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  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 15:37

 

Chapitre 20 : Sur Gayanès, réunion du Grand Conseil, le parlement de l'empire galactique, pour désigner un successeur à l'empereur Sheshonq. Sappho révèle les origines d'Adonis à l'assemblée. Elle est désignée pour succéder à son frère, à condition qu'elle fasse d'Adonis son successeur.

 

Chapitre 21 : Eden, Adonis et Wacé arrivent sur la planète Phylis. En regardant une retransmission de la séance du Grand Conseil, Eden et Adonis apprennent qu'ils sont frères.

 

Chapitre 22 : Sappho se fait sacrer impératrice sur Iadès. Elle affronte les protonyx et le fantôme d'Etran. 

 

Chapitre 23 : Eden et Adonis s'enfuient et disparaissent dans les quartiers populaires de Phylis 1. Ils trouvent refuge dans un hôtel tenu par un vieil homme mystérieux.

 

Chapitre 24 : Syris arrive sur Phylis 1 avec un protonyx capturé sur Iadès. Elle espère utiliser l'animal attiré par le sang impérial pour traquer et retrouver Eden et Adonis. Wacé accepte à contre-coeur de mener la chasse à l'homme.

 

Chapitre 25 : Sappho vient à la rencontre d'Irz'gune sur la Planète-Mère. Elle espère intercepter Adonis au cas où il parviendrait à échapper à ses poursuivants sur Phylis et viendrait se réfugier sur la Planète-Mère.

 

Chapitre 26 : Les Immortels conduits par Oued investissent la planète Phylis. Ils ont amené leur propre protonyx pour partir à la recherche d'Eden et d'Adonis. Une course contre la montre commence.

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 21:15

 

Les sphères holographiques sont les appareils universels de communication de l'univers du Mensékhar.

 

Sphère holographique

 

Les sphères holographiques sont des projections en 3 dimensions constituées d'énergie. Elles peuvent être de différentes tailles et diffusent des images sous forme d'hologrammes.

 

Les vaisseaux spatiaux possèdent tous des sphères holographiques de contrôle d'un diamètre de 3 à 4 mètres. Une pastille de lévitation permet aux hommes du poste de pilotage de se déplacer rapidement autour des sphères. Leurs surfaces immatérielles sont néanmoins tactile et interactive, permettant d'actionner les commandes de l'appareil.

 

Les données en 3 dimensions projetées par les sphères holographiques sont contenues sur des prismes en cristal.

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 15:45

 

         Le vaisseau impérial entouré d’une escouade de navettes bondées d’Immortels traversait les cieux de l’univers en direction de la planète Phylis, située au coeur de la galaxie d’Istro.

         Les Immortels venaient à peine de prendre le contrôle de la Cité Interdite lorsque Oued les avait à nouveau mobilisés en vue d’une autre mission : retrouver le Proèdre Adonis et le ramener sur Gayanès dans l’entourage de l’Impératrice.

         Oued, assis devant la fenêtre de sa chambre, était pensif. Il regardait inlassablement les étoiles briller dans les ténèbres en songeant aux derniers événements survenus dans la Cité interdite. Il venait enfin d’accéder à son rêve le plus cher, réalisant les ambitions démesurées qu’il s’était fixé au cours de son adolescence.

         Elevé avec les enfants impériaux, il se revoyait jouant dans les jardins de la Cité Interdite en compagnie de Sheshonq et de sa soeur. Les enfants ne cessaient pas de se chamailler, Oued et Sappho prenant un malin plaisir à persécuter Sheshonq. Les deux aînés en réalité jalousaient leur cadet, l’héritier de l’univers.

         Parmi des milliards d’êtres humains, la providence avait désigné Sheshonq pour devenir le Maître des protonyx et par conséquent le maître de l’Empire d’Etran. La providence avait désigné un enfant terne et frustré pour dominer l’humanité. Sheshonq tirait gloire de sa naissance et méprisait ses compagnons de jeu, voulant les obliger à l’honorer et à le respecter comme s’il était déjà empereur.

         Par son attitude, il ne récoltait que des sarcasmes de la part d’Oued et de Sappho. Les deux enfants ne cessaient pas de lui jouer des tours, s’alliant toujours ensemble contre lui. Sappho, plus âgée, avait toujours considéré que le trône lui revenait de droit. Oued vibrait pour  cette adolescente envoûtante, froidement égoïste, parfaitement consciente de sa beauté, provocante jusqu’à étaler son tribadisme. Il rêvait de l’épouser et de régner à ses côtés.

         Il n’avait  plus qu’à retrouver Adonis pour que le rêve devienne réalité. Sappho le lui avait promis et elle tiendrait sa promesse. Elle lui accorderait sa main s’il lui ramenait son protégé. Mais la situation ainsi créée ne satisfaisait pas Oued. Adonis serait là, toujours interposé entre Sappho et lui.

         Le Commandeur amoureux de la belle Princesse depuis des dizaines d’années n’avait jamais éprouvé de la jalousie en voyant la femme qu’il aimait s’abandonner à d’autres femmes tandis qu’elle l’ignorait superbement. Il avait compris que Sappho ne pourrait jamais l’aimer non pas parce qu’il ne lui plaisait pas, mais tout simplement parce qu’il était un homme. Cette princesse exécrait les mâles et tout ce qu’ils représentaient pour elle : brutalité, force virile et assouvissement des femmes.

         Lorsque Sappho rejetait ses avances, Oued ne se remettait pas en cause. Il s’était même surpris à regretter de ne pas avoir été une femme afin d’avoir pu partir librement à la conquête de la belle Princesse. Il s’était imaginé en femme, amante de Sappho. Il tenait la Princesse dans ses bras, la pressait contre ses seins, embrassait sa bouche voluptueuse.

         Oued s’était fait une raison. Il avait accepté les travers de Sappho et aimait secrètement la Princesse, acceptant que cet amour ne soit pas partagé. De plus, les amantes de la Princesse ne constituaient pas à ses yeux des rivales sérieuses. Il ne se battait pas sur le même terrain qu’elles. N’était-il pas un homme, tandis qu’elles n’étaient que des femmes ?

         L’intrusion d’Adonis avait bouleversé ce fragile équilibre. Oued était confronté à un homme, ne fut-il qu’un adolescent. Et il avait perdu la partie avant même d’avoir commencé à la jouer. Sappho s’était immédiatement enflammée pour le jeune garçon et lui avait accordé ses faveurs, surpassant son dégoût naturel pour les hommes.

         Adonis était beau comme un dieu. Ses cheveux dorés et bouclés rehaussaient un visage aux traits finement découpés. Nouvel Apollon, imberbe, d’une beauté pubère éternelle presque féminine, il était dépouillé des caractéristiques viriles que Sappho exécrait. Peut-être était-ce ce côté adolescent qui avait séduit la Princesse ?

         Oued ne pouvait pas se résoudre à accepter ce rival, lui le grand chef militaire qui avait mené et gagné la dernière guerre contre les Amazones. Ses soldats admiraient sa vaillance et son esprit de commandement. Il n’avait jamais montré le moindre signe de faiblesse. Tout le monde s’accordait à faire ses louanges. Pourquoi Sappho n’appréciait-elle pas aussi ses qualités ?

         Elle s’était amourachée au contraire d’un adolescent qui manquait terriblement de confiance en lui. Là où le bas blessait, c’était qu’Oued s’était une fois confronté à Adonis dans un domaine pourtant où il excellait : le combat. Le jeune homme à la silhouette fragile avait alors battu le vieux soldat expérimenté. Cet échec hantait le Commandeur.

         Oued réfléchissait à une solution qui lui permettrait de l’emporter définitivement sur Adonis. Il ne pouvait pas faire assassiner le jeune homme comme il l’avait un moment envisagé. Sappho ne lui pardonnerait jamais ce crime et le maudirait à jamais. Il devait faire preuve de beaucoup plus d’imagination.

         Une main douce comme la soie le caressa tendrement dans le cou, le tirant de ses sombres pensées.

         - Tu m’inquiètes Oued, fit une voix suave. Tu es prostré devant cette vitre depuis notre départ de Gayanès.

         Le Commandeur fixa les yeux tristes de la jeune fille. Elia était perdue depuis qu’elle avait été abandonnée par Eden et elle avait besoin de beaucoup plus d’aide que l’homme pour lequel elle s’inquiétait. Le Commandeur lui avait offert sa protection en échange des révélations qui avaient permis de compromettre le Proèdre. Depuis, Elia ne cessait plus de le suivre. Excédé au début par cet attachement excessif, il s’était finalement habitué à sa présence et en avait presque fait sa confidente.

         - Je songeais aux difficultés qui nous attendent sur Phylis, avoua t-il.

         Elia repoussa ses longs cheveux noirs en arrière avec ses mains.

         - Je connais un peu la capitale de la planète, dit-elle. Cette ville est immense et complètement désordonnée. Il sera difficile de retrouver Eden et Adonis dans ce labyrinthe urbain.

         Oued fut amusé par l’inquiétude de la jeune fille. Il ne songeait pas du  tout au même problème qu’elle et il le lui fit savoir.

         - Ce n’est pas cela qui m’inquiète. Je dispose d’un moyen infaillible pour retrouver nos deux fugitifs. Je me donne moins d’une journée pour leur mettre la main dessus.

         - Tu comptes déployer le maximum d’Immortels sur Phylis 1 afin de ratisser la ville ?

         - Pas du tout. La flotte qui nous accompagne n’a qu’un seul but : nous assurer le contrôle de Phylis face à la police de Wacé.

         Elia ne cacha pas son étonnement.

         - Comment pourras-tu alors mener à bien ta chasse à l’homme si tes soldats sont mobilisés contre ceux de Wacé ?

         Oued estima qu’un long discours n’était pas nécessaire pour expliquer la situation à la jeune fille. Il décida de lui montrer la chose.

         - Suis-moi, ordonna t-il.

         Il quitta sa chambre suivit par Elia. La jeune fille était pratiquement obligée de courir tellement il pressait le pas devant elle. Ils montèrent dans un ascenseur qui leur fit traverser le vaisseau pour gagner les étages supérieurs. Le vaisseau en forme de diamant abritait le poste de pilotage et les appartements du personnel dans la pointe, à l’extrémité inférieure. La partie supérieure, la plus large, couverte de spaciodromes était destinée à accueillir les navettes et le fret.

         L’ascenseur les déposa sur l’une des nombreuses pistes d’envol qui permettaient de libérer les centaines de navettes contenues dans le vaisseau impérial. Les hangars contenant les vaisseaux avaient été ouverts, en perspective de l’arrivée prochaine sur Phylis. Des Immortels en arme surgissaient de tous les côtés et montaient dans les appareils affrétés à tour de rôle.

         Ces navettes qui pouvaient toutes ouvrir des portes dans l’espace-temps pour traverser à une vitesse record l’univers étaient grandes consommatrices d’énergie. Mais leur système de propulsion actionné par de micro explosions thermonucléaires était très économique.

         Oued et Elia montèrent dans une petite voiture pour traverser la piste du spaciodrome en direction de la zone de fret. La porte d’accès s’ouvrit sur un gigantesque puits sombre dont on n’apercevait pas le fond. Une route descendait en tire-bouchon le long des entrepôts du vaisseau impérial. Oued arrêta le véhicule devant l’un des premiers entrepôts. Sur la porte métallique, Elia déchiffra l’avertissement en lettres majuscules rouges : « Ne pas entrer. Danger. »

         Oued actionna l’ouverture de la porte en composant le code d’accès. Le mur de fer se mit en branle et se souleva pour libérer l’accès à l’entrepôt. L’intérieur de la pièce était plongé dans la pénombre et Elia se retrouva devant un rideau noir. La lumière éclaira subitement la pièce, laissant découvrir la chose.

         Elia, paralysée par la peur, resta prostrée sur place. Son doux visage se crispa, ses traits se tordirent de terreur. Elle ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son n’en sortit. Elle attendait la mort résignée, mais celle-ci ne vint pas.

         Reprenant ses esprits, elle constata avec soulagement que la bête était enfermée dans une cage. L’animal avait beau frapper les barreaux de toutes ses forces avec sa tête, le métal résistait. Le moment de panique terminé, elle eut même le courage de s’approcher de la cage pour satisfaire sa curiosité.

         Le protonyx qu’elle avait devant elle était en fin de compte moins terrifiant que les descriptions qu’on avait pu en faire. Il était un peu plus grand qu’un homme et ses lourdes pattes étaient impressionnantes. Sa tête de reptile ressemblait à celle d’un serpent, mais en plus grosse.

         - Ce protonyx ne ressemble pas à ce que j’imaginais.

         - Que veux-tu dire ? Demanda Oued.

         - Je les voyais plus grands et plus dangereux.

         - Il est en cage, rappela Oued. Totalement inoffensif. Tu serais peut-être moins fière si je le laissais sortir.

         Elia frissonna. L’animal était neutralisé et ne représentait plus aucun danger pour elle. Mais elle n’osait pas imaginer ce qu’il adviendrait s’il devenait soudainement libre de ses mouvements. Elle se mit même à douter de la solidité de la cage.

         - Ne peut-il pas se sauver ?

         - Ce métal est indestructible, certifia Oued.

         Elia soupira de soulagement. Elle reprit lentement ses esprits, tandis que l’animal, excité par l’odeur humaine, frappait de plus belle contre les barreaux de sa cage. La jeune fille en avait oublié les raisons qui avaient conduit Oued à lui montrer l’animal.

         - Que veux-tu faire de ce monstre ?

         - Il va nous aider à retrouver Eden et Adonis, sourit Oued.

         - Je ne vois pas le rapport.

         - Les protonyx vont toujours vers leurs semblables. Eden et Adonis sont des descendants d’Etran.

         Elia n’était pas sûre d’avoir bien compris.

         - Eden et Adonis ne sont pas des protonyx.

         - Bien sûr que non, reprit Oued exaspéré par les questions de la jeune fille. Les protonyx qui ont été créés par le Premier Empereur savent détecter ses descendants.

         Elia, dubitative, hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris le raisonnement du Commandeur. De multiples questions lui venaient encore à l’esprit.

         - Comment vas-tu contrôler ce protonyx ? Si tu veux qu’il retrouve Eden et Adonis, il faudra le laisser en liberté dans Phylis 1. Il va semer la mort sur son passage parmi les habitants de la ville.

         Oued s’approcha de la cage et saisit un objet en métal accroché à l’une des grilles. Le protonyx essaya de le mordre, mais les barreaux étaient suffisamment resserrés pour l’empêcher de passer sa tête au travers. Oued montra l’objet, croisement de lames métalliques qui formaient un coffret de la taille de la tête du protonyx.

         - Le monstre ne pourra mordre personne car nous lui passerons cette muselière sur le visage.

         Oued se félicitait de cette idée. Il l’avait eue pendant que Sappho était allée affronter les protonyx sur Iadès. Il avait alors immédiatement ordonné à quelques-uns de ses hommes d’endormir l’un de ces monstres et de le lui rapporter sur le vaisseau impérial. Il possédait ainsi le moyen le plus rapide et le plus efficace pour retrouver les deux proèdres.

         A cet instant, sa bague scintilla et projeta l’image en trois dimensions du capitaine du vaisseau impérial dans la pièce.

         - Nous venons de nous positionner en orbite autour de Phylis, Commandeur, fit l’image. Vous pouvez vous apprêter à débarquer sur la planète.

         - Je vais embarquer dans une navette, fit Oued. Ordonnez aux troupes immortelles de commencer à prendre le contrôle de Phylis.

         - A vos ordres.

         La bague s’éteignit en même temps que l’image en trois dimensions.

         Oued referma l’entrepôt et remonta dans le véhicule en compagnie d’Elia. Ils reprirent le chemin inverse, traversèrent de nouveau la piste du spaciodrome et s’arrêtèrent devant une porte qui était réservée au Commandeur. Poursuivant à pied, ils empruntèrent une passerelle qui les amena directement dans la navette.

         Le Commandeur prit personnellement les commandes de l’appareil. Sans perdre un instant, il remonta la passerelle et verrouilla les portes. Les ailes se redressèrent, parallèles au sol, la cabine de pilotage s’abaissa pour laisser apparaître la piste de décollage derrière les vitres libérées.

         La navette fut propulsée hors du vaisseau impérial et se dirigea vers l’immense sphère grise appelée Phylis. Oued guida son approche et positionna son appareil au-dessus de la grisaille. Seules quelques villes qui émergeaient ça et là rompaient la monotonie de la mer de nuages qui défilait inlassablement sous la navette.

         - Je n’aime pas cette planète, soupira Elia. Elle est beaucoup trop inhospitalière.

         Phylis 1 apparut à l’horizon. Oued rassura la jeune fille.

         - Tu n’y resteras pas longtemps. Tu regagneras le vaisseau impérial dès que tu m’auras déposé sur la planète.

         - Je veux rester avec toi, protesta la jeune fille.

         - Phylis n’est pas un monde pour toi. Les Immortels vont bientôt y déclencher une guerre.

         Oued souhaitait rencontrer Syris avant de s’aventurer à la recherche d’Eden et d’Adonis dans la ville du bas. Il avait appris que la Doyenne logeait dans les appartements du sparapet. Il dirigea sa navette vers le spaciodrome supérieur et s’engouffra dans les entrailles de la pyramide de métal, un peu en dessous de la pointe en verre du sommet.

         Oued mit pied à terre sur Phylis 1 dès qu’Elia eut déclenché l’ouverture des portes de l’appareil. Conformément aux instructions qui lui avaient été confiées par le Commandeur, elle décolla immédiatement après afin de regagner le vaisseau impérial.

         Elia avait fait un grand geste de la main au Commandeur de la cabine de pilotage avant de s’envoler. Oued se demandait ce qui avait bien pu le séduire chez cette jeune femme, gentille mais totalement dépourvue d’esprit. Il se reprochait même d’avoir entretenu une liaison avec elle. En y songeant un peu plus, il lui apparut qu’elle était extrêmement séduisante, possédant un petit côté sauvage qui ne pouvait pas le laisser indifférent.

         Elia avait été formée dans l’entourage de Sappho. Même si elle ne possédait pas l’esprit de sa maîtresse, elle en avait copié le comportement et les attitudes. Oued aimait le corps d’Elia et sa manière de le mettre en valeur.

         Le Commandeur comprenait maintenant ce qui chez Adonis attirait Sappho. L’Impératrice se moquait éperdument des qualités du jeune homme, c’était son corps d’éphèbe qui l’intéressait, tout comme la beauté sensuelle d’Elia faisait vibrer les sens du Commandeur.

         Pendant que l’ascenseur l’emmenait vers les appartements du sparapet, le Commandeur se mit à apprécier différemment la situation qui se présentait à lui. Les pensées se bousculaient dans son esprit, l’envahissant de pensées confuses.

         La cabine de l’ascenseur s’arrêta et ses portes s’ouvrirent. Oued fit quelques pas sur la pelouse artificielle en direction de la bulle de verre de Syris. Au-dessus de la tête du Commandeur, la sphère holographique diffusait inlassablement ses images en provenance de la cité du bas. Le son était coupé, mais Oued devina que cette émission reliait la Doyenne avec l’expédition menée par Wacé.

         La Doyenne qui s’était assoupie avait cependant gardé ses sens en éveil. Elle ouvrit les yeux lorsqu’elle sentit la présence d’Oued le long de la paroi de verre de sa bulle.

         - Je ne t’attendais pas de sitôt, fit-elle sans cacher sa surprise.

         - Sappho souhaite retrouver Adonis le plus rapidement possible, expliqua Oued.

         - Mon pauvre, ironisa Syris. La femme que tu aimes te charge de lui ramener son amant. Ne te sens-tu pas ridicule ?

         - Pas du tout, car tu vas m’aider à abuser l’Impératrice. Dès que j’aurai récupéré Adonis, nous gagnerons Okara et tu transféreras mon cerveau dans son corps.

         La Doyenne se retourna nerveusement dans sa bulle.

         - Sappho ne sera pas dupe.

         - Peu importe, reprit Oued. Elle m’aimera car je posséderai ce qui la séduit chez Adonis : ce beau corps d’adolescent.

         - Et si je refuse ?

         - Les Immortels réduiront l’Apanama en une cité de cendres, menaça Oued.

         La Doyenne se plia aux bonnes grâces du Commandeur. Elle craignait la puissance destructrice des Immortels et ne souhaitait pas les provoquer. Mais elle ne s’avouait pas vaincue. Une fois avec Oued et Adonis dans la salle du Djed, elle pourrait encore retourner les événements en sa faveur.

         - Soit, fit-elle. Mais il te reste encore à retrouver Eden et Adonis avant Wacé.

         - Ce sera fait, assura t-il.

 

Chapitre 25                                                                                     Chapitre 27

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 14:37

 

Un trou de ver est un tunnel entre un trou noir et un trou blanc. Un trou noir absorbe la lumière, tandis qu’un trou blanc, alimenté par un trou noir, est censé expulser la lumière.

 

Image-trou-noir.JPG 

 

Contrairement aux trous noirs, les trous blancs et les trous de ver sont des concept théoriques : leur existence dans l’univers reste par conséquent non vérifiée.

 

Il existe 3 types de trous de ver qui sont des solutions mathématiques plutôt que des réalités cosmiques :

- Le trou de ver de Schwarzschild est infranchissable du fait qu'il y a une singularité en son centre

- Le trou de ver de Reissner-Nordström ou Kerr-Newmann est franchissable mais dans une seule direction. Il peut contenir un trou de ver de Schwarzschild

- Le trou de ver de Lorentz de masse négative est franchissable dans les deux directions.

 

Le terme anglais "wormhole" est parfois utilisé comme synonyme de "trou de ver".

 

Le trou de ver est très répandu dans les ouvrages de science-fiction pour permettre des voyages dans l’espace et dans le temps (voyages spatio-temporels).

 

Le concept a été popularisé dans le film Stargate dans lequel un appareil appelé « Porte des Etoiles » permet de relier les différentes planètes de l’univers en créant un trou de verre. Le concept est repris dans les séries dérivées de Stargate : Stargate SG-1, Stargate Atlantis et Stargate Universe.

 

Dans mon roman intitulé le Mensékhar, les vaisseaux spatiaux ouvrent des trous de ver pour leur permettre de se déplacer rapidement d’un point à l’autre de l’univers. Ils peuvent ainsi parcourir des millions d’années lumières en quelques secondes. C’est grâce à cette technologie que les humains ont pu coloniser une grande partie des planètes de l’univers et que Etran a pu fonder son empire galactique.

 

Lors de la traversée d’un trou de ver, les vaisseaux sont plongés dans un tunnel aux parois lumineuses. Une fois arrivés à destination, ils referment le trou de ver derrière eux.

 

Vortex trou de ver 

 

Un autre trou de ver va être déterminant dans la fin du Mensékhar. Un trou noir va se former au milieu de l’univers : il s’agira d’une porte inter dimensionnelle ouverte sur un autre monde…

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 11:00

 

Les Chroniques Martiennes (titre original : The Martian Chronicles) sont un recueil de nouvelles de science-fiction de Ray Bradbury, publié pour la première fois aux États-Unis en 1950.

 

Le livre est composé de nouvelles parues dans des magasines américains entre 1945 et 1950, auxquelles ont été ajoutés de nouveaux textes sensés faire la liaison entre les différents récits. Les Chroniques Martiennes sont donc constituées d’histoires assemblées, liées par des thèmes et des images récurrentes, racontant les tentatives répétées des terriens pour coloniser la planète Mars. Chaque nouvelle à laquelle est associée à une date, raconte une histoire qui s’intègre aux autres pour finalement se lire comme un roman.

 

Les Chroniques Martiennes offrent une lecture poétique très agréable et sont considérées comme un des grands classiques de la science-fiction. L'imagination fertile de l'auteur nous surprend sans cesse. 

 

Cet ouvrage est avant tout une vision acerbe de la nature humaine (jalousie, orgueil, violence, cupidité, destruction, pollution, racisme, etc.). La très ancienne civilisation martienne finit par disparaître avec l’arrivée de plus en plus massive de colons humains.

 

Ray Bradbury manie avec aisance l’humour et le sens de la dérision.

 

Différentes éditions proposent des dates différentes et même des nouvelles supplémentaires. Dans l’édition de 1954, les dates vont de 1999 à 2036 (entre parenthèses), dans l’édition révisée de 1997, les dates vont de 2030 à 2057 :

 

- Janvier 2030 (1999) : L’Eté de la fusée (titre original : Rocket Summer)

 

- Février 2030 (1999) : Ylla (Ylla)

 

- Août 2030 (1999) : La Nuit d’été (The Summer Night)

 

- Août 2030 (1999) : Les Hommes de la Terre (The Earth Men)

 

- Mars 2031 (2000) : Le Contribuable (The Taxpayer)

 

- Avril 2031 (2000) : La Troisième Expédition (The Ford Expedition)

  

- Juin 2032 (2001) : Et la Lune toujours brillante (And the Moon be still as    bright)

 

- Août 2032 (2001) : Les Pionniers (The Settlers)

 

- Décembre 2032 (2001) : Le Matin Vert (The Green Morning)

 

- Février 2033 (2002) : Les Sauterelles (The Locusts)

 

- Août 2033 (2002) : Rencontre Nocturne (Night Meeting)

 

- Octobre 2033 (2002) : Le Rivage (The Shore)

 

- Novembre 2033 (non présente dans l’édition de 1954) : Les Ballons de feu (The Fire balloons)

 

- Février 2034 (2003) : Intérim (Interim)

 

- Avril 2034 (2003) : Les Musiciens (The Musicians)

 

- Mai 2034 (non présente dans l’édtion de 1954) : Les Grands Espaces (The Wilderness)

 

- Juin 2034 (2003) : A travers les airs (Way in the Middle of the Air)

 

- 2035-2036 (2004-2005) : Nommer les noms (The Naming of Names)

 

- Avril 2036 (2005) : Usher II (Usher II)

 

- Août 2036 (2005) : Les Vieillards (The Old Ones)

 

- Septembre 2036 (2005) : Le Martien (The Martian)

 

- Novembre 2036 (2005) : La Morte Saison (The Off Season)

 

- Novembre 2036 (2005) : Les Spectateurs (The Watchers)

 

- Décembre 2036 (2005) : Les Villes Muettes (The Silent Towns)

 

- Avril 2057 (2026) : Les Longues Années (The Long Years)

 

- Août 2057 (2026) : Il viendra des pluies douces (There will come soft rains)

  

- Octobre 2057 (2026) : Le pique-nique d’un million d’années (The Million-Year Picnic)

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 16:52

 

         Le vieil homme traînait ses sandales sur le chemin de terre à travers les fougères et les arbres centenaires. Les étoiles disparaissaient dans le ciel rougi à l’horizon par le lever de soleil, la rosée du matin gouttait sur les feuilles de fougère. Le fond de l’air, frais pendant la nuit, se réchauffait sensiblement sous l’effet des premiers rayons bienfaisants du soleil du petit matin.

         Les cèdres étendaient leurs branches comme s’ils avaient voulu prendre les animaux de la forêt sous leur protection. Ils s’épanouissaient en dômes de verdure aux fins branchages couverts d’aiguilles.

         Le vieil homme inspira profondément afin d’inhaler les senteurs de la forêt. Les parfums de résine et de fougère emplissaient agréablement ses narines, lui insufflant un regain de vitalité. Malgré les événements tragiques qui bouleversaient l’Empire, il n’aurait quitté la tranquillité de sa planète pour rien au monde.

         Quelques brumes matinales, prémices d’une belle journée d’été, persistaient par endroits en de petits nuages opaques. Elles conféraient un aspect fantastique à la forêt silencieuse. La montagne abrupte se dressait comme un mur de pierres au-dessus des cimes des cèdres les plus imposants. Le rocher  se détachait sur un ciel aux nuances bleutées de plus en plus affirmées.

         Dans ces lieux propices à la mélancolie, Irz’gune se laissa envahir par des pensées tristes. Il avait sous-estimé les événements déclenchés par le meurtre de l’Empereur. Adonis et Eden avaient été pris de court et ils étaient désormais acculés sur Phylis. Poursuivis par la police de Wacé et bientôt par les Immortels, ils avaient peu de chances d’échapper à leurs poursuivants.

         Irz’gune en venait à se demander si Adonis avait la maturité nécessaire pour assumer sa mission. Le jeune homme portait peut-être sur ses épaules un poids trop lourd à assumer ? Le sage craignait de perdre Eden si celui-ci devait tomber entre les mains de Sappho ou de Syris.

         Une silhouette aux contours élancés émergea de la brume, au milieu du chemin, face à Irz’gune. L’ombre humaine restait immobile comme si elle attendait que le sage vienne à sa rencontre. Irz’gune intrigué accéléra le pas. Cette silhouette ne lui était pas familière. Sa stature hiératique ne correspondait pas à l’allure habituelle des sages.

         Plus il s’approchait, plus Irz’gune avait la conviction que la personne en face de lui avait des formes nettement féminines. La présence inattendue d’une femme sur la Planète-Mère l’intrigua.

         Il n’était plus qu’à quelques mètres de la mystérieuse inconnue qui n’était encore qu’une ombre dans la brume. Une brise légère porta un délicat parfum de noix aux narines d’Irz’gune, excitant son odorat.

         Une jambe sortit de la brume, puis une deuxième. Les mollets parfaitement effilés se fondaient en leur extrémité inférieure dans de fines chevilles.

         D’un brusque coup de vent, la brume s’évapora pour découvrir le reste du corps. Irz’gune reconnut immédiatement ce visage aux joues roses légèrement saillantes, cette bouche aux lèvres fermes, ces yeux gris brillant d’une vivacité extraordinaire.

         Sappho, superbe de grâce comme à son habitude, toisait le vieux sage. Elle était extrêmement fière de son effet de surprise. Irz’gune ne s’attendait pas du tout à croiser l’Impératrice de l’univers sur l’itinéraire de sa promenade quotidienne. Elle lui parla sur un ton doucereux.

         - C’est un grand plaisir de te revoir, cher Irz’gune.

         L’Impératrice n’avait pas l’habitude de déployer autant d’amabilités. La gentillesse qu’elle feignait d’adopter fit craindre le pire au vieux sage. Etait-elle venue en amie ou en vengeresse ? Avait-elle compris qu’Irz’gune l’avait mystifiée en envoyant Adonis auprès d’elle sur Gayanès ?

         Le sage s’agenouilla humblement devant la souveraine.

         - Je suis à votre service, Majesté.

         D’un geste de la main, Sappho invita Irz’gune à se relever et à la suivre.

         - Marchons un peu en direction de la montagne de la bibliothèque, suggéra t-elle. Nous pourrons en profiter pour discuter tranquillement.

         Pour préserver sa tranquillité, Irz’gune suivit l’Impératrice au bord du chemin. Il restait muet, attendant qu’elle amène la conversation au sujet qui devait suffisamment lui tenir à coeur pour l’avoir incitée à traverser les galaxies afin de venir rencontrer le sage sur la Planète-Mère. L’Impératrice n’était cependant pas disposée à entrer  immédiatement dans le vif du sujet.

         - Cette journée est magnifique, fit-elle en humant les senteurs des bois.

         Irz’gune n’apprécia pas le petit jeu auquel se livrait Sappho. Il essaya de l’obliger à dévoiler ses intentions.

         - Vous n’êtes pas venue sur la Planète-Mère dans le seul but de profiter du climat ?

         - Je suis venue ici en grande partie pour me reposer loin de l’atmosphère pesante de la Cour. Je m’ennuyais toute seule dans la Cité Interdite après le départ d’Oued.

         Irz’gune avait appris que le vaisseau impérial commandé par Oued était parti en direction de Phylis sur les traces d’Eden et d’Adonis. Le sage en avait alors conclu que Sappho qui se morfondait en l’absence d’Adonis devait aussi être du voyage. Quelle bonne raison avait donc bien pu la pousser à rester sur Gayanès plutôt que de partir à la recherche de son jeune amant ?

         - Vous n’avez pas accompagné Oued sur Phylis ?

         - Oued m’exaspère. Depuis mon sacre sur Iadès, il me relance sans cesse pour que je l’épouse.

         - Vous avez refusé ?

         - Ce serait difficile. J’ai prétexté ce petit voyage sur la Planète-Mère pour soi-disant réfléchir à sa proposition. Nous avons passé un nouveau pacte. Je ne l’épouserai que s’il retrouve Adonis.

         - Ce ne sera pas difficile. Adonis ne pourra pas leurrer très longtemps toute une armée d’Immortels.

         Sappho ne partageait pas le point de vue d’Irz’gune. Elle le lui fit comprendre en lui adressant un petit sourire énigmatique.

         - Adonis réussira à quitter Phylis, j’en suis convaincue. Il viendra alors se réfugier ici et je serai là pour l’accueillir.

         La présence de Sappho sur la Planète-Mère se justifiait ainsi. Elle espérait devancer tous ses ennemis en cueillant Eden et Adonis dès leur arrivée sur la planète des sages. Son pari était néanmoins très risqué et l’audace de Sappho méritait d’être relevée. Elle tentait de s’élever au-dessus de la mêlée qui allait se disputer sur Phylis.

         Irz’gune réfléchissait aux projets de Sappho tout en fixant son regard sur le sentier de terre pour ne pas buter sur l’une des pierres saillantes plantées ça et là. Si Adonis parvenait à quitter Phylis en compagnie d’Eden, il aurait assurément le réflexe de gagner la Planète-Mère, n’ayant pas d’attaches sur une seule autre planète. En voulant mettre ainsi mettre le Proèdre hors de danger, il le livrerait malgré lui entre les griffes de l’Impératrice.

         Les deux garçons n’avaient plus la moindre porte de sortie et Eden serait condamné s’il devait tomber entre les mains de Sappho. Irz’gune songea avertir Adonis du danger qu’il encourrait au moyen de la décorporation. Sappho particulièrement éclairée avait dû lire dans ses pensées.

         - Je suis également venue te voir cher Irz’gune, pour bien mettre les choses au clair. Je suis persuadée que tu es en mesure de communiquer avec Adonis. Par quel moyen, je n’en ai pas la moindre idée et cela n’a aucune importance. Quelque chose me fait également penser que tu t’intéresses particulièrement au sort d’Eden pour une raison qui m’est inconnue.

         Irz’gune savait maintenant à quoi s’en tenir. L’Impératrice avait deviné ses intentions et n’avait pas été dupe. Elle avait très bien compris que le sage avait envoyé Adonis sur Gayanès pour protéger le Proèdre et non pour le perdre. Il ne lui servait à rien de nier l’évidence, mais il ne comptait pas pour autant dévoiler ses projets les plus secrets à l’Impératrice.

         - Nos visions prescientes nous avaient fait entrevoir qu’Eden pourrait faire un grand sage et qu’il possédait assez d’envergure pour me succéder. Nous avions chargé Adonis de le rallier à notre philosophie.

         Sappho avait effectivement entendu dire que les sages choisissaient leurs chefs en fonction de leurs visions de l’avenir. Dès que leur grand maître périclitait, ils apercevaient son successeur dans leurs rêves visionnaires. Mais l’Impératrice avait du mal à imaginer que son libertin de neveu pouvait un jour devenir le maître de cette collectivité d’ermites.

         - Je doute qu’Eden soit une recrue de choix pour de vieux fous tels que vous, mais cela n’a aucune importance. Je suis venue te proposer un marché. Aide-moi à attirer Adonis sur la Planète-Mère et je te fais la promesse que tu pourras disposer d’Eden comme bon te semblera.

         Le cerveau d’Irz’gune s’agitait. La proposition de l’Impératrice ne pouvait pas le laisser indifférent puisqu’elle permettait de sauver le Proèdre. Des garanties étaient cependant nécessaires.

         - Peux-tu m’assurer qu’Eden sera lavé des accusations portées contre lui par Elia ?

         Sappho fit une moue réprobatrice.

         - Tu m’en demandes trop. Si je faisais cela, Eden pourrait de nouveau me disputer le trône. Il bénéficiera simplement de l’indulgence impériale qui le mettra à l’abri de toute condamnation sans pour autant effacer sa faute.

         Ces détails de procédure n’avaient pas la moindre importance pour Irz’gune. Le sage était convaincu que le Mensékhar se rapprochait inexorablement. Il avait besoin d’Eden pour poser les bases de son nouveau monde. A n’importe quel prix.

         Irz’gune reconnaissait volontiers qu’il était un peu perdu depuis que ses visions prescientes s’estompaient. Il ne pouvait plus anticiper les actions de ses ennemis ni évaluer les conséquences de ses actes. Condamné à naviguer à vue, il lui était nécessaire de nouer des alliances puissantes s’il désirait parvenir à ses fins.

         - Nous attendrons Eden et Adonis ensemble, Majesté.

         Sappho s’était arrêtée devant l’entrée de la bibliothèque. Des sages avides d’accroître leur savoir entraient et sortaient de la grotte taillée dans la montagne. L’Impératrice recherchait désespérément du regard des habitations dans cette forêt de cèdre qui était d'une certaine manière la capitale des sages. Il n’y avait aucun bâtiment à l’exception de cette grotte titanesque transformée en bibliothèque.

         - Où vais-je loger ? S’inquiéta-t-elle.

         - Les sages qui peuplent cette planète vivent en ermites et dorment à la belle étoile. Nous ne possédons rien hormis cette bibliothèque dépositaire du savoir de l’humanité.

         Sappho jeta un regard de dédain en direction de l’entrée percée dans la montagne de granit. Elle se reprochait de ne pas avoir prévu ses conditions d’hébergement dans la précipitation de son départ. La navette était trop petite pour l’accueillir décemment.

         L’Impératrice, heureusement, ne manquait pas de ressources. Devant Irz’gune ébahi, elle se piqua l’extrémité du pouce à l’aide d’une de ses bagues. Une goutte de sang perla et s’écrasa dans la paume de son autre main. Sappho malaxa la goutte qui grossissait pour former une sorte de boule de pâte blanche.

         Elle la jeta sur le sol et la boule rebondit comme une balle en latex. Une fois stabilisée en bas d’un talus, elle se mit à gonfler à vue d’oeil. Devenue énorme, elle déracina quelques  cèdres qui entravaient sa croissance. Elle atteignait déjà la cime des arbres les plus élevés lorsqu’elle bloqua son évolution.

         Sappho la contrôlait mentalement pour modifier son apparence. La boule de pâte se pliait en angles droits et se perçait d’ouvertures. Elle s’affinait maintenant dans les détails. Des couleurs apparurent graduellement, des couleurs froides aux tons les plus chauds. La surface lisse se sculptait en ornements en relief.

         Le résultat final fut très surprenant. Un palais, petit mais doté de beaucoup de charme, reposait à l’ombre des cèdres. La façade était couverte de balcons aux colonnades légères. Sappho dévala le talus en sautillant et s’arrêta devant la porte de sa demeure. Irz’gune, dont l’âge avancé ne lui permettait plus de se déplacer aussi rapidement, l’avait suivie tant bien que mal et finissait par la rejoindre. Sappho était extrêmement fière de son chef-d’oeuvre.

         - Me feras-tu l’honneur d’entrer dans ma demeure, Irz’gune ?

         Le sage qui pouvait se vanter d’avoir amassé une quantité innombrable d’expériences au cours de sa longue vie n’avait jamais rien vu de semblable.

         - Comment avez-vous réussi ce tour de magie ?

         - Je possède ce don depuis que je suis toute jeune. Je l’ai découvert enfant en me griffant à des ronces. Le sang dans mes mains se transformait en cette sorte de pâte. J’ai commencé par créer des objets de petite taille, puis j’ai appris à former de véritables palais.

         - Vous ne vous servez pas souvent de votre pouvoir.

         - Je n’aime pas y recourir avoua Sappho. Chacun de ces objets créés constitue une partie vivante de moi-même. Lorsqu’on le détruit, je souffre dans mon corps comme si on me coupait un membre. Heureusement j’ai également appris à retransformer ces objets en une simple goutte de sang pour les faire disparaître sans me faire souffrir.

         Irz’gune entra confiant dans le nouveau palais de Sappho. L’intérieur aux touches très féminines était aussi stylisé que l’extérieur. Tous ces meubles qui n’existaient pas quelques minutes auparavant étaient réellement matériels. Il ne s’agissait pas d’un mirage. D’ailleurs, les domestiques de l’Impératrice envahissaient déjà leur nouvelle demeure sur la Planète-Mère.

         - Souhaites-tu dormir ici ce soir ?

         - Avec plaisir.

         Irz’gune qui aimait vivre près de la nature, accepta cependant volontiers l’invitation de l’Impératrice. Il se faisait vieux et appréciait de moins en moins de dormir dans des campements de fortune. Il avait bien le droit de dormir pour une fois dans sa vie dans une vraie maison.

         Le visage de l’Impératrice s’obscurcit soudainement. Elle venait de songer à quelque chose qui lui causait beaucoup d’inquiétude. Elle hésita à en faire part au sage.

         - Tu connais beaucoup de choses. As-tu déjà entendu parler d’un gardien des protonyx ?

         Cette question étonna Irz’gune.

         - Jamais. Pourquoi ?

         L’Impératrice répondit par une autre question. Elle revoyait encore l’affreux gnome qui gloussait dans sa grotte d’Iadès.

         - Crois-tu que l’âme d’Etran soit éternelle ?

         Irz’gune se remémora une vieille parole du Premier Empereur.

         Le Mensékhar marquera le triomphe de mon âme.

         Les légendes affirmaient qu’Etran avait créé les protonyx, mais elles ne précisaient jamais comment. Sappho venait involontairement de permettre à Irz’gune de lever le voile sur ce mystère. Etran devait posséder le même don que sa descendante. Il avait créé les protonyx à partir de son propre sang.

         Si ces animaux étaient des parties vivantes du Premier Empereur, ils auraient dû disparaître avec lui. A moins qu’Etran ait pu survivre en esprit. Irz’gune tenait la réponse à la question de Sappho.

         - Si votre esprit devait mourir, votre beau palais dépérirait, comme un corps qui a été séparé de sa tête. De même, si l’esprit d’Etran  avait disparu à la mort du Premier Empereur, les protonyx n’existeraient plus depuis des lustres.

         Sappho revit les grimaces du gnome qui se moquait d’elle.

         Elle pâlit d’effroi.

 

Chapitre 24                                                                                Chapitre 26

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 14:23

 

Fahrenheit 451 est un roman de science-fiction de Ray Bradbury, publié en 1953 aux Etats-Unis. Tout comme le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley ou 1984 de Georges Orwell, Fahrenheit 451 est une dystopie, c'est-à-dire une contre utopie qui présente un futur sombre dans une société généralement totalitaire.

 

Fahrenheit 451

 

Fahrenheit 451 se situe dans un état totalitaire, dans un futur indéterminé, où les livres considérés comme dangereux, sont interdits et brûlés. Le titre du roman fait d’ailleurs référence à une température en degrés Fahrenheit, qui selon l’auteur est celle où le papier s’enflamme et se consume (451 degrés Fahrenheit, soit environ 232,7 degrés Celsius).

 

Ce sont les pompiers qui se chargent des autodafés, dont le héros du roman, Guy Montag est un des pompiers les plus chevronnés de sa compagnie.

 

Le plaisir d'incendier! Quel plaisir extraordinaire c'était de voir les choses se faire dévorer, de les voir noircir et se transformer. Les poings serrés sur l'embout de cuivre, armé de ce python géant qui crachait son venin de pétrole sur le monde, il sentait le sang battre à ses tempes, et ses mains devenaient celles d'un prodigieux chef d'orchestre dirigeant toutes les symphonies en feu majeur pour abattre les guenilles et les ruines carbonisées de l'Histoire.

 

Fahrenheit 451 serait une critique du Maccarthisme, un épisode de chasse aux sorcières qui s’est déroulé aux Etats-Unis entre 1950 et 1954. Le Maccarthisme cherchait à débusquer d’éventuels agents communistes infiltrés dans l’administration, le secteur de la recherche et l’industrie cinématographique en s’appuyant essentiellement sur la délation.

 

On ne peut également s’empêcher de faire le rapprochement avec le nazisme qui brûlait les livres.

 

Le résumé détaillé du roman qui suit en révèle les principaux moments clés.

 

Partie 1 : Le foyer et la salamandre

 

Dans le monde de Montag, posséder un livre est devenu un crime, la littérature n’existe plus. En rentrant chez lui après une journée de travail, Montag fait la connaissance de Clarisse McClellan, une jolie voisine de 17 ans qui lui pose des questions existentielles. Elle est très différente des gens que Montag côtoie habituellement : elle observe, pense, a un esprit critique. Au début, Montag la trouve un peu bizarre, mais la pertinence de la jeune fille va semer le doute dans son esprit jusqu’à présent endoctriné.

 

En arrivant chez lui, Montag trouve sa femme Mildred étendue sur le lit sans connaissance. Elle a fait une tentative de suicide, son mari appelle les secours et sa femme est sauvée in extremis.

 

Ensuite, au cours d’une mission, Montag est amené à brûler la bibliothèque d’une vieille femme qui refuse de quitter sa maison et préfère brûler avec ses livres. Auparavant, Montag a subtilisé un des livres de la bibliothèque qu’il cache sous son oreiller. Découvrant les livres, Montag se met à lire en cachette avec sa femme. Cette dernière se désintéresse peu à peu des livres.

 

Partie 2 : Le tamis et le sable

 

Découvrant les livres, Montag se met à lire en cachette avec sa femme. Cette dernière se désintéresse peu à peu des livres et se tourne à nouveau vers les écrans.

 

Montag part à la recherche d’une ancienne connaissance, Faber, un vieux professeur d’anglais retraité en espérant qu’il lui apprendra à comprendre les livres. Le vieil homme d’abord inquiet de cette visite accepte finalement de recevoir Montag. Faber donne au pompier micro émetteur qui leur permettra de communiquer à distance. Ils espèrent ainsi infiltrer l’univers des pompiers et en découvrir les points faibles.

 

Une mission amène les pompiers devant une maison. En arrivant, Montag découvre qu’il s’agit de sa propre demeure.

 

Partie 3 : L’éclat de la flamme

 

Montag a été trahi par sa femme qui s’enfuit à l’arrivée des pompiers. Il doit brûler sa propre maison. Il retourne le lance flamme contre Beatty le capitaine des pompiers et prend la fuite après avoir assommé les deux autres pompiers.

 

Traqué, Montag devient un dangereux criminel poursuivi par un limier robot. La guerre qui était imminente est déclarée. Après de nombreuses pérégrinations, Montag traverse le fleuve à la nage et se réfugie dans une forêt où il fait la connaissance d’une communauté de marginaux ayant la capacité d’apprendre par cœur le contenu d’un livre en l’ayant lu une seule fois. Il retrouve Clarisse parmi eux. Au loin, ils assistent ensemble à la destruction de la ville par un bombardement.

 

C’est l’occasion d’un nouveau départ pour Montag et son groupe.

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 14:00

 

Les sages de la Planète-Mère conservent l'intégralité de leur savoir dans une bibliothèque souterraine appelée "Montagne de la bibliothèque", située tout près d'une immense forêt de cèdres qui constitue leur point de ralliement.

 

Montagne

 

Le rocher dominant la forêt des Cèdres a longtemps été un important lieu d’extraction de la pierre. Les carrières sont aussi anciennes que l’Empire galactique lui-même. La roche blanche, abondante sur la Planète-Mère, a été extraite par le Premier Empereur pour réaliser l’édification des éléments architecturaux des plus beaux bâtiments de la Cité Interdite.

 

Les sages se sont simplement contentés de poursuivre le travail d’extraction, créant d’interminables galeries ponctuées de vastes salles carrées ou rectangulaires. Certaines salles, parmi les plus grandes, dépassent les vingt mètres de hauteur de plafond et les cent mètres de longueur.

 

carrière

 

L’entrée de la bibliothèque est gardée par une immense porte constituée d’un alliage de titane et d’acier. Des cristaux fluorescents permettent d’éclairer les couloirs taillés dans le roc et de les maintenir à une température constante, nécessaire pour préserver les précieux documents de l’humidité.

 

Chaque salle possède sa propre projection, sur ses murs blancs, d’images cyclopéennes qui indiquent le thème des archives qui y sont conservées. La plus grande des pièces est remplie de livres, de manuscrits et de prismes de cristal.

 

Cette bibliothèque fait des sages de la Planète-Mère les dépositaires du savoir de l'humanité.  

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:45

 

         Le sas du spaciodrome supérieur de Phylis 1 ouvrit ses portes, afin d’autoriser l’entrée du vaisseau en provenance de Gayanès. L’appareil freina progressivement à l’intérieur de la pyramide pour s’arrêter en bout de piste.

         Wacé attendait l’arrivée de Syris devant l’ascenseur. Cette visite lui offrait une dernière chance pour préserver sa vie et sauver Phylis du pillage par les Immortels. Il ne pouvait plus se permettre d’échouer dans les négociations.

         La porte de la navette s’abaissa pour laisser le passage à la bulle de verre. La Doyenne s’agitait nerveusement. Les grimaces qu’elle faisait avec sa bouche décharnée en disaient long sur sa mauvaise humeur. Wacé rassembla tout son courage pour aller saluer la sorcière.

         - Bienvenue, chère Syris. Je vous attendais avec impatience.

         - Cela m’étonnerait que tu aies attendu plus longtemps que moi ! Depuis le temps que tu dois me livrer les deux proèdres !

         Wacé préféra ignorer les propos de la Doyenne et monta avec elle dans la capsule de l’ascenseur sans prononcer un seul mot. Dans la cabine, la bulle de verre lui semblait être démesurée. Il n’avait pas beaucoup de place pour se mettre à son aise et n’avait jamais eu l’occasion d’approcher de si près la Doyenne.

         La peau de la vieille femme, d’une blancheur morbide, plissait en franges. Ses yeux rouges avaient perdu de leur éclat. La Doyenne économisait ses paroles et respirait avec difficulté. Wacé admirait cette parcelle de vie qui s’accrochait désespérément à ce corps usé.

         L’ascenseur s’arrêta au dernier étage, sous le sommet de verre de la pyramide. La Doyenne conduisit son appareil à la suite de Wacé, jusque dans un bâtiment qui faisait office de salon de réception.

         Wacé ne savait pas comment il pouvait annoncer la mauvaise nouvelle à cette vieille femme acariâtre. Le matin même, il s’était aperçu avec stupeur en se réveillant qu’Eden et d’Adonis avaient disparus. Il aurait volontiers cédé au désespoir s’il n’avait pas eu l’assurance que les deux garçons n’avaient pas encore eu l’occasion de quitter Phylis 1. Tant qu’ils étaient encore sur la planète, rien n’était tout à fait perdu estimait-il pour se rassurer.

         La vieille femme le regardait fixement à travers les parois de sa bulle sans décrocher un seul mot. Elle savait qu’elle était en position de force face au sparapet qui avait été condamné par les plus hautes instances de l’Empire. Aussi, prenait-elle plaisir à le faire languir.

         Lorsqu’elle jugea le moment opportun, elle mit fin au silence pesant qui déstabilisait le sparapet.

         - L’Impératrice Sappho m’a dépêchée sur Phylis afin que je lui ramène les deux proèdres. J’espère que tu as pris grand soin d’Adonis.

         Wacé estima que l’instant était bien choisi pour annoncer la disparition des deux proèdres à Syris.

         - Adonis et Eden se sont enfuis la nuit dernière.

         A l’étonnement de Wacé, ce ne fut pas de la colère mais du désespoir qui traversa le visage de la vieille femme. Syris était abattue.

         - Ne chercherais-tu pas à me mentir ? Je suis prête à t’accorder tout ce que tu souhaiteras en échange de l’un des deux proèdres.

         - Je ne mens pas. La plupart des forces de police de Phylis 1 avaient été envoyées sur Phylis 14 pour mater une insurrection qui a coûté la vie au gouverneur de la cité. Eden et Adonis en ont profité pour fuir, mais ils n’ont pas pu quitter la ville en aéronef, le sas du spaciodrome supérieur était verrouillé.

         - Où sont-ils maintenant ?

         - Ils ont emprunté les conduits d’aération pour gagner les quartiers populaires, au-dessous de la Ceinture.

         Syris s’agitait dans sa bulle de verre, signe d’une activité cérébrale intense. La vieille femme avait toujours été très nerveuse et extériorisait ses sentiments dans des gestes désordonnés.

         - Nous devons les retrouver au plus vite.

         - C’est impossible, se désespéra Wacé. Il faudrait être suicidaire pour s’aventurer dans la cité du bas.

         La réaction du sparapet irrita la vieille femme. Ses yeux ternes brillèrent d’une lueur menaçante.

         - Tu as intérêt à me retrouver les deux proèdres. Pourquoi crois-tu que j’agonise dans ce corps en déliquescence alors que la technologie des savants est en mesure de me permettre un transfert dans un corps plus jeune ?

         Ces révélations étonnèrent Wacé. Il croyait que les recherches des savants dans ce domaine relevaient de l’utopie.

         - Le projet Djed serait-il arrivé à terme ?

         - Oui et j’aimerais bien en bénéficier.

         - N’importe quel corps peut vous convenir. Qu’attendez-vous donc pour retarder ainsi votre rajeunissement ?

         - Pas n’importe quel corps. Je veux renaître dans le corps d’un des fils d’Etran.

         La subtilité avait échappé à Wacé. La Doyenne était dévorée d’ambition et souhaitait secouer le joug de la dynastie d’Etran. Le sparapet tira rapidement les conséquences d’une telle révélation.

         - Si je vous retrouve l’un des deux proèdres, je vous assure la route vers le pouvoir à plus ou moins long terme. Un tel cadeau est inestimable.

         La Doyenne n’apprécia pas cette surenchère. Les bénéfices que Wacé pouvait tirer de son couronnement lui semblaient être évidents.

         - Si je monte sur le trône d’Etran, tu bénéficieras de ma protection, promit-elle. Les savants sont les alliés de toujours des nobles. Mon couronnement marquera le triomphe des Blancs.

         Cette heureuse perspective faisait rêver Wacé. De toutes les hypothèses qu’il pouvait esquisser, l’accession au pouvoir de Syris était celle qui lui serait la plus favorable. Le danger que représentaient Sappho et Oued ne lui laissait de toute manière pas le choix.

         - Je vais m’aventurer avec une unité de police dans les bas quartiers de la ville, décida t-il finalement. Je n’aurai aucun mal à retrouver Eden et Adonis. Deux princes de sang ne sont certainement pas passés inaperçus dans ces quartiers malfamés.

         Syris virevolta de joie dans sa bulle de verre. Apaisée par les assurances de Wacé, elle ferma les yeux afin d’imaginer sa nouvelle vie dans le corps d’un des deux proèdres. Elle préférerait s’emparer de celui d’Adonis, puisqu’il était le favori de Sappho tandis qu’Eden était proscrit par le Grand Conseil. Mais si cela s’avérait nécessaire, elle se contenterait du corps d’Eden. Afin d’éviter tout nouvel échec, la Doyenne désirait prendre personnellement les opérations en mains.

         - Je ne veux pas ternir ton optimisme, mais tu auras énormément de mal à retrouver la trace de deux individus perdus dans une mégapole de plusieurs dizaines de millions d’habitants. J’ai un moyen infaillible pour t’aider dans tes recherches.

         Sur un signe de la main de la Doyenne, un savant de sa suite appela l’ascenseur qui était redescendu vers l’étage du spaciodrome. La capsule de verre remonta rapidement vers les appartements du sparapet. Wacé eut un brusque mouvement de recul en apercevant le contenu de la cabine, dévoilé lors de l’ouverture des portes de l’ascenseur. Syris ricanait, fière de son audace.

         - Je t’ai ramené un petit souvenir du sacre de Sappho sur Iadès. Mes hommes n’ont pas eu trop de mal pour endormir et capturer ce monstre.

         Le protonyx au pelage fauve tordait sa tête de reptile dans tous les sens, cognant violemment les grilles de sa cage. Wacé était horrifié par cet animal qui lui semblait être encore plus terrible que tout ce qui avait été rapporté par les anciennes légendes.

         - Que voulez-vous que nous fassions de cette bête sur Phylis ?

         - Les protonyx ont un instinct particulièrement développé qui les guide naturellement vers leurs congénères ou vers les descendants d’Etran. Lâche cet animal dans la cité du bas et il te mènera directement à Eden et Adonis.

         Cette solution glaça Wacé.

         - Auriez-vous perdu la tête. Ce protonyx s’il est laissé en liberté, provoquera un véritable carnage parmi la population.

         Le visage de Syris qui se raidissait ne laissait aucune échappatoire au sparapet.

         - Tu feras comme tu souhaiteras, s’irrita-t-elle. Mais dans tous les cas, je ne te conseille pas de revenir bredouille. Pendant que tu mèneras l’enquête dans la cité du bas, je me chargerai de retenir les impériaux. Maintenant  que Sappho a été sacrée sur Iadès, je crains qu’elle ne souhaite venir personnellement enquêter sur Phylis pour récupérer son protégé.

         Wacé acquiesça d’un signe de la tête. Laissant la Doyenne profiter de ses appartements, il remonta dans l’ascenseur. Le protonyx dans sa cage ne supportait pas la présence de l’homme à ses côtés. Il tentait vainement d’écarter les grilles avec sa tête dans l’espoir de bondir au cou du sparapet. Le métal, approprié à la situation, résistait brillamment à l’épreuve.

         L’ascenseur propulsé par de l’air comprimé s’arrêta au premier palier de décompression. Après une brève pause, il réamorça sa descente. Seul un infime bruit d’air compressé accompagnait la capsule dans ses déplacements. Elle s’arrêtait tout aussi discrètement à chaque palier comme si elle se posait sur un coussin d’air. En quelques minutes, Wacé avait traversé la moitié de sa capitale pour arriver au niveau de la Ceinture de sécurité.

         La Ceinture s’étendait sur trois niveaux dans un enchevêtrement de galeries blindées. Elle coupait véritablement la cité en deux ensembles distincts et constituait une barrière autant psychologique que matérielle. Les habitants de la cité du bas n’avaient pas accès aux étages supérieurs, ceux de la ville du haut étaient libres de leurs mouvements mais il leur prenait rarement la fantaisie de descendre dans les bas-fonds de la capitale.

         Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur un couloir étroit qui se terminait par une imposante porte au blindage renforcé. Wacé apposa sa main droite sur une plaquette froide et lumineuse. La plaquette évolua d’un bleu très clair à un rouge très vif. Un léger déclic amorça l’ouverture de la porte coulissante.

         Wacé pénétra au sein de la Ceinture de Phylis 1. Les charpentes métalliques, squelettes froids destinés à soutenir la carapace d’acier des couloirs, pouvaient résister aux attaques des lasers les plus puissants. Les couloirs s’entrecoupaient dans un défilé infini, succession monotone de poutrelles et d’armatures en tout genre.

         Wacé connaissait parfaitement le chemin qui menait au poste de contrôle de la Ceinture. La vaste salle s’élevait sur deux niveaux au coeur de la pyramide. Des hommes en armes sans armure s’agitaient dans tous les sens, allant d’un écran de contrôle à un autre. Les sphères holographiques diffusaient des images prises aux différents niveaux des étages inférieurs. Les policiers, en les observant constamment, avaient pour mission de prévenir d’éventuelles émeutes et de repérer les trafiquants de drogue.

         Des caméras mobiles survolaient les artères, permettant de visionner la cité du bas dans ses moindres recoins. Ces caméras miniatures filtraient les images tout en restant pratiquement invisibles, permettant aux policiers de parcourir la cité du bas comme s’ils étaient sur place.

         Un policier venait de repérer une émeute dans sa sphère holographique. Sa voix calme, totalement détachée des terribles événements qu’il observait, résonna dans la pièce.

         - Affrontement entre deux gangs au niveau 19. Veuillez détacher deux brigades pour rétablir l’ordre.

         Les portes inférieures de la Ceinture s’ouvrirent afin de permettre le passage des véhicules d’une patrouille de policiers. Ceux-ci utilisèrent un ascenseur réservé aux forces de l’ordre pour traverser les étages et se répandre le plus rapidement possible au niveau 19.

         Wacé s’était approché du chef de sa garde qui surveillait les opérations à partir de son poste de commandement situé au centre de la pièce. Le policier âgé d’une cinquantaine d’années assumait fièrement les responsabilités de sa fonction comme ces personnes qui avaient âprement gravi les échelons de la société en partant de rien. La rigueur qu’il adoptait dans son travail se révélait sur son visage austère et sec.

         - Nous n’avons pas encore réussi à localiser les fuyards, sparapet Wacé. Nos caméras sillonnent méthodiquement tous les niveaux de la ville sans grand succès.

         Ces mauvaises nouvelles exaspéraient Wacé.

         - Ils ne se sont pourtant pas évanouis dans la nature.

         Le chef des gardes resta inflexible aux reproches du sparapet, le visage sévère, répondant sèchement à son maître.

         - Une enquête pour être vraiment efficace doit se dérouler sur le terrain. Ce n’est pas en observant des sphères de contrôle que l’on pourra correctement évaluer une situation. Les deux jeunes hommes que vous souhaitez retrouver sont suffisamment intelligents pour débusquer nos pièges et pour rechercher des complicités.

         - Mon intention est justement de descendre dans la cité du bas pour mettre la main sur nos deux amis, expliqua Wacé.

         Le sparapet espérait retrouver la trace d’Eden et d’Adonis sans l’aide du protonyx, en reconstituant leur itinéraire grâce aux témoignages des différents badauds qu’ils avaient nécessairement dû rencontrer sur leur chemin. Deux princes de sang ne pouvaient pas passer inaperçus dans ces quartiers défavorisés, l’argent aiderait à délier les langues.

         Le policier ne cachait pas son hostilité aux projets de son maître.

         - Je ne sais pas s’il est très raisonnable que le sparapet de Phylis s’aventure dans des quartiers où la police ne sera pas en mesure d’assurer sa protection.

         Wacé n’apprécia pas ce commentaire. Le chef des gardes poussait sa conscience professionnelle beaucoup trop loin. Sa franchise était mal venue de la part d’un simple exécutant.

         - Je ne vous demande pas votre avis, maugréa t-il. Je vais me rendre personnellement dans la cité du bas et vous serez chargé d’assurer ma protection.

         - Comme vous voudrez. Je vais immédiatement faire préparer un véhicule blindé et un véhicule de soutien.

         Il désigna le protonyx encagé en grimaçant.

         - Que dois-je faire de cet animal ?

         - Il sera aussi du voyage. Nous aurons peut-être besoin de lui.

         Le chef des gardes disparut pour accomplir sa mission, à contre coeur. Le projet du sparapet lui semblait être insensé, mais il n’avait pas d’autre choix que d’obéir aux désirs de son maître.

         Il ne fut pas long à donner ses ordres et il revint très rapidement pour accompagner Wacé jusqu’à la porte qui fermait le passage menant à la cité du bas. Une voiture blindée et un véhicule fourgon avaient été réquisitionnés. Une dizaine de policiers armés de pistolets laser les attendaient autour des véhicules.

         - Ces hommes nous escorteront tout au long de notre périple.

         Les policiers avaient été soigneusement sélectionnés par le chef des gardes. Par leur maîtrise, leur fermeté, ils portaient la marque de leur chef. Entouré par des professionnels de la guérilla urbaine, Wacé se sentait totalement en sécurité.

         - Nous pouvons y aller, fit-il.

         Les hommes montèrent dans les véhicules. La voiture blindée de Wacé, très confortable à l’intérieur, était protégée par une cuirasse fondue dans un alliage noir et très brillant. Les véhicules se mirent en branle, la longue porte qui fermait l’accès à la cité du bas se souleva pour leur ouvrir le passage.

         Les véhicules se dirigèrent vers un monte-charge qui avait une capacité suffisante pour les contenir tous les deux en même temps. Les portes se fermèrent et les véhicules entamèrent leur descente vers les enfers de Phylis 1.

         - Où désirez-vous vous rendre ? Demanda benoîtement le chef des gardes au sparapet.

         Wacé faisait mine de réfléchir. Il n’avait pas la moindre indication pour commencer ses recherches. Le hasard dicta son choix.

         - Nous allons nous rendre au niveau 57. C’est là que se trouve le plus grand spaciodrome de la cité du bas. Peut-être auront-ils eu l’idée de s’y rendre ?

         Wacé était à cent lieues de se douter qu’il n’ait jamais pu faire un choix plus judicieux. Le monte-charge le conduisait directement vers Eden et Adonis parmi des centaines de niveaux possibles.

         Le monte-charge arrêta sa descente. D’énormes caractères en noir annonçaient sur un mur derrière la porte qui se levait : « niveau 57. »

         De l’eau suintait sur les parois en béton. Les véhicules rutilants remontèrent cette artère désertique pour rejoindre un axe beaucoup plus vivant. Wacé eut un pincement au coeur en regardant la population misérable de sa capitale à travers les vitres blindées de sa voiture.

         Il était le premier sparapet de Phylis à s’aventurer dans ces bas-fonds.

         Peut-être serait-il le dernier ?

 

Chapitre 23                                                              Chapitre 25 

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 21:31

 

Wacé qui a étudié avec Adonis sur Okara est le sparapet de la planète Phylis. Les sparapets sont des aristocrates héréditaires chargés d'administrer les planètes de l'empire galactique.

 

Phylis est une planète entièrement grise vue de l'espace, au climat des plus hostiles. La superficie de la planète est couverte pour l'essentiel d'océans. Les précipitations continuelles couvrent la planète d'une mer de nuages.

 

Les humains habitent dans de gigantesques pyramides métalliques de 5000 mètres de hauteur pouvant abriter des dizaines de millions d'habitants. Ces villes sont divisées en deux parties : le sommet en verre, constitué des quartiers aisés,  qui émerge des nuages et la base avec ses quartiers populaires continuellement plongés dans la purée de pois.

 

Pyramide-en-verre-de-Phylis.JPG

 

Entre ces deux mondes, sont situés trois étages appelés la Ceinture, verrouillés par les forces de police. Ainsi, sur Phylis, les classes sociales ne se côtoient pas et les élites sont préservées des insurrections populaires.

 

Du moins le croient-elles.

 

Pour échapper à Wacé, Eden et Adonis vont se fondre au milieu de la population misérable de Phylis 1. Ils y seront traqués par les troupes impériales et par Wacé qui sera le premier sparapet à s'aventurer dans les bas-fonds de la planète.

 

Les nuages de Phylis vont s'accumuler au-dessus des différents protagonistes du roman...

 

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