - Merci, fit-il.

         Les adolescents disparurent sans demander leur reste en poussant des hurlements de victoire. Adonis ne regrettait pas l’argent qu’il avait versé pour obtenir cette information. Les étages inférieurs de Phylis 1 constituaient un infernal labyrinthe et ils avaient été bien naïfs d’imaginer qu’ils auraient pu se débrouiller seuls sans indication.

         Après s’être informés, ils apprirent que des escaliers permettaient de relier les étages entre eux. Il y avait aussi des ascenseurs, mais ils étaient dans un tel état de délabrement que personne n’osait les emprunter. L’aventure s’avérait être périlleuse.

         Une longue errance leur permit de découvrir un bâtiment gris et cubique, abritant une cage d’escalier. Les marches étaient jonchées de corps inanimés. Ils avaient tous les contours des yeux violacés. Adonis fut choqué devant un  tel spectacle.

         - Ils sont morts ?

         - Ce sont des drogués en manque, expliqua Eden. Il vaudrait mieux ne pas trop nous attarder ici. Ils seraient prêts à tuer père et mère pour obtenir une dose de pélanine.

         Les deux frères descendirent l’escalier en courant. Au niveau cinquante-huit, ils se heurtèrent à une impasse; l’escalier se terminait par un mur. Eden se désespérait.

         - Ce n’est pas possible, nous ne sortirons jamais de ce dédale.

         - Suis-moi, fit Adonis.

         Ils sortirent de la cage d’escalier et surgirent à leur grand soulagement dans une grande artère aux magasins propres et illuminés. Les badauds déambulaient paisiblement en regardant les boutiques.

         - Cela fait des heures que nous marchons, se plaignit Eden. Nous pourrions nous arrêter dans un hôtel pour nous reposer un peu.

         - Je ne pense pas que Wacé nous trouvera ici, concéda Adonis. Il y a des chambres libres au bout de la rue.

         Ils s’arrêtèrent devant une maison de trois étages à la façade percée de fenêtres minuscules. Une enseigne lumineuse annonçait qu’il restait des chambres inoccupées. Adonis était dans l’expectative.

         - Ce n’est pas le grand luxe, mais nous n’allons pas rester bien longtemps ici.

         - S’il y a un hôtel, c’est que nous ne devons pas être loin d’une zone de transit, supposa Eden.

         Ils entrèrent dans le bâtiment. Un vieil homme aux cheveux et à la barbe blanche les accueillit.

         - Bonsoir jeunes gens. Je m’appelle Khios et je suis à votre service.

         - Enchanté, fit Adonis. Khios, signifie « âme » en vieux dialecte. Auriez-vous une âme assez bonne pour donner le gîte à deux voyageurs épuisés ?

         Les pommettes du vieil homme rougirent.

         - Vous êtes ici chez vous.

 

Chapitre 22                                                              Chapitre 24    

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:35

 

Poétesse grecque née à Mytilène, dans l'île de Lesbos, Sappho serait née vers 650 av. J-C et morte vers 580 av. J-C.

 

Sappho-dans-la-mythologie.jpg

 

On sait peu de chose sur sa vie. Sappho était née de parents nobles, Scamandre et Cléis, engagés dans des affaires politiques qui auraient causé quelques torts à leur fille voire des périodes d'exil.

 

Son amour pour les femmes ne fait pas de doute, mais on sait qu'elle a été mariée et a eu une fille, Cléis, qu'elle dit avoir chérie plus que tout.

 

Elle a fondé à Mytilène une école pour jeunes filles où elle a enseigné la poésie, la musique, le chant, et la danse. Ses amantes devaient compter parmi les jeunes filles de cette communauté : « Rien n’est plus beau pour moi que le cœur de l’aimée » écrira-t-elle.

 

Au départ, Sappho est appelée la « Lesbienne », au sens de « personne originaire de Lesbos ». C’est au 19ème siècle que le terme de « lesbienne » en est venu par extension à désigner une femme homosexuelle.

 

Des neuf livres qu'elle composa ne subsistent aujourd'hui que six cent cinquante vers consacrés à la passion amoureuse, « monstre invincible doux et amer », à la beauté, à la nature, source de calme et d'harmonie, mais aussi à la mort et surtout à Aphrodite.

 

Destinée à être chantée et accompagnée de musique, cette poésie, éminemment sensuelle, est portée par un rythme nouveau : la strophe saphique, composée de trois vers et d'un vers adonique très court, que Catulle et Horace utiliseront à leur tour. Elle inspira également Théocrite (Les Magiciennes) et Ovide (Héroïdes).

 

Les 9 livres de poésie lyrique composés par Sappho s’intitulent :

- A Aphrodite

- A l’absente

- A une aimée

- Les Adieux

- Nocturnes

- Confidences

- Paroles Ailées

- Jeunes Filles

 

La légende s'est emparée du personnage en lui attribuant une fin tragique à cause d’un amour non partagé pour un jeune homme d’une grande beauté nommé Phaon.

 

Ce dernier était un vieux batelier qui faisait passer les voyageurs de l’île de Lesbos en l’Asie Mineure. Un jour, il transporta la déesse Aphrodite sans la reconnaître, qui pour le remercier lui donna un onguent qui en fit le plus beaux des hommes.

 

Sappho tomba éperdument amoureuse de Phaon. Après avoir été aimée par le jeune homme, elle fut ensuite délaissée par celui-ci. Ne pouvant supporter cette rupture, Sappho aurait décidé de mettre fin à ses jours en sautant du haut d’une des falaises de l’île de Leucade, nommée Saut de Leucade (72 mètres de haut).

 

Dans l’Antiquité, d’après la légende, il fallait se jeter du saut de Leucade pour guérir d’un mal d’amour. Si on ne mourait pas, on était définitivement guéri de ce mal.

 

Mais cette version vient peut être d’une confusion avec une autre Sappho qui était joueuse de Lyre et courtisane.

 

Quoi qu’il en soit, Sappho décrit l’amour et son dieu Eros, non pas comme une source de plaisir, mais comme un monstre dont l’homme subit les tortures : « Je le vis : je rougis, je pâlis à sa vue; Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue; Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler. Je sentis tout mon corps et transir et brûler. Eros a ébranlé mon âme, comme le vent de la montagne qui s'abat sur les chênes. » ou encore « De nouveau Eros qui dissout les membres me torture, doux et amer, monstre invincible… »

 

Cette vision de l’amour qui torture pourrait accréditer la passion fatale pour Phaon que l’on prête à Sappho.

 

Dans mon roman intitulé Le Mensékhar, le personnage féminin principal se prénomme Sappho comme la poétesse de l’Antiquité. Car les caractères de ces deux femmes s’entremèlent étrangement.

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 00:01

 

Le nom d’Adonis vient du phénicien Adon qui signifie Seigneur. Le mythe d’Adonis, divinité phénicienne, est originaire du port de Byblos. Il subit quelques modifications en Egypte et à Chypre avant de parvenir en Grèce.

 

Adonis-dans-la-mythologie.JPG

 

Adonis est un dieu symbolisant la mort et le renouveau de la nature dans le cycle des saisons. En hiver, il descend dans le royaume d’Hadès rejoindre Perséphone. Au printemps, il revient sur terre s’unir à Aphrodite.

 

Le culte d’Adonis est à rapprocher des cultes plus anciens du dieu égyptien Osiris et du dieu babylonien Tammuz. Le christianisme a magnifié ces anciennes religions à mystères en célébrant la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Ce n’est pas un hasard si la fête de Pâques marque le début du printemps et de la germination.

 

D’après la tradition hellénistique, la femme d’un roi de Chypre nommé Cyniras se vanta imprudemment que sa fille, Myrrha (ou Smyrna), était plus belle que la déesse Aphrodite elle-même.

La déesse se vengea de l'insulte en faisant naître dans le cœur de Myrrha un amour incestueux. La jeune femme entra dans lit de son père par une nuit très sombre avec la complicité de sa nourrice qui l'avait enivré au point de ne plus savoir ce qu'il faisait.

 

Cette histoire n’est pas sans rappeler la légende biblique des filles de Loth couchant avec leur père après l’avoir enivré (Genèse 19 : 31-32).

 

Par la suite, Cyniras s'aperçut de la supercherie. Fou de colère, il saisit une épée pour tuer sa fille. Mais Aphrodite changea promptement Myrrha en arbre à myrrhe et l'épée du roi, en s'abattant, fendit le tronc en deux: le jeune Adonis en sortit.

Adonis fut recueilli par Aphrodite qui le confia à Perséphone, reine des Enfers. Il était si charmant qu'elle en fit son amant. Aphrodite se rendit aux Enfers pour réclamer Adonis, mais Perséphone refusa de le laisser partir. Aphrodite en appela alors à Zeus.

 

Zeus résolut leur querelle en ordonnant au jeune homme de passer un tiers de l'année avec Aphrodite, un tiers avec Perséphone et le dernier avec la personne de son choix. Si Adonis respecta à la lettre les exigences du roi des dieux, il choisit cependant de consacrer le tiers de l'année restant à Aphrodite afin de vivre pleinement son amour pour elle.


Dès lors, le partage n'était plus équitable et l'amour qui liait Aphrodite à Adonis attisa la convoitise des autres dieux. Perséphone, justement affligée, se rendit en Thrace où elle raconta perfidement à Arès, qu'Aphrodite sa maîtresse lui préférait à présent Adonis. Arès devint fou de jalousie.

 

Un jour, Adonis, aimant chasser, parcourut la forêt et affronta un sanglier furieux envoyé contre lui par Arès. L'animal blessé le chargea et le jeune Adonis s'effondra, blessé mortellement à la jambe. Une goutte de son sang tomba par terre et donna naissance à l'anémone.

 

D’autres versions prétendent que l’instigateur de ce drame serait Apollon. Le dieu aurait voulu se venger d’Aphrodite qui avait rendu son fils aveugle pour l’avoir surprise nue au bain.

 

Aphrodite créa une fête funèbre en l'honneur d'Adonis célébrée par les femmes syriennes au début du printemps. On plantait toute sorte de graines que l'on forçait avec de l'eau tiède pour les faire pousser plus vite. En Grèce, on célébrait les Adonies en l’honneur d’Adonis et ces festivités duraient huit jours.

 

C’est Ovide, le poète latin du premier siècle après J.C., qui dans ses Métamorphoses, nous a laissé le texte le plus poétique et le plus célèbre sur la naissance, les amours et la fin tragique d'Adonis.

 

Le héros du Mensékhar s’appelle Adonis, tout comme le dieu de la mythologie grecque. Son destin dans mon roman est cependant quelque peu différent de celui de son homonyme de l'Antiquité.

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 18:34

 

         Le vaisseau impérial ressemblait à un titanesque diamant, entièrement noir. Seuls quelques milliers de petits points lumineux illuminaient ce mastodonte et permettaient de le distinguer parmi les ténèbres de la voûte céleste.

         L’appareil, trop imposant pour atterrir sur une planète, se mit en orbite autour d’Iadès. La planète des protonyx était entièrement rouge, comme le sable et la caillasse des déserts qui la recouvraient intégralement.

         Sappho s’approcha du hublot de la cabine de pilotage et posa sa main sur la vitre comme si elle voulait toucher la planète. Tout en continuant à admirer Iadès la rouge, Sappho s’adressa à Oued resté derrière elle auprès des commandes.

         - Cette planète est belle, n’est-ce pas ?

         - Très belle, acquiesça Oued pour ne pas vexer la Princesse.

         Sappho décolla son visage de la vitre et traversa le poste de pilotage d’un pas sec et déterminé.

         - Je vais aller me préparer.

         - Veux-tu que je t’accompagne jusqu’en bas ? Proposa Oued.

         - Non, je dois aller affronter seule les protonyx. Je vais prouver à tout l’univers que je suis la digne fille d’Etran.

         La porte s’ouvrit sur le passage de la Princesse qui se dirigea à travers les couloirs en direction de sa chambre. L’intérieur du vaisseau impérial ressemblait à l’extérieur. Il n’y avait pas un seul mur droit. Les couloirs étaient de forme hexagonale, les pièces avaient des murs inclinés pour représenter l’intérieur d’un diamant.

         Une fois arrivée dans sa chambre, la Princesse quitta ses vêtements pour revêtir sa combinaison transparente qui lui permettait de conserver son corps à une température constante de 37 degrés. Ce type de vêtement était indispensable sur Iadès où la température au sol avoisinait les soixante degrés à l’ombre.

         Sappho quitta sa chambre. Les soldats qui la croisaient dans les couloirs ne pouvaient détourner leurs regards de ce corps nu enveloppé d’une robe transparente; la Princesse n’avait rien perdu de son goût immodéré pour la provocation.

         Au sortir d’un couloir, une passerelle l’emmena directement à l’intérieur d’un petit aéronef. Oued l’attendait déjà en compagnie d’un observateur dépêché par les savants de l’Apanama.

         - Quelles sont vos impressions, Princesse ? L’interpella t-il. Avez-vous peur de votre prochaine rencontre avec les protonyx ?

         La Princesse ne souhaitait pas se laisser importuner. Elle mit immédiatement les choses au point.

         - Je vous ai autorisé à m’accompagner sur Iadès pour vous permettre de témoigner des événements. Fichez-moi la paix si vous désirez faire partie du voyage.

         Le sas de l’aéronef fut bouclé et l’appareil prit son envol. Il s’éjecta des flans supérieurs du vaisseau impérial et se dirigea vers la planète rouge.

         Plus l’instant fatidique approchait, plus Sappho redoutait sa confrontation avec les protonyx. Elle avait beau être du sang d’Etran, ces animaux restaient des monstres hors du commun. Personne ne les avait vus de près, exceptés les empereurs, mais ils n’étaient pas le simple fruit de l’imaginaire collectif ; les protonyx étaient bien réels.

         Oued sentant l’angoisse de Sappho, prit la main de la Princesse. Ce contact la rassura et lui mit du baume au coeur.

         L’aéronef se positionna au-dessus d’une plaine désertique. Sappho se plaça au centre de l’appareil dans un cercle tracé sur le sol. Le cercle s’ouvrit et la Princesse descendit sur Iadès dans un faisceau lumineux perpendiculaire au sol comme une colonne.

         Le rayon disparut lorsque Sappho posa les pieds à terre. Un paysage incomparable s’offrait à elle. Une vaste plaine de sable rouge entourée de falaises ocres.

         Il régnait un calme reposant qui ne dura pas. En cette saison, Iadès était secouée par d’importantes tempêtes d’automne. Le vent se leva et balaya le sable rouge dans des tourbillons infernaux. Les grains de sable fouettaient la peau de Sappho, sa robe se dégrafa et claqua dans le vent.

         La Princesse rattrapa les pans de sa robe et la referma au niveau de la poitrine. Elle se mit en route en direction des falaises, les repaires habituels des protonyx. Elle ne distinguait plus l’aéronef au-dessus de sa tête. Elle était seule, livrée aux terrifiants protonyx.

         Ses pas s’alourdissaient en s’enfonçant dans le sable, le vent la faisait tournoyer comme une feuille morte. Le frottement du sable irritait sa peau. Sappho, épuisée, se laissa tomber à genoux dans la poussière rouge.

         La Princesse reprenait lentement son souffle. Le sable s’immisçait partout, dans les moindres recoins, n’épargnant pas la bouche. Les grains de sables crissaient entre ses dents et lui piquaient les yeux.

         Sappho eut un bref moment d’abattement et faillit faire demi-tour. Mais, reprenant quelques forces, elle se releva et marcha de nouveau droit devant elle. Elle n’avait aucune visibilité, mais elle savait qu’elle devait nécessairement atteindre une falaise, quelle que soit sa direction.

         Elle buta sur une pierre, puis une seconde la coupa légèrement sous la plante des pieds. Le chemin était de plus en plus rocailleux signalant la proximité de montagnes. Le sable se faisait de plus en plus rare sous les pieds de la Princesse, le sentier devenait plus escarpé.

         La tempête secouait moins de sable et Sappho bondissait aisément de rocher en rocher. Sa progression était ainsi nettement facilitée. La princesse pénétrait dans toutes les grottes qu’elle rencontrait, mais il n’y en avait pas une seule d’occupée. Les protonyx étaient invisibles.

         Sappho marchait plus tranquillement. Elle atteignait désormais le sommet des falaises et était à l’abri des nuées de sable rouge. Le vaisseau d’Oued n’était pas réapparu. Peut-être la cherchait-il dans une direction opposée ?

         La route tournait le long d’une paroi verticale et se rétrécissait dangereusement. Sappho craignait de tomber nez à nez avec un protonyx dans ce passage délicat. Mais la route s’élargissait à nouveau sans qu’elle ait fait la moindre rencontre.

         Un sifflement strident au-dessus d’elle, lui fit instinctivement lever la tête. Ce n’était pas le bruit du vent. Le monstre se dressait fièrement sur un rocher pourpre. Il griffait la pierre avec sa patte avant droite et remuait son cou pour agiter sa tête dans tous les sens.

         Avec ses griffes monstrueuses, il aurait aisément pu égorger un être humain. Mais sa tête était encore plus impressionnante. Montée sur un corps de lion au pelage jaune, la tête de reptile aux écailles vertes crachait une langue fine et dédoublée en son extrémité.

         La bête tuait avec ses petites dents incisives. Elle mordait pour injecter son venin mortel. Sappho reculait de quelques pas, mais elle n’avait pas peur. Le protonyx ne jouerait pas avec ses griffes, son instinct lui commanderait de mordre. Elle faisait face à la bête, fière et déterminée, attendant la morsure.

         Le protonyx épiait sa proie et ne semblait pas disposé à bouger. L’assurance de Sappho lui faisait-elle craindre un piège ? La Princesse changea de stratégie. Elle recula de quelques pas. Veillant à ne pas glisser sur une pierre, elle avait tourné sa tête en arrière. Lorsque le recul lui parut être suffisant, elle s’arrêta et rechercha le protonyx sur sa pierre.

         Il n’y était plus. L’animal silencieux se dressait juste devant elle, leurs deux têtes se faisaient face. Les yeux du protonyx, d’un rouge profond barré d’un trait noir horizontal,  étaient extrêmement brillants. Son regard n’était pas vague et Sappho crut y déceler une impitoyable cruauté. La bête frappa la Princesse avec sa patte, déchirant une partie de sa robe et la faisant tomber sur le sol.

         Sappho était dans l’incapacité de se relever. L’énorme patte exerçait une pression étouffante sur sa cage thoracique. La tête frappa en un éclair de seconde et mordit la Princesse au bras gauche.

         Le venin froid et brûlant s’écoulait dans ses veines, se répandait dans tout son corps. L’organisme de Sappho luttait contre l’intrusion de cette substance parasite, son sang libérait les anticorps d’Etran. La Princesse suait, son corps était traversé de secousses et se tordait de convulsions. Elle crut qu’elle allait mourir.

         Le protonyx en était convaincu lui aussi et relâcha la pression de sa patte sur l’abdomen de la Princesse.

         Sappho pleurait, ses yeux la brûlaient. Elle ne vit plus rien et crut pendant un moment qu’elle était aveugle. Les picotements sur sa rétine s’estompèrent, ses yeux devinrent froids puis insensibles comme s’ils avaient été anesthésiés. Les ténèbres dans lesquelles elle avait été plongée se dissipèrent et furent remplacées par un écran vert, opaque et lumineux.

         Des planètes multicolores défilèrent sur cet écran intemporel. Les astres étaient en perpétuelle évolution. Ils grossissaient, changeaient de couleur, explosaient dans un déchaînement de matière. Les étoiles dans leur folie boulimique détruisaient les planètes qui les entouraient. Lorsqu’elles étaient devenues énormes, elles se contractaient subitement sur elles-mêmes pour devenir de petites billes blanches.

         Sappho accédait à tous les secrets de l’univers. Elle assistait à la formation de la matière et de l’antimatière. Elle pénétra au coeur des atomes, découvrant chaque particule du cosmos.

         Le Mensékhar se déroula devant ses yeux. Elle assista à la reconstitution d’une des pires craintes de l’humanité : la fin du monde. L’équilibre de la matière était rompu, les protonyx s’affolaient, créant toujours plus d’antimatière. Ces cellules en surnombre balayaient tout sur leur passage, planètes et étoiles.

         Sappho comprit quel était le terrible secret des protonyx. Ces animaux étaient beaucoup plus évolués qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Ils étaient capables de sonder le mental et de contrôler la matière. Elle était désormais en mesure de les contrer.

         Les images disparurent et Sappho se réveilla sur son lit de caillasse. Le protonyx la regardait avec un air dubitatif. La Princesse se releva et regarda le pendentif d’Adonis qu’elle ne quittait plus. Les yeux rouges du protonyx d’or s’étaient éteints.

         L’animal tordit son cou de terreur, son visage de reptile se crispa de douleur. Il trembla devant sa maîtresse, la nouvelle Impératrice de tout l’univers. Le protonyx détala en bondissant par-dessus les rochers.

         Sappho resta seule sur cette montagne de pierres rouges. En prenant possession de cette planète, elle venait d’asseoir sa domination sur l’univers tout entier. Elle avait hâte de retrouver Oued et de lui raconter son expérience.

         La navette du Commandeur restait invisible. Le soleil tapait dur et Sappho décida de se mettre à l’ombre dans une cavité de la falaise. Elle entra dans une grotte peu profonde, mais fraîche. L’Impératrice s’assit sur un rocher, face à l’entrée de la grotte, afin de guetter l’arrivée de l’aéronef qui devait toujours la rechercher.

         Une petite voix dans son dos l’appela.

         - Sappho.

         L’Impératrice se retourna, mais elle ne vit personne. La solitude lui faisait-elle entendre des voix ?

         - Sappho.

         Cette fois-ci, elle se leva et examina attentivement le fond de la grotte. Elle ne vit personne.

         - Je suis là, fit la petite voix.

         Un petit homme, trapu, aux jambes arquées, souriant, le visage sec comme le désert d’Iadès avait surgi de derrière un rocher.

         - Qui es-tu, gnome ? Demanda l’Impératrice.

         Le nain était dépourvu de manières. Homme du désert un peu rustre, il se gratta sous le bras puis frotta ses cheveux hirsutes de sa main droite.

         - Je m’appelle Khios, pour vous servir, Majesté.

         - Je croyais que personne ne vivait sur Iadès.

         - Personne, confirma le petit homme. Personne, excepté le gardien des protonyx.

         Sappho n’avait jamais entendu parler d’un gardien des protonyx. Aucun empereur n’en avait fait mention. S’agissait-il d’un imposteur ?

         - Es-tu envoyé par Etran ?

         - Je suis l’âme d’Etran.

         - Tu es Etran ?

         - Non, je suis son esprit. Je ne suis pas de chair. Je prends l’apparence que tu veux me voir adopter.

         Le nain était vraiment laid. Sappho n’avait jamais eu l’impression d’avoir souhaité rencontrer un être aussi répugnant.

         - Mon frère ne m’a jamais parlé de toi.

         - Aucun empereur n’a eu le courage de le faire. Je suis le reflet de vos peurs les plus secrètes.

         Sappho comprit au fond d’elle-même que ce nain représentait la peur qu’elle ressentait à l’égard des hommes. Heureusement, Adonis l’avait libérée de cette angoisse.

         - Je n’ai pas peur de toi.

         - Je sais, tu es très forte. Mais tu crois avoir gagné la partie alors que tu vas tout perdre. Les hommes que tu méprises tant causeront ta perte.

         Sappho bouillonna de colère.

         - Maudit gnome. Tu es mauvais.

         Le nain avait perdu son sourire ludique pour adopter un rire moqueur. Sappho saisit une pierre et la lui envoya en plein visage. Lorsque la pierre toucha le nain, l’image s’évanouit instantanément. La grotte était à nouveau désertique.

         L’Impératrice s’échappa de la grotte et courut à perdre haleine jusqu’au sommet de la falaise. Elle s’arrêta au bord du précipice et, contemplant le vide pendant quelques secondes, aperçut sa mort.

          Sappho reprenait lentement ses esprits lorsque la navette d’Oued émergea de derrière la montagne. Le faisceau qui l’avait déposée l’aspira et l’emmena dans l’aéronef. La trappe sous ses pieds se referma, coupant ses derniers liens avec la planète Iadès.

         La trace de morsure sur son bras gauche indiqua aux occupants de l’appareil que les protonyx avaient été une nouvelle fois vaincus. Loin de se réjouir de sa nouvelle puissance, l’Impératrice paraissait être extrêmement choquée.

         - Comment vas-tu ? S’inquiéta Oued en la prenant sous le bras pour la soutenir.

         - Je vais très bien.

         - Es-tu sûre ? On dirait qu’il y a quelque chose de changé en toi.

         Sappho savait qu’elle ne parlerait jamais à quiconque de ce maudit nain. Cette rencontre lui laissait un goût amer. Le nain avait été cruel, mais elle savait qu’il avait affreusement raison.

         Les hommes finiraient par causer sa perte.

 

Chapitre 21                                                               Chapitre 23   

 

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 16:49

 

La Maison des Mères publié en 1985 est le sixième et dernier roman de science-fiction du cycle de Dune écrit par Franck Herbert. L'histoire est la suite immédiate du roman précédent intitulé Les Hérétiques de Dune.

 

La-Maison-des-Meres-de-Franck-Herbert.jpg 

 

Le Bene Gesserit fait face à la destruction du Bene Tleilax par les Honorées Matriarches. Ces dernières semblent fuir un ennemi encore plus dangereux, les futars, êtres mi-hommes mi-félins, qui proviennent eux-mêmes de la Grande Dispersion. Les futars, dressés dans le but de paralyser leurs proies d'un simple cri, obéissent à de mystérieux maîtres nommés les Belluaires.

 

Le Bene Gesserit va tenter de transformer sa planète mère en nouvelle Dune afin de relancer la production de l'Epice.

 

Le roman se terminera par une alliance forcée entre les Bene Gesserit et les Honorées Matriarches dans le but de contrer les ennemis de ces dernières qui reviennent de la Grande Dispersion.

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 14:02

 

Les Hérétiques de Dune publié en 1984 est le cinquième et avant dernier roman de science fiction du cycle de Dune écrit par Franck Herbert.

 

Les Hérétiques de Dune

 

L'intrigue se déroule environ 1500 ans après la mort de l'Empereur-Dieu Leto. Après les 3500 ans de paix du règne de Leto, l'humanité a subit la Grande Dispersion, véritable période d'expansion qui a conduit les hommes à explorer tout l'univers.

 

Le mystérieux ordre féminin du Bene Gesserit aspire à retrouver toute son influence. Darwi Odrade, révérende mère, assistée de Miles Teg son père, un guerrier descendant des Atréides, s'intéresse de près à une autre descendante des Atréides, Sheeana, qui contrôle les vers des sables de Dune.

 

Darwi Odrade a la lourde tâche d'endiguer la menace des honorées Matriarches, organisation féminine rappelant le Bene Gesserit et revenant de la Grande Dispersion. Les Honorées Matriarches visent la victoire par la destruction. Elles sont ouvertement en guerre contre les soeurs du Bene Gesserit qui s'opposent à leurs visions expansionnistes.

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 20:55

 

L'Empereur-Dieu de Dune paru en 1981 est le quatrième roman de science fiction du cycle de Dune écrit par Franck Herbert.

 

L-Empereur-Dieu-de-Dune.jpg

 

L'intrigue de L'Empereur-Dieu de Dune se déroule 3500 ans après le roman précédent intitulé Les Enfants de Dune.

 

Leto, le fils de Paul Atréides et de Chani est à présent connu comme le "Tyran" ou "l'Empereur-Dieu". Son règne dure depuis 3500 ans, depuis qu'il a commencé sa métamorphose en ver géant. Il poursuit inlassablement son Sentier d'Or destiné à sauvegarder l'humanité.

 

Sa prescience et sa mémoire génétique lui permettent de maîtriser les différentes organisations qui se partageait auparavant le pouvoir et qui tentent à présent tant bien que mal de résister à l'immense pouvoir de l'Empereur-Dieu. Les grandes maison féodales, le Bene Gesserit, le Bene Tleilax et la Guilde Spaciale sont soumis au pouvoir impérial.

 

Les changements climatiques de Dune, instaurés par Paul Atréides, ont transformé la planète en jardin géant et conduit à l'anéantissement des vers de sable dont le dernier spécimen vivant est l'Empereur-Dieu.

 

Leto vit un véritable enfer, dû à sa connaissance innée du passé, du présent et de l'avenir de l'humanité. Il attend le jour où le Sentier d'Or portera l'humanité au-delà des dangers de l'annihilation.

 

Les Ixiens lui envoient Hwi Noree, la femme parfaite créée en vue de le séduire et de le détruire. 

 

Siona Atréides, fille de Moneo Atréides, le dévoué serviteur de l'empereur, est une lointaine descendante de la soeur jumelle de Leto. Elle est le résultat du programme génétique de l'empereur qui cherche à créer des êtres ayant la particularité de rester hors d'atteinte de sa prescience. C'est ainsi que la jeune fille rebelle va mettre fin au règne de l'Empereur-Dieu et lancer un gigantesque mouvement de renouveau dans l'univers.

 

L'Empereur-Dieu de Dune est sans doute le livre le plus émouvant du cycle de Dune de Franck Herbert.  

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 11:41

 

         La navette de Wacé amorça sa descente vers l’unique continent de Phylis. La planète était couverte à plus de quatre-vingt-dix pour cent par des océans, mais toujours embrumée par les nuages, elle ne présentait pas l’aspect bleu dominant de la Planète-Mère lorsqu’on l’observait de l’espace.

         Les nuages, très épais, étaient de moyenne altitude. Wacé se contenta de les survoler en direction de la capitale, Phylis 1.

         Les villes étaient de gigantesques pyramides métalliques de cinq mille mètres de haut, pouvant héberger chacune des dizaines de millions d’habitants. Le sommet abritant les quartiers aisés émergeait des nuages à plus de quatre mille mètres d’altitude et profitait pleinement du soleil. La base en revanche, les quartiers populaires, étaient constamment plongés dans la purée de pois.

         L’aéronef contourna la pointe en verre d’une pyramide qui donnait l’impression de flotter sur une mer de nuages gris.

         - Phylis 23, commenta Wacé. Nous approchons de notre destination, la capitale de ma planète.

         C’était la première fois qu’Adonis quittait un des hauts lieux de l’Empire pour s’aventurer dans le monde extérieur. Il était impressionné par ce qu’il découvrait. Phylis était beaucoup plus vivante que Gayanès ou Okara, moins aseptisée en quelque sorte.

         Des nuages, encore et toujours, un océan de nuages gris voire noirs, à perte de vue. Wacé fut contraint de plonger à un moment donné pour éviter une escadrille d’une vingtaine de vaisseaux marchands qui venait de lui couper la route. L’aéronef fut alors entraîné dans un tourbillon de vent et de pluie. La visibilité était nulle, les occupants de la navette avaient l’impression de foncer dans de profondes eaux grises sans fin.

         - Le climat est-il toujours aussi humide au sol ? Demanda Adonis effrayé par un tel déluge.

         - La vie est pratiquement impossible à la surface de la planète, expliqua Wacé. Les précipitations sont continues et obligent les hommes à vivre dans ces grandes pyramides à moitié immergées sous les nuages.

         Wacé redressa le vaisseau, le faisant surgir de nouveau au-dessus de la tempête. La navette se dirigea droit vers une pyramide géante qui dominait l’immense plaine de nuages.

         Eden et Adonis, bien que ne connaissant pas le site, devinèrent qu’il s’agissait de la capitale, Phylis 1. Le vaisseau concentra son approche en longeant les parois de verre. Sous les vitres, on apercevait un havre de paix, des maisons entourées de jardins luxuriants.

         Le vaisseau remonta le long de la paroi vitrée en direction du sommet et s’engouffra, un peu avant de l’atteindre, dans une ouverture renforcée par des armatures métalliques. A l’intérieur de l’édifice, il ralentit et se posa sur une piste d’atterrissage.

         Les ailes du vaisseau se plièrent lentement au niveau du sol et la porte s’abaissa pour permettre l’expulsion de la passerelle.

         - Nous voici arrivés sur Phylis 1, expliqua Wacé en coupant les machines.

         Adonis cacha son arme sous sa tunique.

         - Je ne relâche pas mon attention, Wacé. N’essaye pas de me jouer un tour.

         Le sparapet regarda Adonis avec condescendance

         - Si j’avais voulu m’échapper, j’aurais pu le faire depuis longtemps. Je n’ai pas peur de toi et je doute fortement que tu puisses me tirer dessus.

         La main d’Adonis se tendit sur son arme. Wacé avait touché un point sensible et le jeune homme, jusqu’à présent rassuré par son pistolet laser, se sentit subitement nu et sans défense face à son ami.

         Le sparapet avait raison. Il aurait pu fuir depuis longtemps sans grand risque. Il avait donc accompagné Eden et Adonis de plein gré. Pour quelle raison, songea Adonis ?

         Les trois hommes descendirent du vaisseau les uns à la suite des autres. Ils traversèrent la piste du spaciodrome totalement désertique. En tête du cortège, Wacé les guidait.

         - Nous sommes dans la résidence officielle des sparapets de Phylis. Un ascenseur va nous conduire dans mes appartements privés, au sommet de la ville.

         Ils montèrent dans une capsule de verre qui les propulsa jusqu’au sommet de l’édifice. Lorsque la cabine s’arrêta, les portes s’ouvrirent sous une pyramide de verre. Le soleil éclairait à travers les vitres une pelouse artificielle très douce, parsemée de petits bassins aux formes les plus originales. La résidence du sparapet était composée de petits bâtiments dépourvus de toit, séparés par de simples cloisons légères.

         Au centre de la pyramide, au-dessous de la cage de l’ascenseur, une énorme sphère de couleurs diffusait des informations en continu en provenance des quatre coins de l’Univers.

         Le son était coupé et la pièce respirait un calme apaisant. Les serviteurs se déplaçaient sans un bruit autour d’Eden et d’Adonis. La pelouse artificielle et la structure de verre de la pyramide étaient conçues pour étouffer les moindres sonorités.

         Wacé invita Eden et Adonis à entrer dans l’un des bâtiments. Les locaux étaient spacieux. Dépourvus de plafond, les murs s’élevaient vers la pointe de verre et avaient pour seule utilité de conférer une intimité aux pièces qu’ils délimitaient.

         Wacé vida d’une traite le verre qu’un serviteur venait de lui apporter. L’alcool lui fit l’effet d’un fortifiant.

         - Quels sont vos projets ? Demanda-t-il à Adonis.

         Le jeune homme alla s’asseoir dans un fauteuil à côté de celui de Wacé. Eden, anxieux, préféra rester debout. Il répondit à la place d’Adonis.

         - Nous n’allons pas rester longtemps ici. Je crois même que nous devrions partir sur-le-champ.

         Wacé ironisa.

         - Tu sembles être bien nerveux, petit Proèdre. Tu ne te sens pas bien chez moi ?

         Adonis avait pris sa décision, quitte à décevoir Eden.

         - Tant que nous ne connaîtrons pas les réactions de Sappho, nous serons plus en sécurité sur Phylis.

         - Je crois qu’Adonis a raison, approuva Wacé. Personne ne vous retrouvera si vous vous cachez sur Phylis. Vous pourrez aisément vous fondre parmi la population de la planète.

         Adonis n’écoutait plus ses compagnons. Il était intrigué par la sphère d’images qui dominait les appartements de Wacé. Elle transmettait en direct une séance du Grand Conseil présidée par Sappho.

         - Comment peut-on avoir le son ?

         C’était très simple. Wacé régla mentalement la tonalité.

         Après le départ d’Elia de la tribune officielle, Oued avait pris la parole. Le verdict était tombé, froid et terrible.

         - Le Proèdre Eden et le sparapet Wacé sont déclarés hors la loi.

         Eden était tout retourné. Il lui semblait que la terre se dérobait sous ses pieds.

         - Que vais-je faire ? Les impériaux vont certainement venir me chercher sur Phylis.

         - Calme-toi un peu, le raisonna Wacé, parfaitement détendu dans son fauteuil comme si sa condamnation ne le touchait pas.

         Adonis était figé devant l’image triomphante de Sappho dans la sphère holographique. La Princesse souriait de bonheur, son visage de félicité dominait la vaste pièce.

         - Tu sembles être bien sûr de toi, Wacé, fit-il. Aurais-tu une parade ?

         - Je refuse de fuir, se contenta t-il de répondre à Adonis. J’affronterai les Immortels avec mes troupes s’ils devaient débarquer sur Phylis.

         - Tu n’auras aucune chance, trancha sèchement Adonis.

         Wacé haussa les épaules sous ses longs cheveux noirs bouclés. Il n’avait pas peur de perdre la partie, ni de mourir. Il était prêt à défendre sa liberté jusqu’au bout plutôt qu’être condamné à fuir le restant de ses jours.

         Adonis et Eden n’étaient pas au bout de leur peine. Dans la sphère holographique, l’image géante de Syris retransmise de Gayanès venait de leur annoncer, à eux et à tout l’univers, qu’ils étaient frères. La nouvelle les bouleversa.

         De discrètes larmes de tendresse bouleversée mouillèrent les yeux d’Adonis et sa  gorge se noua. Après des années d’interrogation, il venait enfin de découvrir ses origines. Son père était mort trop tôt, mais son frère unique était présent à ses côtés.

         Eden, déboussolé par cette si incroyable nouvelle, était tiraillé entre le regret de ne plus être fils unique et la joie d’apprendre qu’il n’était plus seul au monde. Les yeux sombres du Proèdre s’éclaircirent, brillant d’une mystérieuse plénitude intérieure.

         Adonis donna une chaleureuse accolade à Eden.

         - Je serai toujours là pour t’aider, mon frère.

         Wacé avait détourné son regard des deux garçons pour examiner attentivement la pièce. Les serviteurs s’étaient arrêtés de travailler pour regarder la retransmission de la séance du Grand Conseil. Maintenant, ils restaient prostrés et fixaient Wacé d’un regard noir.

         Devant tous ces regards hostiles, le sparapet s’emporta.

         - Qu’avez-vous à me regarder ainsi ? Vous n’avez donc pas de travail ?

         Les domestiques n’étaient pas disposés à obéir à leur maître. Ils fixèrent le sparapet pendant encore un court instant avant de reprendre leurs activités habituelles. Ils sortirent de leur immobilisme avec une parfaite synchronisation; cinq secondes plus tard, ils avaient tous disparu.

         Leur réaction étrange était facilement explicable. Les nobles, privilégiés de l’Empire, n’étaient pas appréciés de la population. Les domestiques accueillaient certainement la disgrâce de Wacé avec une grande satisfaction.

         Eden n’était guère en meilleure posture.

         - Je suis condamné à mort, se lamentait-il.

         Adonis restait confiant.

         - Rien n’est encore perdu, mon frère.

         - C’est facile pour toi, marmonna Eden. Sappho t’a choisi pour lui succéder sur le trône d’Etran.

         - Le trône ne m’intéresse pas. Et tu n’as rien perdu car d’après mon maître Irz’gune, tu posséderais en contrepartie des pouvoirs prodigieux.

         Le regard d’Eden s’illumina.

         - Quels sont ces pouvoirs ?

         - Je n’en ai qu’une vague idée. Mais je sais que cela a un rapport avec la décorporation.

         - Taisez-vous, ordonna Wacé.

         Les informations diffusées par la sphère holographique avaient été subitement interrompues. A leur place, était apparue l’image du gouverneur de Phylis 14.

         - Nous sommes confrontés à un soulèvement dans les étages inférieurs, hurla t-il. Les révoltés tentent d’enfoncer la Ceinture.

         La Ceinture se composait d’un ensemble de trois étages, verrouillés par la police, isolant les quartiers populaires du sommet de la cité. Chaque ville de la planète en possédait une.  Si les insurgés  devaient  percer cette protection, ils mettraient à sac les quartiers aisés de  Phylis 14.

         Wacé répondit à son interlocuteur.

         - Nous allons vous envoyer des renforts.

         L’homme venait de regarder ses écrans de contrôle. La terreur le défigura.

         - C’est trop tard. Les portes blindées de la Ceinture viennent de céder. Les policiers se font massacrer par les rebelles.

         - Prenez un aéronef et venez vous réfugier sur Phylis 1, conseilla Wacé.

         - Impossible. Les insurgés ont pris le contrôle de la Ceinture et ils viennent de fermer tous les sas de la ville. Plus aucun appareil de peut décoller. Je redoute même que notre communication ne soit interrompue.

         L’image dans la sphère se brouilla. Le gouverneur de Phylis 14 tenta de communiquer une dernière fois.

         - Adieu.

         L’écran venait de s’éteindre, plongeant les appartements de Wacé dans un silence de mort. Il n’était pas difficile d’imaginer ce qui avait pu se passer à Phylis 14. La foule excitée avait très certainement massacré tous ses dirigeants.

         L’événement était suffisamment grave pour contraindre Wacé à mettre ses troupes en alerte. Ce qui l’inquiétait le plus, c’était l’état de la Ceinture de la capitale. Il contacta le chef de sa garde. L’homme qui était apparu sur l’écran ne semblait pas céder à la panique.

         - Je suis au courant des événements qui se sont déroulés sur Phylis 14. Les rebelles ont bénéficié de complicités au sein de la police. Des patrouilles ont été envoyées pour reprendre le contrôle de la ville.

         - Y a t-il d’autres foyers de rébellion ?

         - Pas vraiment. La population est très nerveuse depuis l’annonce de votre condamnation par le Grand Conseil, mais elle reste calme.

         Wacé, rassuré, souffla un peu.

         - Renforcez la garde au niveau de la Ceinture dans toutes les villes. Recherchez les traîtres.

         - Ce sera fait, promit le chef des gardes. A propos. Nous avons reçu un message de la planète impériale.

         - Que dit-il ?

         - Il nous annonce la venue prochaine de la Doyenne de l’Université. Elle souhaite parlementer au nom de la Princesse Sappho.

         - Soyez prêts à l’accueillir sur Phylis 1.

         Les informations reprirent leurs droits à l’intérieur de la sphère holographique et le son fut de nouveau coupé.

         Wacé était prêt à accepter la négociation. A défaut de trouver une porte de sortie honorable, il pourrait toujours gagner du temps. Sappho craignait vraisemblablement pour la vie de son protégé. Adonis avait beau avoir un pistolet laser braqué sur son hôte, il était en réalité devenu l’otage de Wacé depuis son arrivée sur Phylis. Comment pourrait-il à lui seul tenir tête à tous les soldats du sparapet?

         Sappho était prête à tout pour retrouver Adonis. Wacé tenait là une monnaie d’échange inestimable. Il se tourna vers les deux garçons.

         - Considérez-vous comme mes hôtes. Suivez-moi, je vais vous montrer vos chambres.

 

Chapitre 20                                                                Chapitre 22    

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 17:27

 

Les Enfants de Dune, roman de science-fiction publié en 1976 par Franck Herbert, est le troisième volet sur six du cycle de Dune.

 

Les Enfants de Dune 3 

 

L'empereur Paul Muab'dib a disparu laissant des jumeaux, Leto et Ghanima. Ces derniers étant encore des enfants, c'est Alia, la soeur de Paul qui assure la régence de l'empire.

 

Dune, la planète désertique devient progressivement un jardin grâce à l'habile travail des fremens. Les vers des sables se font de plus en plus rares et avec eux la précieuse épice aux innombrables vertus. L'épice peut encore être produite, mais pour combien de temps?

 

L'abomination tellement crainte par les soeurs du Bene Gesserit semble frapper Alia qui a subi l'agonie de l'épice alors qu'elle était encore dans le ventre de sa mère. Alia qui a accès à la mémoire de ses ancètres, tant masculins que féminins est hantée par les voix de tous ces morts qui cohabitent en elle. Elle succombe à leur influence et devient l'abomination en se laissant dominer par l'esprit de son grand père maternel, le terrible baron Harkonnen. La régence d'Alia devient une dictature religieuse.

 

Paul Muab'dib est-il ce mystérieux prophète aveugle du désert qui appelle à la révolte contre les excès du culte de Paul Atréides institué par Alia ?

 

Les jumeaux devront se séparer. Le garçon, Leto, poursuivant un mystérieux Sentier d'Or que son père a refusé d'emprunter avant lui, entamera une lente métamorphose dans le but de sauver l'espèce humaine. Sa récompense sera l'immortalité : il deviendra l'Empereur-Dieu dont l'histoire sera racontée dans le quatrième opus de la saga du cycle de Dune.

 

Le second roman du cycle intitulé Le Messie de Dune trouve son dénouement dans Les Enfants de Dune. On retrouve les mêmes personnages dans les deux romans et la trame de l'histoire est la même.

 

Le quatrième livre du Cycle s'intitule L'Empereur-Dieu de Dune, et se déroule longtemps, bien longtemps après les événements racontés dans les trois premiers opus...

 

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Published by Eloïs LOM
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