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  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 14:06

 

Cliquez sur le lien suivant pour accéder à la présentation de 1984 de George Orwell.

 

Le résumé détaillé du livre chapitre par chapitre qui suit en révèle les moments clés.

 

Partie 1

 

Chapitre 1

 

Par une journée d’avril froide et claire, Winston Smith renonce à la cantine du Ministère de la Vérité où il travaille, pour regagner son domicile pendant la pause déjeuner. Un peu partout dans Londres, dominent les affiches géantes d’un homme d’environ 45 ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux. Une légende sous le portrait déclare : « Big Brother vous regarde ». L’ascenseur fonctionne rarement en raison des coupures de courant. A l’intérieur de l’appartement, une voix provient d’une plaque de métal incrustée dans le mur : le télécran. Le son peu être assourdi, mais le télécran ne peut être éteint complètement. L’appareil reçoit et transmet simultanément : à travers lui, Winston peut être aussi bien vu qu’entendu par la Police de la Pensée. Au loin derrière la fenêtre, à un kilomètre environ, s’élève le ministère de la Vérité, gigantesque immeuble pyramidal en béton blanc avec sur la façade, les trois slogans du parti : « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est l’esclavage », « L’ignorance c’est la force ». En plus du ministère de la Vérité qui s’occupe des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts, trois autres bâtiments similaires sont répartis dans Londres. Le ministère de la Paix qui s’occupe de la guerre, le ministère de l’Amour qui veille au respect de la loi et de l’ordre et le ministère de l’Abondance chargé des affaires économiques. Leurs noms en novlangue : Miniver, Minipax, Miniamour et Miniplein. Une singularité de son appartement permet à Winston, en s’asseyant dans une alcôve, d’échapper au regard du télécran. Cette opportunité lui permet de commencer à rédiger son journal sur un livre ancien acheté dans une boutique du marché libre. Il note une date : 4 avril 1984. Après avoir commencé à écrire, Winston se remémore un événement intervenu le matin même pendant les Deux minutes de la Haine, l’exercice quotidien pendant lequel le visage d’Emmanuel Goldstein, ennemi juré de l’angsoc (le socialisme anglais) et du parti est diffusé sur les écrans pour être livré à la vindicte populaire. Winston a croisé Julia, une jeune femme membre de la ligue anti-sexe qu’il prend pour une espionne et O’Brien un membre élevé du parti qu’il soupçonne d’appartenir à la Fraternité, un réseau clandestin de conspirateurs.

 

Chapitre 2

 

Winston Smith est dérangé dans l’écriture de son journal par Madame Parsons, la femme d’un voisin de palier. Elle lui demande s’il peut réparer son évier qui est bouché. Winston s’exécute. Tom Parsons est un collègue de Winston au Ministère de la Vérité, un homme dévoué au parti qui occupe un poste subalterne où l’intelligence n’est pas nécessaire. Ses deux enfants, un fils et une fille, sont déjà endoctrinés, dans un an ou deux, ils surveilleront les symptômes de non orthodoxie de leurs parents. Chaque semaine, la presse relate comment un petit mouchard quelconque appelé « enfant héros », a dénoncé ses parents après avoir entendu une remarque compromettante. Les enfants crient pour que leur mère les emmène à la pendaison de prisonniers eurasiens accusés de crimes de guerre. Après avoir regagné son appartement, Winston apprend par le télécran que son pays, l’Océania, vient de remporter une victoire importante contre l’Eurasia, laissant planer l’hypothétique fin de cette guerre qui n’en finit pas. Retournant à la rédaction de son journal, Winston songe que le simple fait de formuler des idées le condamne tôt ou tard à mort : « le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort ». Il range son journal dans un tiroir et pose un grain de poussière blanchâtre sur un coin de la couverture : le grain serait ainsi rejeté si le livre était déplacé.

 

Chapitre 3

 

Winston rêve de ses parents et de sa sœur qui ont disparu quand il avait dix ou onze ans, probablement au cours d’une des premières grandes épurations des années 50. Le télécran émet un coup de sifflet assourdissant pour marquer sept heures un quart, heure de lever des employés de bureau. Une femme apparue sur le télécran prodigue un cours de gymnastique obligatoire et éreintant. Pendant qu’il effectue les exercices, Winston se remémore son enfance, au-delà des dernières années 50. Durand son enfance, la guerre avait commencé et elle n’avait par la suite jamais cessé. Il lui était impossible de se remémorer la succession des événements, l’histoire étant continuellement modifiée par le parti. Ce dernier prétendait que l’Eurasia avait toujours été l’ennemie jurée de l’Océania elle-même alliée à l’Estasia. . Mais Winston savait que l’Océania avait été l’alliée de l’Eurasia contre l’Estasia il n’y avait de cela que quatre ans. Le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. A tel point que personne ne pouvait dire si Big Brother était réel ou avait été inventé.

 

Chapitre 4

 

Sur son lieu de travail, sous le contrôle d’un télécran, Winston a pour mission de corriger d’anciens articles du Times. Les numéros modifiés sont ensuite réimprimés et archivés. L’histoire est continuellement réécrite pour accréditer la propagande du parti : les discours de Big Brother prédisent toujours ce qui va arriver, les projections de la production sont toujours exactes, les promesse non tenues comme celle de ne pas rationner le chocolat au cours de l’année disparaissent. Un numéro du Times peut être réécrit une douzaine de fois selon les circonstances. Les plus grosses modifications concernent les personnes non existantes, autrefois glorifiées par le parti, puis tombées en disgrâce et disparues discrètement pendant une épuration. Toute trace de leur existence est rayée comme si elles n’avaient jamais existé. A l’inverse, Winston invente des personnages, tel que le camarade Ogilvy, mort victorieusement au front à 23 ans après une vie entièrement consacrée au parti. Les vieux papiers sont introduits dans des fentes reliées à d’immenses fournaises pour être détruits. On les surnomme « trous de mémoire ».

 

Chapitre 5

 

Winston retrouve son ami Syme à la cantine. Ce dernier travaille au Service des Recherches à compiler la onzième édition du dictionnaire novlangue. Les deux hommes parlent des sujets de prédilection de Syme : la pénurie de rasoirs et la pendaison de la veille. Winston pousse son collègue à parler de la technicité du novlangue, conversation plus agréable à son sens. La novlangue vise à réduire les limites de la pensée : les mots sont détruits par centaines, jour après jour, pour rendre littéralement impossible le crime par la pensée en supprimant les mots pouvant l’exprimer. Syme pense qu’en 2050 au plus tard, le novlangue aura supplanté la langue courante. Winston se dit que Syme est trop intelligent, trop zélé et que tôt ou tard il sera éliminé car il en sait trop. Parsons se joint à eux pour solliciter leur cotisation à l’occasion de la Semaine de la Haine, un quart du salaire de chaque individu étant réservé aux innombrables souscriptions volontaires. Le télécran relaie une annonce enthousiaste du Ministère de l’Abondance qui affirme que la production a augmenté de vingt pour cent en un an. Tout le monde semble adhérer à ce discours, alors que les maisons sont délabrées et que les pénuries sont permanentes. Tout est laid. Winston croise le regard de Julia, la fille aux cheveux noirs : il est persuadé qu’elle l’espionne. La délation est généralisée, Winston se méfie de tout le monde.

 

Chapitre 6

 

Winston poursuit son journal, tandis qu’il repense à Catherine, sa femme et se remémore son premier écart avec une prostituée. Les mariages entre membres du parti devaient être autorisés par un comité. La permission était toujours refusée quand les membres du couple en question donnaient l’impression d’être physiquement attirés l’un vers l’autre. La seule fin du mariage admise était de faire naître des enfants pour le service du parti. A défaut de tuer l’instinct sexuel, le parti essayait de le dénaturer et de le salir. Le mariage de Winston avait duré quinze mois, ils avaient pu se séparer faute d’enfant. Dévouée corps et âme au parti, Catherine n’avait aucune intelligence. En outre, elle n’avait pas la moindre sensualité.

 

Chapitre 7

 

Winston estime que l’espoir ne peut venir que des prolétaires, les quatre-vingt-cinq pour cent de la population d’Océania dédaignés par le parti. Ce dernier ne peut être renversé de l’intérieur. Contrairement aux membres du parti, les prolétaires jouissent d’une relative liberté comme en atteste le slogan du parti : « les prolétaires et les animaux sont libres ». Il leur est seulement demandé de travailler et d’engendrer. Malheureusement, Winston estime qu’ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients, mais qu’ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés. La révolution prétend avoir aboli le capitalisme, mais les conditions de travail des prolétaires n’ont guère été améliorées. D’ailleurs, les falsifications de l’histoire sont telles, qu’il est impossible de savoir à quoi ressemblait réellement Londres avant la Révolution. Winston se demande même si le capitalisme a réellement existé. Un jour, il a eu en mains une coupure du Times qui prouvait une falsification : trois membres du parti accusés de trahison étaient présents à une réunion du parti à New York alors qu’à la même date ils avaient confessé s’être rendus à l’étranger pour comploter.

 

Chapitre 8

 

Winston préfère déambuler dans les rues populaires de Londres plutôt que de participer à une soirée au Centre communautaire. Ce goût pour la solitude constitue une grave imprudence, les membres du parti devant toujours prendre part à quelque distraction collective. Une bombe fusée tombe sur un groupe de maisons qu’elle détruit complètement. Après s’être jeté au sol, Winston poursuit sa route. Les bistrots fréquentés par les prolétaires sont combles. Les masses laborieuses de l’Océania se passionnent également pour la loterie et ses lots faramineux, mais Winston sait, tout comme la plupart des membres du parti, que les gagnants des gros prix sont des gens qui n’existent pas. Winston entre dans un bistrot à la suite d’un octogénaire : il décide d’interroger le vieil homme sur sa jeunesse pour connaître la vérité sur le monde prérévolutionnaire. Il lui offre des bières et l’écoute parler de bribes de souvenirs sans importance. Winston poursuit son chemin et arrive devant la boutique dans laquelle il a acheté le livre qui lui sert de journal. Il y achète un vieux presse-papier en verre contenant du corail, puis visite une chambre remplie de vieilleries appartenant au propriétaire de la boutique nommé Charrington. Il envisage de louer la pièce pour s’y aménager un refuge. En regagnant son domicile, il croise la fille aux cheveux noirs qui fait mine de ne pas le voir : il est de plus en plus persuadé qu’elle le suit pour l’espionner.

 

Partie 2

 

Chapitre 1

 

Quatre jours plus tard, au Ministère de la Vérité, Winston croise la fille aux cheveux noirs qui lui fait passer discrètement trois mots griffonnés sur un bout de papier : « je vous aime ». Il est agité après cette révélation et se demande comment il va pouvoir arranger une rencontre. Il décide finalement que l’endroit le plus sûr pour cela est la cantine. Jour après jour, il attend le moment idéal, quand elle sera seule et assez loin d’un télécran. L’occasion ne se présente qu’au bout d’une semaine, ils se donnent rendez-vous au square de la Victoire. Là, pendant le passage d’un convoi de prisonniers Eurasiens, elle lui donne rendez-vous le dimanche suivant à l’extérieur de Londres.

 

Chapitre 2

 

Après un trajet en chemin de fer d’une demi heure, Winston retrouve la fille aux cheveux noirs dans la campagne. Ils se cachent dans une clairière. Julia exècre le parti, mais présente un zèle dévoué pour se préserver. A l’abri des microphones cachés un peu partout, ils font l’amour, un acte politique fort, un coup porté au parti qui condamne la moindre pulsion sexuelle.

 

Chapitre 3

 

Julia et Winston retournent à Londres en empruntant des chemins différents. Pendant le mois de mai, ils continuent à se retrouver en cachette. Julia travaille aux machines du Commissariat aux Romans, mais les livres produits ne l’intéressent pas. Elle bénéficie d’une excellente réputation à tel point qu’elle a pu travailler pendant un an au Pornosec, sous-section du Commissariat aux Romans chargée de la production de pornographie à bon marché destinée aux prolétaires. Julia déteste le parti, elle n’a jamais entendu parler de la Fraternité et refuse de croire à son existence. Winston dévoile à Julia de sombres pensées concernant sa femme et le parti. Il considère qu’ils sont des morts en sursis, car tôt ou tard, il seront démasqué et exécutés.

 

Chapitre 4

 

Winston attend Julia dans la chambre qu’il loue au-dessus du magasin de monsieur Charrington. Son sentiment pour elle a évolué tout au long du premier mois de leur rencontre : il ressent à présent de la tendresse à son égard. Julia le rejoint en apportant des mets savoureux destinés aux membres du parti intérieur : du sucre, du pain, un peu de confiture et du vrai café, pas du café de la victoire. Julia se maquille et se parfume, ils s’enlacent puis s’endorment l’un contre l’autre. A leur réveil, Julia chasse un rat de la chambre : Winston devint pâle, il lui avoue sa phobie des rats.

 

Chapitre 5

 

Un matin Syme a disparu sans laisser la moindre trace : il a cessé d’exister, il n’a jamais existé. Les préparatifs pour la Semaine de la haine battent leur plein : les symboles de l’Eurasia sont livrés à la vindicte populaire. Winston et Julia savourent leurs rendez-vous secrets dans la chambre de Charrington qui, en dépit de sa vétusté, est pour eux un véritable paradis. Leur existence leur semble moins pénible. Ils savent pourtant que cette situation ne peut pas durer indéfiniment. Winston croit en l’existence de la fraternité, Julia pense qu’il s’agit tout au plus d’une des innombrables balivernes du parti.

 

Chapitre 6

 

Le moment que Winston attend depuis des années vient enfin d’arriver : O’Brien s’adresse à lui en lui parlant de la dixième édition du dictionnaire novlangue et lui communique son adresse personnelle.

 

Chapitre 7

 

Winston se réveille après avoir rêvé de sa mère. Il se remémore son père qui a disparu très tôt sans lasser de trace, de son enfance miséreuse avec sa mère et sa petite sœur malade. Un jour, il se sauve après avoir volé un morceau de chocolat destiné à sa sœur. Lorsqu’il revient, un peu plus tard, sa mère et sa sœur ont disparu. Il culpabilise encore d’avoir été dur avec sa mère. Il en parle à Julia qui s’endort. Winston se dit que le plus important n’est pas de rester vivant, mais de rester humain. Il pense que le parti peut lui faire dire n’importe quoi, mais qu’il ne peut pas lire ses pensées et lui faire croire n’importe quoi.

 

Chapitre 8

 

Winston et Julia se rendent chez O’Brien. L’appartement est luxueux et confortable, ce qui impressionne Winston qui a rarement eu l’occasion de voir une telle opulence. A la surprise de ses visiteurs, O’Brien décide d’éteindre le télécran, un privilège réservé uniquement aux membres du parti intérieur. Après avoir hésité un moment, Winston annonce à O’Brien que Julia et lui sont des ennemis du parti et qu’ils viennent le voir car ils le soupçonnent de faire partie de la fraternité. O’Brien leur confirme que son domestique et lui sont des conspirateurs, qu’ils appartiennent à la fraternité et que leur chef s’appelle bien Emmanuel Goldstein. Il leur propose un verre de vin. Winston et Julia confessent qu’ils sont prêts à tout pour déstabiliser le parti, sauf à être séparés à jamais. O’Brien promet à Winston de lui faire parvenir le livre de Goldstein. Ils se séparent, Julia part la première suivie peu après de Winston.

 

Chapitre 9

 

Winston est épuisé par les innombrables manifestations émaillant les cinq premiers jours de la Semaine de la Haine. Au sixième jour, coup de théâtre, la vindicte populaire change de cible : l’Estasia est à présent l’ennemi juré, l’Eurasia devient un allié. Les affiches incitant à la haine contre l’Eurasia sont immédiatement changées. Winston regagne le Ministère de la Vérité, sachant que des journées de dix-huit heures l’attendent, puisqu’une grande partie de la littérature des cinq dernières années va devoir être réécrite : à compter de ce jour, l’Estasia a toujours été l’ennemi et l’Océania n’a jamais été en guerre avec l’Eurasia. Winston ainsi que les autres employés dorment sur des matelas dans les couloirs. Après six jours de travail intensif, ils obtiennent un après-midi de repos. Winston en profite pour attendre Julia à la chambre de Charrington. Il commence à lire le livre de Goldstein que O’Brien lui a fait parvenir dans une serviette. Le chapitre 1 se nomme « l’ignorance c’est la force » et suggère que toute société humaine est divisée depuis l’origine en trois classes : la classe supérieure, la classe moyenne et la classe inférieure. Winston passe directement au chapitre 3 qui est intitulé « la guerre c’est la paix ». Il y est expliqué que le monde est divisé en trois super états en guerre permanente depuis vingt cinq ans. L’Océania comprend l’Amérique, les îles Britanniques, l’Australie et le sud de l’Afrique. L’Eurasia s’étend du Portugal eu détroit de Behring. L’Estasia comprend essentiellement la Chine et le Japon. De puissance égale, aucune de ces trois nations n’est en mesure de l’emporter sur les autres. Elles se disputent les territoires allant de Tanger à Hong-Kong, riches en matières premières et en main d’œuvre bon marché. La guerre perpétuelle absorbe toutes les richesses sans élever le niveau de vie. Les trois classes sociales (parti intérieur, parti extérieur, et prolétaires) sont ainsi préservées de toute remise en cause par l’élévation du niveau de vie des classes inférieures. La guerre maintient la structure de la société. Le parti poursuit deux buts : conquérir toute la surface de la terre et éteindre toute possibilité de pensée indépendante. Les trois puissances produisent des bombes atomiques, mais ne s’en servent pas, craignant une destruction mutuelle assurée. De même, aucune des trois puissances n’essaye d’envahir la moindre parcelle du territoire de son voisin : les échanges entre les citoyens des différents états pourraient faire tomber la haine de l’étranger. Les trois états ont la même idéologie avec la même structure pyramidale et avec le même culte de la personnalité d’un chef quasi divin. Julia arrive au moment où Winston revient au chapitre 1. Winston reprend la lecture, cette fois-ci à haute voix pour Julia. Les trois classes sociales sont irréconciliables : le groupe supérieur veut rester en place, le groupe moyen veut prendre la place du groupe supérieur et la classe inférieure prône une société égalitaire. Au travers de l’histoire, la lutte entre ces classes voit la classe moyenne supplanter la classe supérieure, avant d’être elle-même supplantée par une nouvelle classe moyenne. Au vingtième siècle des mouvements nouveaux prétendirent fixer une fois pour toute la domination de la classe supérieure qu’ils avaient décidé d’incarner : ces mouvements se caractérisent par la même idéologie inégalitaire et tyrannique s’appellent Angsoc en Océania, Néo-Bolchevisme en Eurasia et Culte de la Mort en Estasia. Après la période révolutionnaire qui se place entre 1950 et 1969, le nouveau groupe supérieur agira en sachant parfaitement ce qui est nécessaire pour maintenir sa position. L’abolition de la propriété privée signifiait en fait la concentration de la propriété entre beaucoup moins de mains qu’avant, mais avec cette différence que les nouveaux propriétaires formaient un groupe (le Parti) au lieu d’être une masse d’individus : l’inégalité économique devient ainsi permanente. Big Brother est une figure allégorique, infaillible et toute puissante. En dessous, vient le parti intérieur, la classe supérieure représentant deux pour cent de la population. Ses membres sont admis à l’âge de seize ans sans aucune discrimination (pas d’hérédité, pas de critères raciaux, etc.). Le parti ne s’occupe pas de perpétuer son sang, mais de se perpétuer lui-même. Il n’est pas important de savoir qui détient le pouvoir, pourvu que la structure hiérarchique soit toujours la même. De sa naissance à sa mort, un membre du parti est sous l’œil de la police de la pensée. Le premier devoir d’un membre du parti est d’avoir la faculté de s’arrêter net au seuil d’une pensée dangereuse (« arrêtducrime » en novlangue). Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi croire tout et son contraire (« noirblanc » en novlangue). Le changement continuel du passé n’est possible que grâce à la « doublepensée » qui est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. Julia s’est endormie : Winston arrête sa lecture au moment où il allait savoir pourquoi le parti veille farouchement à empêcher l’égalité humaine.

 

Chapitre 10

 

Lorsque Winston et Julia se réveillent, une voix de fer s’échappe de derrière le tableau de la chambre. Le tableau tombe, découvrant un télécran. Des hommes en uniforme s’emparent de Winston et Julia. Monsieur Charrington apparaît sans déguisement, ce n’est pas un vieux prolétaire, mais un membre de la police de la pensée âgé d’environ trente-cinq ans.

 

Partie 3

 

Chapitre 1

 

Winston suppose qu’il est détenu au Ministère de l’amour, mais il n’en a aucune certitude. La cellule ne comporte aucune fenêtre, seuls quatre télécrans sont disposés sur chacun des murs blancs. Il a faim. Les prisonniers défilent dans la cellule, passent un moment avec Winston puis sont emmenés en salle 101. Parmi eux, le poète Ampleforth arrêté pour avoir laissé le mot « God » à la fin d’un ver dans une nouvelle édition de Kipling et Parsons dénoncé par sa fille après avoir dit « à bas Big Brother » dans son sommeil. Un homme décharné entre à son tour. Un autre est violemment frappé pour avoir voulu lui proposer un vieux morceau de pain. O’Brien fait son entrée : il n’appartient pas à la Fraternité, bien au contraire, il est chargé de traquer les crimes par la pensée. Le garde assène un violent coup de matraque à Winston.

 

Chapitre 2

 

Les passages à tabac se succèdent puis se font moins fréquents. Ce sont ensuite des intellectuels du parti qui interrogent Winston en lui imposant des brimades pour annihiler son pouvoir de résistance. Winston confesse une multitude de crimes imaginaires, mais cela n’a aucune importance car aux yeux du parti, il n’y a aucune distinction entre la pensée et l’acte. Winston est finalement emmené dans une salle et attaché sur un lit de camp. O’Brien se tient à côté de lui. A coup de décharges électriques, O’Brien fait comprendre à Winston qu’il n’existe qu’une vérité, celle du parti. Si Winston a des souvenirs différents de la version officielle du parti, c’est qu’il est sujet à des troubles mentaux, à des hallucinations. Le parti ne veut pas de martyrs : il veut changer ses ennemis, les briser. O’Brien apprend à Winston que Julia l’a dénoncé et qu’elle s’est convertie.

 

Chapitre 3

 

La réintégration comporte trois stades : étudier, comprendre, accepter. Winston entre dans le deuxième stade. O’Brien lui explique pourquoi le parti s’accroche au pouvoir : le parti recherche le pouvoir pour le pouvoir, rien d’autre ne l’intéresse. Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. La société du parti est fondée sur la haine. O’Brien demande à Winston de se déshabiller et de se regarder dans un miroir : ce dernier n’avait pas remarqué combien il était mince et faible, brisé par la torture et les humiliations. O’Brien explique à Winston qu’il est un cas difficile, mais que tôt ou tard il sera guéri de sa déviance et qu’à la fin, il sera fusillé.

 

Chapitre 4

 

Winston récupère lentement, jour après jour. Il a finalement capitulé, il le reconnaît. Il a découvert que la police de la pensée le surveillait depuis sept ans. O’Brien entre dans sa cellule et lui demande quels sont ses véritables sentiments à l’égard de Big Brother : Winston reconnaît qu’il le hait. Il est emmené salle 101.

 

Chapitre 5

 

Dans la salle 101, Winston est confronté à la pire de ses phobies : les rats. La peur est telle qu’il trahi et renie Julia.

 

Chapitre 6

 

Winston a été relâché, il est devenu une épave qui passe sa vie au bistrot. Il rencontre Julia par hasard, mais ils n’ont plus aucun sentiment l’un pour l’autre. Leur trahison mutuelle a brisé leur attachement. Un jour, le télécran délivre la nouvelle d’une victoire capitale de l’Océania sur ses ennemis : Winston va bien, il a remporté la victoire contre lui-même, il aime Big Brother.

 

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Published by Eloïs LOM
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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 14:06

  

Cliquez sur le lien suivant pour accéder à la présentation du Meilleur des mondes de Aldous Huxley.  

 

Le résumé détaillé du livre chapitre par chapitre qui suit en révèle les moments clés.

 

Chapitre 1

 

Le directeur du Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central fait visiter ses locaux à un groupe d’étudiants nouvellement arrivés. Le directeur leur présente les différentes étapes du processus de fécondation artificielle et les dernières prouesses technologiques : le procédé Bokanovsky, permettant de cloner jusqu’à 96 fois les ovules fécondés des Gammas, Deltas et Epsilons, couplé à la technique de Podsnap de croissance accélérée, permettent d’obtenir onze mille frères et sœurs dans cent cinquante groupes de jumeaux identiques, tous du même âge à deux ans près, voire même plus de quinze mille individus adultes à partir d’un seul ovaire. Ces manipulations génétiques ayant pour objet de garantir la stabilité sociale grâce à des hommes et des femmes uniformisés. Toute l’idéologie de l’Etat planétaire est contenue dans sa devise : « Communauté, Identité, Stabilité ». Les embryons sont ensuite immatriculés dans la salle de prédestination avant de finir dans la salle de décantation où ils subissent des manipulations supplémentaires permettant de les différencier avec d’un côté les Alphas et les Bêtas, la future élite de la société, et d’un autre côté les Gammas, Deltas et Epsilons, constituant une main d’œuvre laborieuse et peu qualifiée. Pour terminer, des infirmières dont Lenina Crowne inoculent des maladies aux embryons afin de les immuniser dans l’avenir.

 

Chapitre 2

 

Les étudiants et le directeur parviennent au cinquième étage du bâtiment abritant les pouponnières et les salles de conditionnement néo-pavlovien où les enfants sont conditionnés à coups de sirènes et de secousses électriques pour y apprendre la haine des livres et des fleurs, les livres car ils sont considérés comme subversifs et les fleurs car elles sont gratuites donc contraires à la consommation de masse qui fait tourner les usines. L’hypnopédie, enseignement pendant le sommeil, est utilisée non pour acquérir un savoir, mais pour conditionner les comportements (acceptation des classes sociales, etc.).

 

Chapitre 3

 

La visite se poursuit dans le jardin, pendant la récréation. Les enfants font une partie de Ballatelle Centrifuge, un des jeux compliqués homologués par les autorités pour stimuler la consommation. Les enfants apprennent également les jeux érotiques : la sexualité est enseignée aux enfants comme un jeu.

 

Sa Forderie Mustapha Menier, l’administrateur Résident de l’Europe Occidentale, un des dix administrateurs mondiaux, interrompt à cet instant la visite des étudiants. Il explique aux étudiants que l’histoire a été effacée. Il leur apprend que les hommes autrefois étaient vivipares, monogames et vivaient en famille. Les étudiants frémissent à cette idée. L’antique leader, « Notre Ford » ou « Notre Freud » comme il lui plaisait de s’appeler, a été le premier à considérer la vie de famille comme un danger pour la stabilité sociale, cause selon lui de pauvreté, d’incertitude, de passion, de sentiments. L’enseignement par le sommeil et le système des classes ont été rejetés dans un premier temps comme atteinte à la liberté. Puis vint la guerre de Neuf Ans en l’an 141 de « Notre Ford » et avec elle la destruction des livres, le conditionnement, la consommation obligatoire, les classes sociales, la destruction des monuments historiques, l’abandon de la religion et bien sûr le soma (médicament parfait et  drogue euphorisante).

 

La très jolie Lenina Crowne quitte son poste de travail, prend un bain aux vestiaires puis se change. Elle explique à Fanny, une collègue, qu’elle sort depuis quatre mois avec Henry Foster sans avoir vu un autre homme. Pourtant, les relations exclusives qui s’éternisent sont très mal vues : chacun appartient à tous les autres. Lenina finit par avouer qu’elle se lasse peu à peu d’Henry Foster et qu’elle est attirée par Bernard Marx qui a pourtant la mauvaise réputation d’être solitaire. Il l’a pourtant invitée à visiter une réserve à sauvages. Fanny trouve que Bernard Marx est laid pour un Alpha-Plus, mais son air plait à Lenina.

 

De son côté, Henry Foster s’étonne avec un collègue d’être le seul des deux à être sorti avec la « pneumatique » Lenina. Il lui conseille vivement de l’essayer. Bernard Marx entend leur conversation. Il est écoeuré de constater qu’ils parlent de Lenina comme s’il s’agissait d’un morceau de viande.

 

Chapitre 4

 

Section I

 

Dans l’ascenseur menant au toit du centre Lenina Crowne côtoie Georges Edzel et Benito Hoover, ses anciens amants, ainsi que Bernard Marx. Arrivés sur le toit, ils constatent qu’il fait beau et chaud. Lenina s’envole à bord de l’hélicoptère d’Henry Foster après qu’il lui a reproché quatre minutes de retard. Il arrivent à Stoke Poges et commencent une partie de Golf-Obstacles.

 

Section II

 

Bernard Marx, complexé, traverse le toit du centre les yeux baissés en direction de son garage privé. Il souffre des potins qui circulent au sujet de l’alcool qui aurait été versé par erreur dans son pseudo-sang. Il se sent inférieur en raison de son physique plus proche d’un Gamma moyen que d’un Alpha. Sa petite taille notamment fait qu’il est constamment l’objet de railleries de la part des femmes. Il se sent un paria et se sentant un paria, il se conduit comme tel, intensifiant l’hostilité et le mépris qu’éveillent ses défauts physiques. Il se sent même obligé d’être désagréable avec les membres des castes inférieures pour affirmer son autorité. Une fois dans son avion, il vole en direction du sud et atterrit sur le toit de la Maison de la Propagande. Il y rencontre Helmholtz Watson, un bel homme qui ressemble bien à un Alpha-Plus, contrairement à lui. Il exerce la profession de maître de conférence au Collège des Ingénieurs en Emotion. Helmholtz est doué, mais un peu trop. Tout comme Bernard se sent isolé en raison de ses déficiences physiques, Helmholtz se sent isolé en raison de son excès mental. Travail, sport, amour, il excelle en tout, mais finalement s’intéresse à autre chose. Il a mis un terme à toutes ses activités, à la stupéfaction de tous. Il envisage de faire autre chose, mais quoi ? Les deux hommes partent ensemble en avion jusqu’au domicile de Bernard.

 

Chapitre 5

 

Section I

 

A la tombée de la nuit, Lenina et Henry abandonnent leur partie de golf. Ils partent en hélicoptère et voient les membres des castes inférieures qui rentrent chez eux en monorail. De même les castes inférieures vivent dans d’énormes casernes, tandis que les Alphas et les Bêta vivent dans des maisons plus petites. Ils passent au-dessus du crématorium dont les fumées sont recyclées pour produire du phosphore. Chaque caste est néanmoins satisfaite de sa condition grâce au conditionnement : « chacun travaille pour tous les autres, nous ne pouvons nous passer de personne ». Dans cette société ordonnée : « Tout le monde est heureux ». Après avoir dîné à la salle à manger de l’immeuble d’Henry, ils terminent le repas avec un peu de soma puis traversent la rue pour aller danser dans un cabaret qui vient d’ouvrir depuis peu de temps. La musique de l’établissement vante les bienfaits du soma, le « flacon que j’aime ». Plusieurs doses plus tard, plongés dans leur bonheur artificiel, ils regagnent le domicile d’Henry. Lenina n’oublie cependant pas de prendre toutes les précautions anticonceptionnelles réglementaires.

 

Section II

 

Un jeudi sur deux, à l’occasion du jour des Offices de la Solidarité, Bernard Marx se rend en taxicoptère à la Chanterie, dont le bâtiment en pseudo marbre blanc de carrare se distingue par son horloge appelée « Big Henry ». Dans une des 7000 pièces de la Chanterie, Bernard Marx se retrouve parmi un groupe de 12 personnes composé de 6 hommes et de 6 femmes en alternance autour d’une table. A coups de formules rituelles et de coupe de l’amitié remplie de soma, les 12 personnes participent à un office s’inspirant de l’eucharistie chrétienne. Bernard Marx fait semblant de ressentir une extase comme les autres participants, mais en réalité il est parfaitement réfractaire au rituel. Il se sent isolé et différent des autres.

 

Chapitre 6

 

Section I

 

Au fil des semaines, Lenina Crowne trouve Bernard Marx de plus en plus bizarre. Elle se demande même si ce voyage en Amérique avec lui est une bonne idée. Pourtant il est un des rares en tant que psychologue Alpha-Plus à avoir une accréditation pour visiter une Réserve à Sauvages. Lenina ne voudrait manquer cette opportunité pour rien au monde. Cependant, elle le trouve inquiétant dans sa manie de préférer faire des activités dans l’intimité (promenades en amoureux notamment) en évitant soigneusement la foule. Il évite de prendre du soma, préférant rester lui-même et désagréable, plutôt qu’un autre aussi gai soit-il. Il veut ressentir les choses, mais c’est interdit car cela menace la communauté. Mais en dépit de toutes ces bizarreries, Lenina trouve Bernard attirant.

 

Section II

 

Le directeur de Bernard Marx signe à contrecœur son autorisation pour se rendre dans une Réserve à Sauvages car elle est sur papier à entête au nom de l’Administrateur Mondial Mustapha Meunier. Il n’approuve pas la conduite privée individualiste de Bernard qui nuit à l’image de son Centre. A la surprise de Bernard, le directeur lui confie néanmoins une anecdote personnelle, quand vingt cinq ans auparavant, son amie de l’époque disparut dans la même réserve lors d’une visite similaire.

 

Section III

 

Bernard et Lenina arrivent en fusée à la Nouvelle-Orléans et dorment dans un des hôtels luxueux que Lenina affectionne par-dessus tout. Le lendemain matin, ils partent pour la réserve qui est entourée d’une clôture électrique. A l’intérieur, vivent environ 60 000 personnes qui conservent leurs coutumes : famille, mariage, religion, etc. Helmholtz Watson apprend par téléphone à Bernard Marx qu’il va être muté en Islande dans un sous-centre car il ne respecte pas les conventions sociales de sa caste. Bernard est abattu par la nouvelle et se détend avec une dose de sauma, dans le voyage en avion qui l’amène à la réserve en compagnie de Lenina.

 

Chapitre 7

 

Quittant l’auberge, Bernard et Lenina gravissent la montagne, accompagnés de leur guide, en direction du pueblo de Malpais. Arrivés au sommet, ils découvrent un village indien très différent de leur monde : les indiens sentent mauvais, les ordures s’entassent, les femmes donnent le sein à leurs bébés. Pire encore, les vieux indiens sont édentés, ridés, amaigris. Ils ne gardent pas leur jeunesse intacte jusqu’à soixante ans comme dans le monde de Bernard et de Lenina. Cet univers choque Lenina qui regrette d’avoir oublié son soma à l’auberge, mais émerveille Bernard. Sur la place du village, ils assistent à une curieuse cérémonie au cours de laquelle un jeune homme de dix-huit ans se fait flageller jusqu’au sang, au milieu des chants et du battement des tambours, pour faire venir la pluie et faire pousser le blé. L’homme tombe finalement sous les coups et la foule se disperse. Lenina est horrifiée. Bernard et Lenina font alors la connaissance de John, un homme blanc, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, habillé comme un indien. Il leur présente sa mère, prénommée Linda, qui est en réalité la compagne du directeur de Bernard qui avait disparu dans la réserve vingt-cinq ans auparavant. Linda est obèse, abîmée par les années et sent l’alcool. Elle leur raconte l’enfer qu’elle a vécu pendant toutes ces années dans la réserve, loin, très loin de la civilisation, dans un univers radicalement différent du sien.

 

Chapitre 8

 

John raconte sa vie à Bernard Marx. Il lui montre la petite maison dans laquelle il vit avec sa mère en dehors du village. Il lui parle des amants de sa mère, souvent mariés et de leurs femmes jalouses qui viennent ensuite la frapper. Il explique que l’un d’eux, prénommé Popé, a commencé à rapporter de l’alcool à sa mère qui se met à boire de plus en plus et se laisse aller. Enfant, il écoute souvent sa mère qui lui parle de « Là-bas », cet autre monde d’où elle vient. Il écoute aussi les vieillards du pueblo raconter des histoires indiennes étranges et merveilleuses sur Jésus, Marie, le Grand Aigle, etc. Plus tard, Linda lui apprend à lire. Popé ramène un jour un vieux livre de Shakespeare que Linda offre à John. Plus John aime les mots dans le livre, plus il déteste Popé et son oisiveté. Un jour il frappe Popé avec un couteau, mais il n’arrive pas à le tuer. A quinze ans, John apprend à travailler la glaise, puis à façonner l’arc. A seize ans, il connaît sa première déception amoureuse : la jeune Kiakimé qu’il aime en épouse un autre. John est souvent seul, victime du mépris des autres adolescents pour le fils d’une étrangère. Bernard Marx partage cette solitude avec le jeune sauvage. Soudain, une idée lui vient à l’esprit, un esprit de vengeance : il envisage de se servir de John contre le directeur qui veut l’expédier en Islande. Il propose à John et à sa mère de le suivre à Londres. Le jeune sauvage est enthousiaste et se prend à rêver d’un monde meilleur…

 

Chapitre 9

 

Lenina avale six comprimés de soma dès son retour à l’auberge. Pendant que sa compagne plonge dans un monde merveilleux sous l’emprise de la drogue, Bernard peaufine son plan. Il se rend en hélicoptère à Santa-Fé où, arguant un intérêt scientifique, il obtient de Mustapha Meunier l’autorisation de ramener John et sa mère à Londres. Pendant ce temps, à l’hôtellerie, John s’introduit dans la chambre de Lenina en cassant une vitre. Il contemple la jeune femme sous l’emprise du soma, puis se sauve à l’arrivée de Bernard Marx.

 

Chapitre 10

 

Le directeur s’apprête à faire un exemple public en sanctionnant Bernard Marx devant les meilleurs collaborateurs du centre. Mais la démonstration se retourne contre le directeur : Bernard fait entrer Linda qui se jette au coup de son ancien amant. John fait ensuite son entrée et se met à genoux devant lui en l’appelant « père ». Les rires éclatent, énormes, en rafales successives. Humilié, le directeur s’enfuit.

 

Chapitre 11

 

Le directeur a démissionné, mais son fils est la coqueluche du tout Londres. Linda quant à elle est pestiférée car le simple fait d'être une mère est une obscénité. Par-dessus tout, son physique est une abomination. Mais Linda ne souhaite pas être vue, seul compte les doses de soma qu’elle ingurgite les unes après les autres quitte à raccourcir dramatiquement son existence, car tel est le prix à payer pour les moments d’éternité qu’il procure. Le sauvage est au centre de toutes les attentions et Bernard, son gardien attitré, devient un personnage de toute première importance. Le succès lui monte à la tête. De son côté, Mustapha Meunier suit attentivement l’évolution des événements et lit régulièrement les rapports que Bernard lui adresse au sujet du sauvage. Ce dernier semble s’adapter assez vite à la technologie du monde civilisé, mais il refuse catégoriquement de prendre du soma. En visitant l’école supérieure d’Eton, John découvre avec stupéfaction, lors de la diffusion d’un documentaire, que les indiens des réserves et leur mode de vie sont la risée des étudiants. Le soir, occupé par un rendez-vous galant, Bernard demande à Lenina d’emmener John au cinéma sentant. La jeune femme est euphorique, elle voit une occasion de pouvoir faire l’amour avec le sauvage qui au fil des mois lui plait de plus en plus. Ils visionnent un film moralisateur, condamnant les relations amoureuses exclusives. Lenina trouve le film ravissant, tandis que John le trouve horrible. Pour Lenina, la soirée se termine mal, John la raccompagne chez elle, mais à se plus grande surpris il l’éconduit. Elle prend trois grammes de soma pour oublier son chagrin.

 

Chapitre 12

 

Alors que Bernard organise une soirée à son domicile avec plusieurs grands pontes dont l’archi-chantre de Canterbury, le sauvage refuse de se montrer et reste enfermé dans sa chambre. Lenina qui s’était rendue à l’invitation de Bernard dans l’espoir de revoir John sombre dans une mélancolie inaccoutumée. Les invités affichent leur mépris vis-à-vis de Bernard Marx et s’en vont fort mécontents. Au même moment, dans son bureau, Mustapha Meunier censure un livre qui remet en cause la course effrénée au bonheur. Le lendemain, Bernard trouve un peu de réconfort à ses misères en se confiant à ses deux seuls amis : John le sauvage et Helmholtz qui est en conflit avec les autorités. Ces deux-là éprouvent d’ailleurs de la sympathie l’un pour l’autre. A tel point que Bernard en ressentait une jalousie cuisante.

 

Chapitre 13

 

Henri Foster propose un cinéma sentant à Lenina Crowne qui décline l’invitation à son plus grand étonnement. Lenina n’a que faire des hommes qui passent dans sa vie, elle n’en veut qu’un seul qui l’obsède : John. Sur les conseils de Fanny, Lenina se décide à faire le premier pas et se rend chez le sauvage. Ce dernier lui avoue son amour : il admire tellement Lenina qu’il veut accomplir quelque chose pour être digne d’elle. La jeune femme ne comprend pas, pour elle ce n’est pas nécessaire. Pour John, un amour ne peut être consommé que dans un mariage indissoluble, notion totalement étrangère à Lenina. L’incompréhension entre eux est à son paroxysme quand Lenina commence à se déshabiller, sûre d’être désirée sexuellement par John. Le sauvage terrorisé devient comme fou, rejette violemment les étreintes de la jeune femme, la traite de « catin » et de « courtisane ». Lenina épouvantée se réfugie dans la salle de bains. John lui passe ses vêtements par le vasistas. Il passe un coup de fil puis disparaît.

 

Chapitre 14

 

Le sauvage arrive à l’hôpital de Park Lane pour mourants où sa mère vient d’être admise. Il n’y a plus d’espoir, elle est condamnée. Des enfants vagabondent entre les lits de mourants : il sont là pour être conditionnés à la mort. Linda qui délire ne reconnaît pas tout de suite John, elle croit voir Popé. Elle meurt après avoir prononcé le nom de son fils.

 

Chapitre 15

 

Le sauvage prend conscience que Linda était l’esclave du soma et que cette drogue l’a tuée. Il prend la parole alors qu’il assiste à une distribution de soma à des Deltas dans les couloirs de l’hôpital, accusant la précieuse drogue d’être un poison. Alertés par téléphone, Bernard et Helmoltz accourent à l’hôpital. John se bat avec les Deltas et jette les cachets de soma par la fenêtre au nom de la liberté, Helmoltz vient lui prêter main forte. Des policiers arrivent et répandent dans l’air d’épais nuages de vapeur de soma qui calment les combattants. Bernard, Helmoltz et John sont emmenés par les policiers.

 

Chapitre 16

 

Les trois fauteurs de trouble sont convoqués dans le bureau de l’administrateur Mustapha Meunier. Le sauvage admet ouvertement qu’il n’aime pas la civilisation au grand dam de Bernard. Mustapha cite un passage de Shakespeare, le visage du sauvage d’éclaire. L’administrateur fait les lois, il peut les enfreindre. Il a lu un livre interdit. Tout ce qui est vieux est interdit, place à la nouveauté. Mustapha explique que seul compte la stabilité du monde : les gens sont heureux car ils sont à l’aise, ils sont en sécurité, il ne sont jamais malades, ils n’ont pas peur de la mort, ils ignorent la passion et la vieillesse. Les castes apportent la stabilité, chaque être reste à son niveau. Et si par hasard quelque chose va de travers, il y a le soma. L’art et la science sont muselés car considérés comme dangereux pour la stabilité. L’administrateur leur apprend que la punition qui va leur être appliquée va en réalité être une récompense : il vont être envoyés sur une île où la société est composée de gens intéressants qui ont des idées indépendantes bien à eux, en un mot qui sont quelqu’un. Bernard Marx s’effondre à cette annonce, tandis Helmoltz Watson choisit une île au climat hostile plus propice selon lui à l’écriture.

 

Chapitre 17

 

Le sauvage reste seul avec Mustapha Meunier. Ce dernier lui avoue qu’en plus de l’art et de la science, la religion est un sujet qui l’a toujours vivement intéressé. Il sort de son coffre une Bible, ainsi que divers ouvrages religieux. Mais ceux-ci doivent rester cachés car le religieux est devenu superflu dans cette société où l’on reste jeune et où l’on est prospère. Le sauvage reproche à la civilisation de se débarrasser de tout ce qui est désagréable au lieu d’apprendre à s’en accommoder. Le sauvage réclame le droit d’être malheureux, l’administrateur promet de le lui accorder.

 

Chapitre 18

 

Le sauvage retrouve Bernard et Helmoltz qui lui disent au revoir : ils partent vers les îles. John a demandé à l’administrateur de pouvoir les suivre, mais ce dernier a refusé, voulant poursuivre l’expérience. Le sauvage a finalement choisi pour ermitage un vieux phare perché sur la côte anglaise. Il passe la première nuit à prier et choisit de vivre là parce que la vue est si belle qu’il a l’impression de contempler l’incarnation d’une chose divine. Pendant les premiers jours, il vit seul sans être dérangé. Il espère pouvoir vivre là en chassant des lapins et en cultivant son jardin, mais des travailleurs agricoles le surprennent en train de se flageller. Trois jours plus tard, les reporters arrivent. John chasse l’un d’eux à coup de pied dans le derrière, mais d’autres reporters arrivent à leur tour. L’un d’eux, Darwin Bonaparte filme le sauvage pendant qu’il se flagelle, coupable qu’il se sent de repenser à Lenina. Il sort un film, « le Sauvage de Surrey » qui rencontre un vif succès. Dès ce moment, la retraite de John est troublée par un flot ininterrompu d’hélicoptères de curieux qui l’observent comme une bête sauvage. John attaque Lenina alors que celle-ci se joint aux curieux avec Henri. Le lendemain, il se réveille et dégoûté par ce qu’il a fait, il se pend dans la cage d’escalier du phare.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 17:10

Cliquez sur le lien suivant pour accéder à la présentation de Niourk de Stefan Wul. 

 

Le résumé détaillé du livre chapitre par chapitre qui suit en révèle les moments clés.

 

Partie 1

 

Chapitre 1 : Présentation de la tribu, de Thôz son chef et du Vieux son sorcier, celui qui sait tout.

 

Chapitre 2 : Le Vieux annonce à la tribu qu’il va monter dans les montagnes de Cuba, jusqu’à Santiag, la ville des dieux. Il annonce qu’à son retour d’ici 4 jours, l’enfant noir devra être sacrifié.

 

Chapitre 3 : Le Vieux arrive à la ville des dieux. Il voit des dieux dans les personnages des anciennes affiches publicitaires qui tapissent les murs de la ville désertique.

 

Chapitre 4 : Thôz suivi des chasseurs commence à s’inquiéter car le Vieux n’est toujours pas revenu à la fin du quatrième jour.

 

Chapitre 5 : Thôz et les chasseurs reviennent à la tribu sans le Vieux. Les femmes sont inquiètes de cette disparition.

 

Chapitre 6 : L’enfant noir s’interroge sur la disparition du Vieux : est-ce bon pour lui ou non ? Il s’introduit secrètement dans la tente du sorcier, choisi des fourrures à sa taille et part en direction de Santiag à la recherche du Vieux. Arrivé dans les ruines de la ville, il découvre le Vieux mort dans la neige. L’enfant imagine que le Vieux est en train de dormir, il parle lui aussi aux visages des affiches publicitaires, invoquant leur approbation.

 

Chapitre 7 : Thôz décide d’aller attendre le Vieux aux falaises. Il désigne Bagh pour conduire les chasseurs à la poursuite des chiens sauvages.

 

Chapitre 8 : L’enfant noir visite les ruines. Il s’endort.

 

Chapitre 9 : A son réveil, il retrouve le cadavre du Veux au visage picoré par des vautours. L’enfant noir comprend qu’il est mort. L’enfant pratique les rites de la tribu en mangeant la cervelle du vieillard pour s’approprier sa force et sa science, puis il décide de rejoindre la tribu.

 

Chapitre 10 : Thôz arrive au pied des falaises. Poursuivi par des chiens sauvages, il décide de retrouver la tribu. Lorsqu’il arrive, il constate avec effroi que le village est en flammes et que la savane brûle derrière lui.

 

Chapitre 11 : L’enfant noir tue un jaguar avec une arme à feu retrouvée dans la ville des dieux. Il découvre le pouvoir étrange de l’arme, capable de tuer un ennemi à distance.

 

Chapitre 12 : Thôz échappe à l’incendie et décide de marcher vers l’est à la recherche de sa tribu.

 

Chapitre 13 : La tribu, réduite à une centaine d’individus, se demande comment elle va survivre dans la plaine dévastée par l’incendie. Soudain, les chasseurs aperçoivent Thôz qui vient à leur rencontre.

 

Chapitre 14 : Thôz, épuisé, est accueilli par les chasseurs de sa tribu.

 

Chapitre 15 : Thôz reprend des forces au bout d’une semaine. Il décide que la tribu doit partir vers le nord pour trouver de la nourriture.

 

Chapitre 16 : L’enfant noir arrive au village de la tribu qu’il découvre en cendres. Il trouve les traces de Thôz et décide de les suivre.

 

Partie 2

 

Chapitre 1 : Un ancien oléoduc contenant des déchets radioactifs gît dans ce qui était autrefois le fond de l’océan.

 

Chapitre 2 : Les poulpes noirs ont muté suite aux fuites radioactives de l’oléoduc. Ils sont d’une taille supérieure et d’une intelligence moins grossière. Ils survivent dans un lac salé, reliquat de l’ancien océan atlantique.

 

Chapitre 3 : Les hommes évitent de s’aventurer dans les parages du lac salé.

 

Chapitre 4 : La tribu s’apprête à franchir le col pour éviter le lac salé et les poulpes radioactifs.

 

Chapitre 5 : La tribu s’engage dans une gorge en file indienne.

 

Chapitre 6 : La tribu épuisée par la chaleur décide de s’arrêter au bord d’une mare tiède pleine de poissons.

 

Chapitre 7 : Un ours qui attaque les chasseurs est tué par Thôz.

 

Chapitre 8 : Un poulpe découvre la tribu tandis qu’il chasse en solitaire. Il part en direction du grand lac salé pour avertir ses semblables.

 

Chapitre 9 : La tribu décide de camper à proximité du lac salé.

 

Chapitre 10 : Les poulpes géants attaquent la tribu pendant la nuit. Deux hommes meurent et un autre est blessé à l’épaule.

 

Chapitre 11 : La tribu enterre ses morts. Les hommes décident de manger les tentacules d’un poulpe tué par Thôz.

 

Chapitre 12 : L’enfant noir découvre le squelette de l’ours tué par Thôz et mangé par la tribu. L’enfant noir est attaqué à son tour par un ours qu’il finit par blesser avec son arme.

 

Chapitre 13 : La tribu doit subir une seconde attaque des poulpes.

 

Chapitre 14 : Au lieu d’achever l’ours, l’enfant noir lui donne à boire et à manger. Il parvient à domestiquer la bête.

 

Chapitre 15 : Au bout de 5 jours, l’ours est à nouveau valide. Il sert de monture à l’enfant noir. Ils découvrent le campement dévasté. L’enfant noir tue un poulpe géant avec son arme. Il mange la cervelle du monstre tandis que l’ours mange un tentacule.

 

Chapitre 16 : Les poulpes ont capturé et ligoté les membres de la tribu. Tandis que les monstres commencent à dévorer les hommes et les femmes de la tribu un par un, l’enfant noir tue les poulpes avec son arme.

 

Partie 3

 

Chapitre 1 : Les entrailles des hommes commencent à briller sous l’effet de la radioactivité des poulpes ingérés. Thôz et l’enfant noir se partagent le pouvoir, mais l’enfant avec son arme est le véritable maître de la tribu. Ils décident de rejoindre Niourk, la grande ville des dieux.

 

Chapitre 2 : L’enfant noir conduit les chasseurs toujours plus au nord. Il rencontre un homme imberbe en combinaison couleur cuivre qu’il prend pour un dieu. Il lui tire dessus avec son arme, mais l’homme est protégé par sa combinaison. Ce dernier lui dit qu’il vient de Niourk.

 

Chapitre 3 : Depuis cette étrange rencontre l’enfant noir a hâte d’arriver à Niourk. La tribu arrive enfin à l’embouchure du fleuve Huds. L’enfant noir découvre que son intelligence s’accroît rapidement, sous l’effet radioactif de la cervelle de poulpe séchée qu’il a ingérée pendant 15 jours.

 

Chapitre 4 : La tribu commence à remonter le fleuve Huds. Les chasseurs sont de plus en plus malades à cause des tentacules radioactives qu’ils ont ingérées. Bagh meurt le premier, son corps gonfle d’hélium et se met à flotter. Thôz meurt à son tour. La tribu affolée se disperse. Seul l’enfant noir était stimulé par la radioactivité car il était le seul à s’être nourri avec les cervelles des monstres.

 

Chapitre 5 : L’enfant noir arrive enfin à Niourk avec ses buildings et son immense statue de femme. L’enfant noir prend cette dernière pour une déesse, puis il comprend qu’il ne s’agit en réalité que d’une statue. Son intelligence se développe de plus en plus rapidement.

 

Chapitre 6 : L’enfant noir et son ours rencontrent deux robots humanoïdes qui les interceptent. La pile des robots tombe en panne, l’enfant et son ours poursuivent leur visite de la ville. Il mange de la nourriture synthétique.

 

Partie 4

 

Chapitre 1 : Ing 3 et Capt 4, deux vénusiens, déambulent dans Manhattan.  Leur appareil détecte une présence humaine.

 

Chapitre 2 : L’enfant noir parvient à déchiffrer l’alphabet phonétique des anciens habitants de Niourk.

 

Chapitre 3 : Les deux vénusiens continuent à déambuler dans Niourk.

 

Chapitre 4 : L’enfant noir arrive dans un ancien atelier de vivisection. Il libère des rats mutants qui le mordent à la jambe. L’ours d’enfui, l’enfant part à sa suite.

 

Chapitre 5 : Les vénusien naufragés sur la terre commencent à manquer de rations alimentaires sous forme de pastilles. En s’aventurant dans des conduits, ils trouvent des milliers de rats mutants derrière une grille. Jax (Capt 4) aperçoit rapidement le pied de l’enfant noir.

 

Chapitre 6 : L’enfant noir court, précédé de son ours, fermant derrière lui le plus de portes possibles. Ils arrivent dans une pièce entièrement constituée par un dôme transparent, située au-dessus des buildings et des nuages. L’ours meurt et gonfle d’hélium comme les membres de la tribu. Après avoir percé d’un jet de feu le dôme, l’enfant commence à escalader les corniches vertigineuses des toits de Niourk.

 

Chapitre 7 : Les vénusiens se débattent toujours dans les conduits d’aération. Le réseau s’illumine. Bring (Ing 3) constate que Capt 4 est mort sur les pales d’une hélice de ventilateur. Bring lutte contre la soufflerie qui se met en marche, puis s’évanouit de fatigue.

 

Chapitre 8 : Doc 1, médecin androïde de Vénus, à la recherche de Ing 3 et Capt 4 arrive devant la colossale statue de femme. Il finit par retrouver Ing 3 étendu dans la neige.

 

Chapitre 9 : Brig reprend connaissance le lendemain. Brig et Doc 1 découvrent ensuite l’enfant noir qui chute d’une corniche. Lorsqu’ils arrivent auprès de lui, ils s’aperçoivent qu’il est radioactif et prennent peur. 

 

Partie 5

 

Chapitre 1 : L’enfant noir a déliré pendant 6 semaines avant d’être finalement sauvé par les soins prodigués par les vénusiens. Ces derniers s’étonnent qu’il soit sexué et qu’une mère lui a donné le jour. Profitant de l’absence des vénusiens qui le croient endormi, l’enfant noir assimile un dictionnaire. Sa mémoire est découplée, il assimile un livre en une seule lecture.

 

Chapitre 2 : Brig et Doc 1 se demandent comment ils vont faire pour quitter la terre quand l’enfant noir leur apparaît en lévitation un livre à la main. Il a lu presque tout leurs livres et possède un savoir incalculable.

 

Chapitre 3 : L’enfant noir a été nommé Alf. Il reproche aux vénusiens d’avoir créé une société de robots (sans procréation naturelle, sans dieu, etc.), il leur reproche aussi de se croire supérieurs aux homo sapiens (pré vénusiens). L’enfant noir a la capacité de se dédoubler pour lire encore plus rapidement les livres de toute la bibliothèque de Niourk. Les vénusiens pourtant supérieurs aux terriens sont dépassés.

 

Chapitre 4 : Alf montre aux vénusiens l’ours et les membres de sa tribu qu’il a refaits.

 

Chapitre 5 : Alf montre aux vénusiens qu’il a fait sortir la terre du système solaire.

 

Chapitre 6 : Alf prouve ses dires aux vénusiens en leur montrant les constellations qui ont changé. Il leur apprend que Brig et Doc 1 sont déjà repartis sur Vénus et qu’ils ne sont que des copies. Il leur laisse Niourk et s’en va.

 

Chapitre 7 : L’enfant noir retrouve sa tribu et son ours. Ils partent à la chasse aux chiens sauvages.

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 17:14

 

         La porte de service de l’hôtel claqua en se refermant derrière Eden et Adonis. Au même moment, ils entendirent la porte d’entrée qui cédait sous les coups de tête du protonyx dans un terrible déchirement d’acier.

         Ils s’étaient précipités dans une ruelle très peu éclairée. Sur leur gauche, une artère longeait le coin de l’hôtel et les conduisait droit sur Wacé et ses hommes. Les deux jeunes hommes, dans un grand effort de cohésion, commencèrent à courir dans la même direction, vers leur droite pour remonter la ruelle et s’échapper le plus loin possible de l’hôtel.

         Ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle dès qu’ils estimèrent avoir mis suffisamment d’écart entre eux et Wacé. Ils s’assirent derrière un paquet d’immondices, se cachant plus par réflexe que par nécessité. Si Wacé devait subitement surgir au coin de la rue, la pile d’ordure ne constituerait pas pour eux une réelle protection.

         - Comment ont-ils pu faire pour nous retrouver si rapidement ? S’interrogea tout haut Eden.

         Adonis s’était posé la même question. Il ne pouvait pas oublier l’image du protonyx qui essayait d’enfoncer la porte de l’hôtel. Cet animal était arrivé sur les lieux avant Wacé et ses hommes, c’était certainement lui qui les y avait conduits.

         - Le protonyx a dû détecter en nous la présence du sang d’Etran, conclut-il. Ils utilisent son flair pour retrouver notre trace.

         A l’énoncé de cette évidence, Eden se releva.

         - Nous ne devons pas perdre de temps. Ils doivent déjà être à nos trousses avec leur animal de malheur.

         Adonis acquiesça d’un signe de la tête. Les deux garçons reprirent leur course effrénée dans les longs couloirs de Phylis 1. A une intersection, ils changèrent de route pour emprunter une artère plus large. Les passants s’écartaient de leur passage par crainte d’être bousculés et les regardaient bizarrement comme s’ils avaient croisé des extraterrestres. Ils étaient à la fois étonnés et amusés de voir des gens courir à perdre haleine comme s’ils avaient le diable aux trousses.

         Pour Eden et Adonis, le diable avait des pattes aux griffes d’acier et une tête de reptile aux crocs perçants. De temps à autre, ils ralentissaient leur course pour jeter un coup d’oeil en arrière. Ils se rassuraient en constatant qu’ils n’étaient pas suivis et, revigorés, accéléraient de plus belle la cadence de leur course.

         Adonis courait droit devant lui et se déconnectait de la foule qui l’environnait. Il ne percevait d’elle que des taches de couleur indiscernables qui formaient un mur bigarré autour de lui, accompagné de bruits de voix incompréhensibles qui semblaient provenir de tous les côtés.

         Il se retournait néanmoins de temps en temps pour s’assurer que son frère arrivait à suivre le rythme. A chaque fois, il était agréablement surpris de découvrir qu’Eden le talonnait de peu.

         Parce qu’il avait jeté un rapide coup d’oeil derrière lui, Adonis n’avait aperçu qu’à la dernière seconde la masse marron qui s’était avancée en travers de sa route. Il la percuta et bascula par terre. Il avait amorti sa chute en tombant sur un homme enveloppé dans une cape marron, celui là même qu’il avait heurté et renversé.

         Eden qui s’était arrêté, tendit sa main pour aider Adonis à se relever. Le jeune homme avait refusé cette aide et examinait l’homme qu’il avait bousculé. Ce dernier gisait sur le sol et semblait être inconscient. A la surprise d’Adonis, il ouvrit subitement les yeux et tendit ses mains pour presser le cou du jeune homme.

         - Tu ne pouvais pas faire attention, sale bâtard, éructa t-il en serrant de plus belle le cou de sa victime.

         Adonis, littéralement étranglé, se dégagea en assenant un coup de poing dans la poitrine de l’inconnu. Celui-ci souffla de douleur et relâcha son étreinte. Le jeune homme se releva et fit signe à Eden de poursuivre leur route. Le Proèdre avait été obligé de ralentir le pas pour permettre à  Adonis encore haletant de le suivre. L’homme qui avait été renversé avait renoncé à les rattraper, mais s’était redressé au milieu de la route pour vociférer à gorge déployée.

         - Espèces de petits voyous. Je ne vous oublierai pas.

         Les deux jeunes gens étaient déjà loin et entendirent à peine les menaces qu’il proférait à leur égard. Adonis avait récupéré son souffle et fit signe à Eden d’accélérer un peu l’allure. Son frère lui fit un geste négatif et lui indiqua une porte entre deux immeubles à sa droite.

         Sur la porte, des caractères noirs un peu effacés leur indiquait la présence  d’un  escalier : « Niveau 58. » Adonis s’arrêta devant la porte et la tira à lui. Un escalier faiblement éclairé par des lampes isolées descendait vers l’étage inférieur, tournant par petits paliers toutes les vingt marches environ.

         Les jeunes hommes commencèrent la descente, sautant par-dessus les corps des drogués qui étaient avachis sur les marches dans un état de semi inconscience. A un palier, un groupe de trois jeunes d’une vingtaine d’années n’avait pas encore été victime des effets secondaires de la pélanine. Adonis leur demanda son chemin.

         - Pourriez-vous me dire si nous sommes encore loin du spaciodrome ?

         La seule fille du groupe était beaucoup plus vive d’esprit que ses deux compagnons. Elle n’avait pas perdu le sens des affaires et tendit sa main boursouflée par la pélanine en direction de ces deux jeunes hommes si richement habillés.

         - Que m’offrez-vous en échange ? Des jeunes gens comme vous doivent vraiment être perdus pour se retrouver dans un quartier aussi sinistre. Venez-vous de la cité du haut ?

         Adonis ne répondit pas à la question de la jeune fille. Il fouilla dans ses poches et en sortit une pièce de vingt onces stellaires. C’était sa dernière pièce. En la donnant à la droguée, il se dépouillait des restes de sa maigre fortune. La jeune fille attrapa la pièce au vol et écouta ce qu’Adonis avait à lui dire.

         - Je sais qu’il y a un spaciodrome au niveau 57, dit-il. Est-ce encore loin d’ici ?

         - En sortant de cette cage d’escalier, tu arriveras dans une très large avenue. Elle traverse tout l’étage et te conduira vers le spaciodrome. Tu devras compter deux bonnes métaheures de marche. A moins que tu ne souhaites prendre le métro. C’est plus rapide mais plus dangereux.

         - Où se trouve ce métro ? S’intéressa Adonis.

         - Tu l’entendras bien à temps, ironisa la jeune fille. Mais je te déconseille de l’emprunter. L’année dernière il n’a pas pu freiner au terminus et a défoncé le spaciodrome. Tout l’étage avait été privé de courant.

         Sans plus attendre, Eden et Adonis se remirent en route. Dans leur esprit, dangereux ou pas, le métro constituait le meilleur moyen pour semer le protonyx ou du moins pour prendre une certaine avance sur lui.

         Une petite lueur brilla au-dessus de leurs têtes. Seul Eden la vit. Il tira le bras d’Adonis pour lui montrer le petit point lumineux dans un coin du mur.

         - Vois-tu cette lumière briller ? Demanda Eden.

         Adonis estimait qu’ils n’avaient pas assez de temps à perdre pour s’attarder à examiner les lumières qui éclairaient cette cage d’escalier miteuse. Cependant, Eden semblait attacher beaucoup d’importance à cet insignifiant point lumineux. Il devait certainement avoir de bonnes raisons pour cela. Adonis lui consacra quelques secondes avant de reprendre sa course.

         - Qu’est-ce donc ? Demanda-t-il.

         - Une micro caméra directement reliée aux appareils de contrôle de la Ceinture. A cet instant, les policiers de Wacé sont en train de nous visualiser et ne vont pas tarder à nous localiser.

         Adonis regarda l’objet de plus près. Le point lumineux était en réalité une petite boule de cristal et d’acier pas plus grosse qu’une perle. La partie en verre qui constituait l’oeil l’avait trahie. Dans la semi pénombre, elle avait reflété comme un miroir la faible lumière émise par une lampe toute proche.

         - Nous avons dû croiser des dizaines de ces caméras sans y faire attention, averti Eden.

         Adonis sortit son pistolet laser et visa l’oeil de verre. La boule était si petite qu’elle se désintégra, sans même éclater, en petits morceaux de poussière.

         - Il y en aura toujours une de moins, se vanta Adonis.

         Eden ne partageait pas son enthousiasme.

         - Nous allons probablement en rencontrer d’autres et les policiers vont rapidement deviner que nous nous dirigeons vers le spaciodrome, expliqua t-il gravement.  Nous devons gagner notre destination le plus rapidement possible. Je te propose de prendre le métro.

         - Oui, approuva Adonis. Et je te suggère de rejoindre la ligne de métro en empruntant les conduits d’aération comme nous l’avons fait au début.

         Le silence d’Eden valait approbation. Ils terminèrent leur descente et arrivèrent au pied de l’escalier sur un large palier. Devant la porte qui leur annonçait qu’ils étaient arrivés au niveau 57, un souffle d’air chaud s’échappait d’une grille plantée dans le plancher. La rouille avait fixé la grille à son armature de fer. Ils la descellèrent à coups de rayons laser et, après l’avoir tirée à eux, la poussèrent sur le côté.

         Le trou béant propulsait un air moite, presque suffocant. Ce réseau d’aération devait être relié avec des machines, importantes sources de chaleur. Il y avait fort à parier qu’un de ces conduits les mènerait au métro de Phylis 1.

         Ils plongèrent dans le trou et replacèrent la grille sur l’ouverture. Après être passé sous la porte de la cage d’escalier, le conduit d’aération bifurqua à droite puis à gauche. Il s’élargissait et suivait une importante avenue. Eden et Adonis tournèrent à droite pour remonter le souffle d’air chaud véhiculé par le conduit.

         Ils transpiraient sous leurs vêtements qui leur collaient à la peau. Leur progression était entravée par cet air suffoquant qui les imprégnaient de perles de sueur. Même les parois de béton suintaient.

         A une intersection, ils sentirent que l’air chaud provenait d’un conduit plus étroit sur leur gauche. Désireux d’économiser leurs forces, ils marchèrent en silence pour ne pas dépenser leur énergie en de vaines palabres. Eden rompit le silence, convaincu d’avoir une idée assez importante à soumettre à son frère.

         - Te souviens-tu des propos de la jeune fille que tu as interrogée dans la cage d’escalier ? Lui demanda-t-il.

         - Lesquels ? Répliqua Adonis en expirant l’air chaud qui envahissait ses poumons.

         - Elle a parlé d’un accident, quand le métro ne s’est pas arrêté et a dévasté le spaciodrome. Les policiers doivent nous attendre là-bas. Nous pourrions créer une diversion en leur envoyant un métro fou.

         - Nous ne pouvons pas sacrifier les passagers, refusa Adonis.

         Eden ne souhaitait pas abandonner son idée si facilement. Il argumenta.

         - Je prendrais les commandes de l’appareil pendant que tu videras les wagons à chaque station.

         A tout réfléchir, l’idée ne déplaisait pas à Adonis. La surchauffe provoquée par un tel accident priverait probablement l’étage d’énergie comme cela s’était produit lors du précédent accident. Les installations étaient vétustes et n’avaient pas dû être modifiées depuis longtemps. Sans énergie, les policiers ne pourraient plus communiquer avec la Ceinture et la Ceinture perdrait le contrôle de la fermeture des sas du spaciodrome du niveau 57.

         - Je marche avec toi, fit Adonis.

         Devant eux, le conduit d’aération se terminait par une grille de la hauteur d’un homme. Un grondement assourdissant suivi d’un violent souffle d’air chaud projeté hors de la grille, emplit brusquement le conduit d’aération. Le bruit ne dura pas et s’estompât rapidement. Eden et Adonis comprirent que la grille donnait sur la voie du métro et qu’un train venait de passer.

         La grille céda sous le feu du laser de l’arme d’Adonis. Les deux jeunes hommes remontèrent la ligne de métro et se cachèrent dans un léger renfoncement, à quelques mètres de la station qui était désertique.

         Eden traçait les plans de combat.

         - Je reste ici pour m’occuper du chauffeur. Pendant ce temps, tu gagnes le quai et tu montes dans la dernière voiture. Tu remonteras tout le train jusqu’à la cabine de pilotage pour en chasser les passagers.

         Les roues du métro grincèrent sur les rails quand il freina à son arrivée en gare. Le train ne comportait que quatre voitures. Adonis ne monta pas immédiatement dans le métro. Il attendit, regardant Eden qui sortait furtivement du sombre tunnel pour monter dans la cabine de pilotage. La porte était bloquée de l’intérieur et le jeune homme ne parvint pas à l’ouvrir.

         Adonis lui fit signe de monter quand même dans la première voiture. Eden s’exécuta. Adonis grimpa à son tour dans le train, juste avant la fermeture des portes. La dernière voiture était vide, Adonis n’eut pas besoin d’en chasser les passagers. Il se contenta de faire fondre les mécanismes d’ouverture des portes avec son laser, afin d’empêcher d’éventuels passagers de monter à la station suivante.

         Le train sortit du tunnel et s’arrêta en gare. Adonis quitta son wagon et brûla de l’extérieur la dernière serrure utilisable de la voiture. Il courut sur le quai pour remonter le train et sauta dans la première voiture où Eden l’attendait.

         Adonis braqua les deux seuls passagers de la première voiture et les força à descendre du train à la dernière minute, lorsqu’une sonnerie annonçait déjà la fermeture des portes. Eden désigna du doigt la porte vitrée qui les séparait de la cabine de pilotage.

         - Il n’y a pas de chauffeur, tout est automatique, expliqua t-il à son frère. Mais il y a quand même des commandes manuelles. La vitre qui isole la cabine est blindée.

         Adonis régla son pistolet sur la puissance maximum et fit exploser la porte sous le regard médusé d’Eden. Il se dépêcha de détruire les serrures des portes de sa voiture car le métro entrait dans une nouvelle gare. La seule porte qu’il avait laissée intacte s’ouvrit normalement à l’arrêt du train.

         - Ne laisse entrer personne, ordonna t-il à son frère avant de bondir sur le quai pour monter dans la deuxième voiture.

         Il devait y avoir une dizaine de personnes. Il les chassa du wagon en les menaçant avec son arme. Les derniers passagers effrayés venaient de sauter sur le quai lorsque les portes se refermèrent. Le train reprit sa course. Adonis condamna les ouvertures de cette nouvelle voiture et procéda de même à la station suivante avec le troisième wagon qui était presque bondé.

         Après avoir fait le vide dans le train, il rejoignit Eden dans la première voiture. Son frère se familiarisait déjà avec les commandes de l’appareil.

         - Je vais mettre la sauce, s’écria Eden tout excité.

         - Attends plutôt la dernière station avant le spaciodrome, conseilla Adonis. Cela nous évitera de rattraper le train qui nous précède.

         Après un dernier arrêt, Eden poussa à fond les commandes du métro. L’appareil prenait de la vitesse, il traversa le tunnel en trombe. Les commandes bloquées, les deux garçons sautèrent en marche avant que le train n’atteigne sa vitesse maximum. Ils se ramassèrent dans une zone d’aiguillages et roulèrent sur des rails parallèles à ceux de leur métro.

         Leurs corps étaient couverts de contusions multiples, mais ils avaient atteint leur objectif. Le métro fou lancé à toute allure prit de la vitesse dans les derniers mètres et arracha les buttoirs en fin de voie. Il enfonça le mur du spaciodrome et traversa la piste en défonçant les navettes qui se dressaient sur son passage. Certains vaisseaux explosèrent dans un déluge de feu, embrasant les installations de la spaciogare.

         Le métro arrêta sa course folle en pulvérisant la tour de contrôle du spaciodrome. Des incendies se déclenchèrent de tous les côtés, l’alimentation en énergie fut coupée, plongeant les pistes du spaciodrome et tout le niveau 57 dans le noir le plus complet.

         Eden et Adonis suivirent les traces de destruction du train. Les pistes du spaciodrome étaient parsemées d’incendies et de carcasses en feu de navettes. Des pompiers se pressaient dans l’affolement général pour éteindre les foyers qui se déclenchaient de tous les côtés.

         Les sas étaient ouverts, on entendait nettement le bruit de la tempête de pluie qui sévissait à l’extérieur de la pyramide. Eden et Adonis montèrent à bord d’une petite navette, ouverte et prête au décollage. Son propriétaire, surpris par l’accident du métro, avait dû fuir dans la panique générale.

         Adonis prit les commandes de l’appareil et le mit en route. Cet appareil médiocre n’avait pas les ailes rabattables et la cabine de pilotage ne coulissait pas pour faciliter le décollage. Il traversa néanmoins la piste sans heurt et prit son envol pour affronter la tempête de pluie de Phylis.

         La navette passa le sas.

         - En route vers la liberté, s’écria Adonis en manœuvrant l’appareil entre les bourrasques.

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:10

 

L’aube de Fondation d’Isaac Asimov, publié en 1993, est le septième roman du Cycle de Fondation dans l’ordre d’écriture et le deuxième dans l’ordre chronologique.

 

L-Aube-de-Fondation-Asimov.jpg

 

Hari Seldon travaille au développement de la psychohistoire, aidé par Eto Demerzel et financé par l’empire galactique en décadence. Les progrès sont lents, tandis qu’un mouvement politique dirigé par Jo-Jo Joranum envisage de s’emparer du pouvoir.

 

L’empereur Cléon est finalement assassiné et une junte militaire opère un coup d’état. Les recherches de Hari Seldon sont menacées lorsque la junte est renversée par une émeute populaire.

 

Malgré ces événements, la psychohistoire se met en place peu à peu. Seldon parvient à réaliser quelques prédictions sur un futur proche. C’est alors qu’il va décider de créer deux fondations pour assurer l’avènement d’un nouvel empire galactique : la première officielle et la seconde destinée à rester secrète.

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 17:04

 

Prélude à Fondation d’Isaac Asimov, publié en 1988, est le sixième roman du Cycle de Fondation dans l’ordre d’écriture et le premier dans l’ordre chronologique.

 

Prélude à Fondation Asimov

 

L’empire galactique s’étend sur quasiment toute la galaxie. Lors d’une conférence sur Trantor, la planète capitale, un jeune mathématicien âgé de 32 ans du nom de Hari Seldon démontre qu’il est possible de prédire l’avenir à l’aide de mathématiques. Il donne à cette nouvelle science le nom de psychohistoire.

 

L’empereur Cléon, désireux d’utiliser cette science pour accroître sa puissance en prévoyant les guerres et les rebellions, rencontre Hari Seldon. Mais ce dernier lui déclare que cette science est inapplicable. Irrité, Cléon demande à son premier ministre, Eto Demerzel, de tuer Seldon.

 

Hari Seldon rencontre un journaliste mystérieux du nom de Chetter Hummin. Ce dernier parvient à le convaincre de tout faire pour rendre la psychohistoire applicable dans le but de sauver l’empire galactique qui est en pleine décadence.

 

Mais Demerzel et Hummin ne font qu’un.

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:36

 

         Le protonyx de Wacé avait arrêté son assaut contre la porte de l’hôtel pour se tourner en direction de son congénère monté par Oued.

         - Mettez-vous à l’abri dans l’hôtel, ordonna Wacé à ses policiers en profitant de la confusion.

         Le sparapet avait immédiatement mis ses ordres à exécution. Ecartant les morceaux de taule déformés par le protonyx, il s’était faufilé à l’intérieur de l’hôtel, aussitôt imité par ses hommes. Il était temps car les Immortels de l’escorte d’Oued venaient tout juste d’apparaître au coin de la rue.

         Wacé et ses hommes assistèrent tranquillement au spectacle de derrière les fenêtres de l’hôtel. Quelle ne fut pas la surprise des Immortels lorsqu’ils se trouvèrent nez à nez avec un deuxième protonyx, bien plus agressif que le leur et non muselé.

         L’animal de Wacé siffla de colère en apercevant son frère de sang emprisonné dans des harnais. Il gratta le sol de sa patte avant droite pour impressionner les Immortels. Comme ces derniers ne reculèrent pas d’un pouce, mais brandirent au contraire leurs armes laser sur lui, il leur sauta à la gorge.

         Le protonyx s’empara d’un soldat qu’il mordit au bras. Il n’avait pas encore relâché l’étreinte de ses crocs que le jeune homme empoisonné par le venin avait déjà vieilli d’une centaine d’années. La métamorphose avait laissé un sourire de mort sur ses lèvres desséchées et retroussées.

         Les soldats, l’air hagard et pétrifiés par la peur ne se défendirent pas. Ils assistèrent impuissants à la mort d’un deuxième de leurs compagnons mordu par le fauve. Oued fut brutalement renversé par sa monture qui bien que muselée, bouscula ses propres hommes et en fit tomber quelques-uns par terre rien que par la force phénoménale de sa masse. Bien à l’abri dans leur hôtel, Wacé et ses hommes assistaient avec plaisir à la déconfiture des Immortels.

         Mais le Commandeur se releva pour invectiver ses troupes.

         - Tirez ! Mais tirez donc, imbéciles ! Vous attendez que ce monstre nous transforme tous en cadavres ?

         Le protonyx envoyait voler les corps des Immortels qu’il avait transformés en simples pantins désarticulés aux masques de vieillesse. Les survivants revigorés par la présence de leur chef ajustèrent leurs armes et tirèrent sur le monstre.

         La bête atteinte au flan droit par une première salve se tordit de douleur. Elle roula par terre et un deuxième tir de laser porté avec une extraordinaire précision lui arracha une patte arrière.

         Le protonyx de Oued s’interposa entre les Immortels et son compagnon blessé. Les soldats s’apprêtaient à lui tirer dessus quand Oued intervint pour le sauver.

         - Ne le tuez pas. Il est inoffensif et nous avons encore besoin de lui pour retrouver Eden et Adonis.

         Le protonyx à trois pattes se détacha subitement de son congénère et se rua sur le Commandeur. Oued dégaina son arme, pointa la tête de l’animal et tira. Le trait de laser bleu frappa l’animal au thorax, brûlant chair et poils. La bête poussa un sifflement empreint de douleur. Cruellement blessée, elle continua cependant à trottiner en direction du Commandeur avec la ferme intention de le tuer avant de mourir.

         Celui-ci n’eut pas le temps de tirer. Ses hommes criblèrent de tirs nourris le monstre qui s’effondra sur ses pattes avant. Il gisait pratiquement consumé au milieu de l’artère. Le deuxième protonyx s’approcha pour lécher, au travers de sa muselière, l’amas de chair calcinée, derniers restes de son malheureux compagnon.

         Wacé et ses hommes avaient profité de la lutte entre les Immortels et la bête pour reprendre leur souffle précédemment écourté par la course qu’ils avaient dû mener à la suite de leur protonyx. Le sparapet avait décidé de laisser cinq de ses hommes dans l’hôtel avec son chef des gardes, tandis qu’il tentait une sortie avec cinq autres policiers.

         Wacé dénombra rapidement les troupes Immortelles survivantes. Six hommes dont Oued avaient échappé à la folie meurtrière du monstre. Les policiers du sparapet firent feu sur les rescapés sans aucune pitié.

         Les Immortels qui avaient complètement oublié la présence de Wacé et de ses hommes réagirent avec un délai de retard. Un Immortel surpris par la nouvelle attaque dont il faisait l’objet ne se dégagea pas assez rapidement. Un tir de laser le toucha en plein coeur. Ses compagnons eurent le réflexe salutaire de s’abriter derrière la dépouille encore fumante du protonyx qu’ils avaient abattu.

         Wacé et ses hommes tiraient sur le cadavre, mais les Immortels survivants étaient hors de portée. Ce furent désormais Wacé et ses compagnons qui se retrouvèrent en première ligne. Les Immortels à l’abri derrière le corps du protonyx, leur tiraient dessus. Un policier de Phylis fut blessé à la poitrine.

         Sous la conduite de Wacé, les autres policiers s’étaient abrités à temps derrière un petit véhicule abandonné au milieu de la chaussée. Ils étaient couverts par les policiers restés dans l’hôtel et qui tiraient sur les Immortels des fenêtres du rez-de-chaussée. Les deux camps échangeaient des tirs nourris et campaient sur leurs positions.

         Le protonyx survivant était l’enjeu des combats. Wacé espérait pouvoir s’emparer de l’animal afin de poursuivre la chasse à l’homme. C’était sa dernière chance de retrouver Eden et Adonis. Le sparapet regarda désespérément en direction de l‘hôtel. Le chef de sa police allait-il avoir la présence d’esprit de monter aux étages pour débusquer les Immortels derrière le cadavre du protonyx ?

         Des tirs issus du dernier étage de l’établissement répondirent à son interrogation. Les Immortels étaient désormais assaillis de presque tous les côtés. De la droite, de la gauche et maintenant d’en haut. Le cadavre du protonyx n’était plus qu’une protection dérisoire.

         Alors que tout semblait perdu pour Oued et ses alliés, une salve tirée du camp Immortel mit le feu au véhicule qui servait de protection au sparapet. Celui-ci explosa, tuant sur le coup deux policiers. Un autre fut grièvement blessé. Wacé en reprenant connaissance après un bref étourdissement entendit Oued se réjouir.

         - On les a eus. Faites moi brûler cet hôtel maintenant.

         Les Immortels tirèrent à travers les fenêtres du premier étage, embrasant les cloisons intérieures qui étaient extrêmement fumigènes. Le feu et la fumée se répandirent très rapidement dans les étages supérieurs, délogeant les tireurs embusqués. Leur retraite étant coupée par l’escalier en flammes, ils sautèrent dans un moment de panique du troisième étage et s’écrasèrent sur la chaussée.

         Wacé contemplait avec horreur ce retournement de situation. Les flammes léchaient la façade noircie de l’hôtel et les cadavres de ses hommes gisaient tout autour de lui sur la route. Aidé par un policier, dernier survivant des hommes qui l’accompagnaient, il se replia dans l’hôtel, couvert par les tirs des quelques policiers restés au rez-de-chaussée, le seul niveau de l’établissement qui n’avait pas encore été ravagé par les flammes.

         A l’intérieur de l’hôtel, les partisans de Wacé se comptèrent. Ils n’étaient plus que cinq en comptant le chef des gardes et le sparapet. A l’extérieur, Oued pouvait encore rassembler autant d’hommes. Mais ils n’en étaient pas sûrs. D’autres Immortels avaient peut-être été tués lors des derniers combats. Dans ce cas, leurs ennemis seraient moins nombreux qu’eux.

         - Que faisons-nous ? Demanda le chef des gardes au sparapet. Continuons-nous le combat ?

         Wacé aurait bien aimé régler leur compte aux derniers Immortels qui le narguaient dans la rue. Mais le plafond du rez-de-chaussée se craquelait dangereusement, annonçant qu’il ne pourrait pas soutenir encore longtemps les étages supérieurs de l’hôtel ruinés par les flammes.

         - Nous ne pouvons pas rester là, décida t-il avec regret. Cet hôtel va bientôt s’écrouler.

         - J’ai repéré une porte de service dans la cuisine, à l’arrière du bâtiment, proposa le chef de la police.

         Cette nouvelle réconforta Wacé qui craignait d’être contraint d’effectuer une sortie sous le tir des Immortels.

         - Allons-y, fit-il.

         Les cinq hommes se replièrent en ordre en direction de la cuisine. A l’extérieur, les Immortels usaient toujours leurs lasers contre la façade de l’hôtel. Les policiers et Wacé quittèrent l’édifice lorsque celui-ci s’effondra comme un château de cartes dans un craquement sinistre. Le bruit avait été bref mais assourdissant.

         Les hommes du sparapet étaient comme hypnotisés devant cet amas de décombres fumants.

         - Ne restons pas là, ordonna Wacé. Oued et ses hommes vont probablement essayer de nous poursuivre.

         Evitant le coin de la rue qui les aurait conduits droit sur les Immortels, ils remontèrent la petite artère qui desservait l’arrière de l’hôtel. Après avoir couru pour s’éloigner le plus possible de la zone critique, ils poursuivirent leur chemin en marchant.

         Le calme qui régnait dans les rues tranchait avec la frénésie des combats qu’ils venaient de livrer. Il leur semblait qu’ils avaient vécu un mauvais rêve et qu’ils venaient de se réveiller.

         Wacé quant à lui nageait encore en plein cauchemar. Il n’arrivait pas à comprendre comment il avait pu échouer si près du but. Il était à deux doigts de retrouver Eden et Adonis quand Oued était venu troubler le jeu. Le sparapet n’avait pas prononcé un mot depuis qu’ils avaient fui l’hôtel en flammes. Son silence inquiétait ses compagnons qui le suivaient sans savoir où il les emmenait.

         - Avez-vous des projets précis ? Lui demanda le chef des gardes.

         - Oui, répondit brièvement Wacé.

         - Pourriez-vous nous en faire part ? Insista le policier.

         - Nous allons rejoindre nos véhicules à l’étage inférieur puis nous nous dirigerons vers le spaciodrome.

         Wacé espérait entrer en contact avec Syris afin qu’elle vienne les chercher avec sa navette. Ils quitteraient alors Phylis pour se cacher sur l’une des innombrables planètes de l’Empire.

         A une intersection, les cinq hommes retrouvèrent leur itinéraire de l’aller. Les rues se remplissaient à nouveau de badauds et retrouvaient leur intense activité habituelle. Les corps des victimes des protonyx avaient été ramassés. Il ne subsistait plus une seule trace des terribles événements qui avaient ensanglanté la capitale.

         Alors que les cinq hommes déambulaient tranquillement, une grosse femme négligée, vêtue d’une vieille robe rapiécée et aux longs cheveux gras, fixa attentivement Wacé. Son regard accusateur mit le sparapet mal à l’aise. Soudain, elle se mit à pousser des hurlements insupportables.

         - C’est lui. C’est lui, je l’ai bien reconnu, s’égosilla t-elle en désignant Wacé et ses hommes du doigt. C’est le sparapet sanglant, le tueur au protonyx.

         - Ne faites pas attention à cette pauvre folle, conseilla Wacé à ses hommes. Continuez de  marcher comme si de rien n’était.

         Les promeneurs s’étaient tous retournés pour les dévisager. La haine emplissait leurs regards froids. Ils se pressaient maintenant autour de Wacé et de ses policiers pour les regarder comme des bêtes curieuses. Le sparapet les poussa pour les obliger à continuer d’avancer.

         Les passants réagirent en enserrant plus fort les cinq hommes et en les bousculant assez violemment. Wacé qui avait l’habitude de ce genre d’émeute garda parfaitement son calme contrairement à ses compagnons qui craignirent de se faire lyncher par cette foule hostile.         

Le sparapet avait appris à maîtriser les mouvements de foule et celle-ci ne lui semblait pas être très menaçante. Il ne voyait autour de lui que des femmes et des vieillards. Il avait maintes fois donné ordre de dissoudre à coups de canons lasers des émeutes de ce type sur Phylis. A chaque fois, les gens se dispersaient en désordre dès que les premiers morts tombaient à terre.

         La grosse femme qui était à la source de ses ennuis beuglait de plus belle devant lui. Elle semblait jouer un rôle, reprenant toujours le même refrain qui leur cassait les oreilles.

         - C’est lui. C’est le tueur au protonyx.

         Wacé arma son pistolet laser, le régla sur l’intensité de feu la plus forte et grilla d’un seul jet la grosse femme. Sa bouche noircie toujours ouverte n’émettait plus un seul cri. Un silence de mort plana sur la rue. Wacé avait toujours considéré qu’il fallait résoudre les problèmes à la racine.

         La foule recula lorsque le squelette carbonisé tomba sur le sol. L’odeur de chair brûlée calma les esprits, les gens se dispersèrent sans un bruit. L’exemple avait été plus efficace que le sparapet n’avait osé l’espérer. Il s’était en effet déjà préparé à la perspective de devoir encore griller deux ou trois personnes.

         Wacé rengaina son arme avec soulagement sous le regard médusé de ses compagnons. Ils ne savaient pas s’ils devaient le blâmer pour sa cruauté ou le remercier de les avoir sauvés de cette foule hystérique. Le chef des gardes fit quand même savoir au sparapet qu’il trouvait ses méthodes quelques peu expéditives.

         - On ne peut pas vraiment dire que vous faites dans le détail.

         - Le monde ne vous fera jamais de cadeau, répliqua Wacé. Dans cet univers de requins il n’y a qu’une seule loi : tuer ou être tué.

         Les badauds vaquaient à leurs occupations comme s’il ne s’était jamais rien passé. Lorsque le cadavre grillé serait ramassé par des anonymes, plus rien ne laisserait présager du drame qui s’était déroulé dans cette rue.

         Les cinq hommes étaient libres de poursuivre leur route tranquillement. Aucun autre incident ne vint troubler leur traversée des artères du niveau 58. Ils retrouvèrent sans problème l’escalier qui les avait obligé à abandonner leurs véhicules. Ceux-ci les attendaient toujours au pied de l’escalier.

         Ils les attendaient, mais dans quel état. Wacé et ses hommes n’en croyaient pas leurs yeux. Les deux véhicules avaient été retournés et étaient totalement inutilisables. Mais plus que la destruction des voitures, ce furent les cadavres qui les choquèrent. A la vue du macabre spectacle, leur sang se glaça dans leurs veines.

         Les corps des personnes tuées par le protonyx avaient été empalés et hissés sur les deux voitures renversées. Wacé dénombra une dizaine de cadavres. Mais ce n’était pas le nombre qui était impressionnant. C’était plutôt leur attitude. Les pieux traversaient les cadavres de part en part et ressortaient par la bouche de leurs visages défigurés par les rides.

         Pour la première fois de sa vie, Wacé éprouva réellement de la peur.

         - Fuyons, fit-il en devenant blanc comme un linge.

         - Ceux qui sont à l’origine de cette comédie ont voulu nous effrayer, temporisa le chef de la police. Ne tombons pas dans leur jeu.

         Wacé paniqua.

         - Je ne donne pas cher de notre peau si nous rencontrons les auteurs de cette sinistre mise en scène, s’écria t-il.

         La terreur du sparapet était contagieuse. Les quatre policiers pressentirent à leur tour qu’un grand danger les menaçait. Ceux qui s’étaient donné tant de mal pour orchestrer ce spectacle ne seraient certainement pas aussi intimidables que la foule qui les avait pris à parti au niveau supérieur.

         Ils coururent dans la ruelle et débouchèrent dans une belle avenue qui traversait la pyramide de part en part et qui conduisait directement au spaciodrome. C’était dans cette rue que le protonyx avait fait le plus de victimes. L’animal n’en était alors qu’au début de sa course meurtrière et les gens n’avaient pas encore été avertis du fléau qui les menaçait. C’était dans cette rue également que le sparapet et ses hommes avaient rencontré la plus forte hostilité.

         Cette gigantesque avenue était désertique, ce qui éveilla les soupçons de Wacé, mais ce dernier était trop pressé d’arriver au spaciodrome pour envisager d’emprunter un autre itinéraire qui les aurait rallongés. Il regretta rapidement son choix.

         A une intersection, des hommes sortirent des deux rues perpendiculaires à l’avenue et leur barrèrent le passage. Wacé et ses hommes voulurent faire demi-tour, mais le même phénomène se produisit à l’autre intersection derrière eux. Ils étaient pris en étau.

         Cette foule n’était composée que d’hommes, pour la plupart armés de couteaux. Il n’était pas difficile de deviner leur intentions. Ils étaient beaucoup trop nombreux et bien trop déterminés pour être simplement dispersés à coups de pistolets lasers. L’étau se resserrait autour des cinq hommes. Alors que les individus leur faisaient face, Wacé joua son va-tout. Peut-être respecteraient-ils son pouvoir, espéra-t-il encore ?

         - Poussez-vous, gueux, éructa t-il avec toute l’arrogance de la noblesse.

         Il avait été magnifique dans son rôle, mais il n’obtint pas l’effet escompté. Sa prestance aurait impressionné les femmes et les enfants qu’il avait croisés à l’étage supérieur, mais certainement pas les hommes qui se dressaient devant lui.

         Pour seule réponse, un malotru enfonça la lame de son couteau dans la gorge du chef des gardes qui se tenait à côté de Wacé. Le malheureux se vida de son sang sans avoir eu le temps de pousser un râle d’agonie.

         Wacé et les trois policiers survivants répliquèrent en taillant en pièce la foule qui les entourait à l’aide de leurs pistolets lasers. Les deux premiers rangs s’effondrèrent brûlés, mais ils furent submergés par une troisième rangée d’excités.

         Pendant que les couteaux lui déchiraient les entrailles, Wacé eut l’amère pensée de ses ambitions qui disparaissaient dans les quartiers les plus misérables de sa capitale. Lui qui rêvait de gloire était livré en pâture à des sauvages.

         Les policiers à ses côtés avaient déjà été complètement dépecés par la foule en délire. Des dizaines de mains couvertes de son sang s’affolaient sur son visage et arrachaient ses longs cheveux bouclés. Elles l’étouffaient et finirent par lui arracher le coeur, mettant définitivement fin à ses souffrances.

 

Chapitre 30                                                                  Chapitre 32 

 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:51

 

Terre et Fondation est le cinquième roman du Cycle de Fondation d’Isaac Asimov publié en 1986 aux Etats-Unis.

 

Terre et Fondation Asimov

 

Golan Trevize a choisi le meilleur avenir qu’il estimait possible pour l’humanité. Une synthèse complète entre le matérialiste de la Première Fondation et le spiritualisme de la Seconde. Le modèle s’appelle Gaïa et le projet Galaxia.

 

Mais Golan Trevize est tourmenté par son choix qui implique selon lui la fin de l’indépendance des individus. Il sent que la réponse à ses interrogations se trouve sur la Terre, le berceau perdu de l’humanité.

 

Mais où trouver cette planète dont toute trace a été supprimée des archives ?

 

Commence alors une quête qui va le mener de planète en planète jusqu’au but ultime.

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 21:02

 

Fondation Foudroyée est le quatrième roman du Cycle de Fondation d’Isaac Asimov publié en 1982 aux Etats-Unis.

 

Fondation-Foudroyee-Asimov.jpg

 

Isaac Asimov écrivit ce quatrième opus près de trente ans plus tard sous la pression de ses fans.

 

Prévoyant la chute de l’Empire Galactique, un savant nommé Hari Seldon a créé deux fondations, l’une officielle, l’autre secrète et mystérieuse pour préserver la civilisation du chaos.

 

498 ans plus tard, tandis que la Première Fondation croit avoir éliminé la Seconde, des événements mystérieux se produisent. S’agit-il de la Seconde Fondation qui aurait finalement survécu. Ou bien d’un nouveau protagoniste qui opérerait à l’insu de tous ?

 

Golan Trevize, originaire de la planète Terminus, enquête et part à la recherche de la Terre dont les coordonnées ont mystérieusement disparues des archives.

 

Il découvrira Gaïa, une planète mystérieuse.

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:51

 

         Le protonyx gisait en silence sur la pelouse artificielle de la pointe transparente de la pyramide de Phylis 1. La muselière de métal lui enserrait le visage comme un masque de carnaval et était destinée à lui interdire de mordre qui que ce soit quand il se réveillerait. Deux Immortels emmenaient les cages aux portes grandes ouvertes qui ne servait plus à rien.

         A quelques mètres de là, Oued et Syris veillaient sur le sommeil de l’animal. Le Commandeur regrettait de ne pas avoir placé la muselière dès qu’ils avaient capturé la bête sur Iadès. Cela leur aurait évité de la rendormir, leur faisant perdre un temps précieux sur le sparapet Wacé.

         Le Commandeur avait coupé les émissions de Wacé sur la grande sphère holographique pour les remplacer par les différentes liaisons avec ses troupes. Les images diffusaient en direct la prise de contrôle par les Immortels de la Ceinture de Phylis 1. La voie d’accès à la cité du bas était libre, il ne restait plus qu’à attendre le réveil du protonyx.

         Aux côtés d’Oued, Syris, enfermée dans sa bulle de verre, visionnait les événements avec angoisse. Toutes les images retransmettaient les victoires des Immortels sur la maigre police de Wacé. En quelques métaheures, la planète était entièrement tombée entre leurs mains. Oued espérait ainsi supplanter le sparapet dans cette infernale chasse à l’homme.

         La seule inconnue, songeait Syris, résidait dans l’arrivée inattendue de ce deuxième protonyx. Les animaux chercheraient-ils simultanément Eden et Adonis ou, au contraire, se dirigeraient-ils naturellement vers leur congénère ? Dans les deux cas de figure, il y avait de fortes chances qu’ils se croisent dans les couloirs de la cité du bas.

         Syris avait été enchantée d’apprendre que le sparapet avait finalement décidé d’avoir recours au protonyx. Sans l’aide précieuse de cet animal, les recherches se seraient enlisées et Syris ne pouvait plus se permettre de perdre du temps. Aux dernières nouvelles, avant que le Commandeur n’interrompe les émissions, Wacé et ses hommes avaient quitté leurs véhicules pour suivre l’animal au niveau 58. Il était évident qu’ils approchaient du but.

         La Doyenne s’était bien gardée d’en parler au Commandeur des Immortels. Il fallait qu’il se débrouille par ses propres moyens. Elle avait également omis de mentionner l’existence du deuxième protonyx, celui de Wacé. Elle s’était reproché de ne pas avoir eu la brillante idée d’utiliser une muselière pour neutraliser l’animal. C’est pourquoi elle ne s’était pas vantée auprès d’Oued d’avoir déclenché un véritable massacre.

         Un peu avant l’arrivée des Immortels sur Phylis, Syris avait donné un point de ralliement à Wacé. Il devait la rejoindre au spaciodrome de l’étage 57 dès qu’il retrouverait Eden et Adonis. Elle espérait encore échapper aux Immortels en se cachant sous les nuages de pluie de la planète. Si cela s’avérait nécessaire, elle se servirait des deux jeunes hommes comme otages.

         Ils étaient trop précieux pour que Oued les sacrifie. Surtout Adonis. La Doyenne deviendrait  intouchable dès qu’elle les tiendrait sous sa coupe. Elle serait alors libre de se faire transplanter dans l’un des deux garçons sans que Oued et Sappho puissent s’y opposer. Elle avait fait son choix entre les deux proèdres. Ce serait Eden, par défaut, car Sappho ne lui pardonnerait jamais d’écraser le cerveau de son jeune amant.

         Le protonyx allongé sur le sol bougea une patte comme s’il avait voulu frapper un ennemi imaginaire. Son sommeil devenait plus léger, mais il était encore dans l’incapacité de se relever.

          Syris songea avec bonheur que cet animal faisait gagner malgré lui un temps précieux à Wacé. Elle n’avait pas pardonné au Commandeur les menaces de destruction qu’il avait proférées à l’égard de l’Apanama. Oued et ses hordes noires étaient devenus un danger trop important pour les savants. Il fallait absolument empêcher qu’il ne gagne encore plus en puissance. Il fallait l’empêcher d’épouser Sappho et pour cela il ne fallait pas qu’il retrouve Adonis le premier. Syris savait que l’Impératrice serait prête à lui accorder la moitié de l’univers si elle lui rapportait Adonis. La Doyenne se contenterait volontiers d’un seul être comme récompense : Eden.

         Tous les espoirs de Syris reposaient sur Wacé. Si lui et les deux proèdres parvenaient à quitter la cité du bas grâce au spaciodrome du niveau 57, ils n’auraient ensuite pas beaucoup de mal à s’échapper de Phylis à bord de la navette de la Doyenne.

         Syris, échaudée par tous les projets qui avaient jusqu'à présent avorté, n’osait plus se projeter dans l’avenir. Elle en avait assez des désillusions et elle ne savait même pas où en était Wacé dans la cité du bas. Peut-être avait-il retrouvé la trace des deux princes ou peut-être les avait-il définitivement perdus ?

         Le protonyx secoua sa tête sur la pelouse artificielle, sa queue battait l’air. Il essaya de se dresser sur ses pattes, mais encore groggy, retomba d’un coup sec à terre sur le flan. Oued ne cacha plus son impatience.

         - Cette maudite bête ne se réveillera t-elle jamais ?

         - Vous lui avez donné une forte dose de somnifère, expliqua Syris.

         - Nous n’avions pas le choix, se lamenta le Commandeur. Nous ne voulions pas prendre le risque qu’il se réveille avant que nous ayons eu le temps de lui poser sa muselière.

         Syris était étonnée de ne pas apercevoir beaucoup plus de soldats autour du Commandeur. Elle sonda discrètement ses intentions, prenant un ton compatissant.

         - Vous n’avez pas beaucoup d’hommes pour vous escorter dans ces quartiers malfamés.

         - Dix Immortels m’attendent au niveau de la Ceinture afin de m’accompagner.

         Wacé était parti avec le même nombre d’hommes, à quelque chose près. C’était suffisant au début puisqu’ils étaient protégés par leurs véhicules. Mais maintenant qu’ils circulaient à pied, leur expédition se retrouvait considérablement fragilisée. Syris était désireuse de savoir si le Commandeur avait envisagé l’aspect de ce problème.

         - Dix hommes ! Ce n’est pas beaucoup, à moins que vous ne vous déplaciez dans des véhicules blindés.

         Le Commandeur détendit son visage d’habitude impassible. La naïveté de la Doyenne l’amusait.

         - Nous allons nous déplacer à pied, chère Syris, ce sera beaucoup plus rapide pour circuler dans les boyaux de la cité du bas. Quant au nombre de mes Immortels, je crois que vous les sous-estimez. Un seul d’entre eux vaut cent hommes.

         Syris s’était renfrognée au fond de sa bulle de cristal. Le Commandeur était bien sûr de lui, peut-être trop. Il ne fallait cependant pas non plus trop vite oublier, comme elle l’avait fait, qu’il dirigeait les troupes d’élite de l’Empire. Wacé pourra t-il leur résister ? La Doyenne s’avéra incapable de faire le moindre pronostic.

         Le protonyx reprenait lentement conscience. Voyant qu’il allait bientôt se réveiller, Oued fit signe à deux de ses hommes de s’occuper de l’animal. Les deux Immortels passèrent des sangles le long du corps du monstre puis les relièrent avec la muselière. Syris comprit très rapidement de quoi il s’agissait.

         - Un harnais ! S’exclama t-elle. Mais pour quoi faire ?

         - J’en ai personnellement eu l’idée, expliqua fièrement Oued. Avec cet appareillage, je pourrais monter le protonyx et le diriger afin qu’il ne s’éloigne pas de son objectif.

         L’animal s’était subitement redressé sur ses quatre pattes et agitait furieusement sa tête dans tous les sens. Il essayait vainement de se défaire de la muselière qui emprisonnait sa tête de reptile.

         Soudain, il s’immobilisa et leva la tête comme pour sentir l’air de la pièce. Ses sens en éveil devaient percevoir la présence de l’un de ses congénères au sein de la Pyramide. Il lança un sifflement perçant pour entrer en communication avec l’autre. Comme il ne reçut aucune réponse, il réagit furieusement. Ses pattes avant déchirèrent la pelouse artificielle des appartements de Wacé et écorchèrent la plaque de métal découverte en dessous.

         Oued bondit sur le dos de l’animal et s’empara des rênes. Le protonyx se souleva contre cette intrusion en se cabrant de toutes ses forces. Oued s’accrocha aux rênes et pressa les flancs de l’animal avec ses jambes. Peu à peu, il parvint à le dresser, lui imposant sa présence sur son dos.

         L’animal continuait à s’acharner sur le sol, montrant son désir de s’aventurer dans les étages inférieurs de Phylis 1.

         - Je suis prêt, fit Oued à ses hommes.

         Les Immortels débloquèrent les portes de l’ascenseur qui descendait jusqu’à la Ceinture. Oued guida le protonyx, serrant fermement les rênes afin de l’obliger à entrer dans la cabine. Une fois installés, l’animal et le Commandeur des Immortels entamèrent ensemble leur  descente vers le poste de sécurité.

         Au cours de la descente, le protonyx se calma un peu, mais il manifestait de nouveau son impatience à chaque palier de décompression. Dès que l’ascenseur stoppait sa progression, l’animal déchirait furieusement le plancher de la cabine à coups de griffes. Le revêtement du sol de la capsule n’était pas aussi renforcé que celui des appartements de Wacé et se perçait de petits trous que le protonyx agrandissait à chaque arrêt. Oued craignait de finir par traverser le plancher avec sa bête. Il accueillit avec soulagement leur arrivée au niveau de la Ceinture.

         Le Commandeur entraîna sa monture à travers les longs couloirs renforcés à chaque intersection par des armatures en acier. Le métal gris ajoutait une petite note triste à la froideur des angles géométriques des galeries.

         Il n’y avait pas âme qui vive dans ces longs boyaux métalliques et toutes les portes de sécurité avaient été ouvertes par les Immortels afin de faciliter le déplacement du Commandeur. Oued trouva cet endroit particulièrement sinistre. Il respira un peu quand il fit irruption dans la salle de contrôle de la ceinture. Cette pièce agréablement éclairée était emplie de dizaines de sphères holographiques de contrôle projetant des milliers de couleurs sur toutes leurs surfaces. Quel contraste avec la grisaille du reste du bâtiment !

         Oued avait du mal à contrôler son protonyx visiblement déboussolé par toute cette animation. L’animal était devenu comme fou et bousculait les appareils dans une course désorientée. Certaines sphères holographiques privées de leur alimentation s’éteignirent, les soldats intimidés par le monstre s’écartaient de son passage pour ne pas se faire renverser.

         Oued tira d’un coup sec sur les rênes. L’animal siffla de douleur puis s’immobilisa au milieu de la salle. Le Commandeur descendit de sa monture pour reconnaître les hommes qui devaient l’accompagner dans la cité du bas.

         Ils étaient dix en rang d’oignon. Ils n’avaient pas mis leur armure et possédaient un pistolet laser pour unique arme. Oued les examina minutieusement un par un. Il partait avec peu d’hommes mais il voulait s’entourer des meilleurs. Ces hommes à la tenue impeccable et au regard froid étaient superbes de détermination. Oued, immédiatement enthousiasmé, cria pour leur donner de l’ardeur au combat.

         - Etes-vous prêts à mourir ?

         - Notre vie est au service de l’Impératrice, répondirent-ils à l’unisson.

         Sans perdre un instant, Oued prit son élan pour sauter sur le dos du protonyx qui était retenu par quelques soldats. Serrant les rênes dans ses poignets, il dirigea le monstre pour lui indiquer la sortie. La bête bondit dans une nouvelle succession de couloirs, suivie par les dix gardes qui avaient entamé un énergique pas de course à sa suite.

         Une porte très longue leur barra le passage. Les Immortels restés dans le poste de contrôle actionnèrent le mécanisme d’ouverture de cet ultime rempart qui marquait l’entrée de la cité du bas. La porte se leva, découvrant une galerie très large qui se terminait par une nouvelle porte.

         Le protonyx fonça dans la galerie, talonné par les Immortels de la suite d’Oued. La deuxième porte s’abaissa devant eux et ils pénétrèrent dans une vaste salle carrée qui n’était en réalité qu’un immense monte-charge.

         Le protonyx reniflait le sol comme s’il sentait la présence d’un de ses congénères au-dessous de lui. Il gratta le plancher d’acier, mais ces griffes n’arrivaient pas à faire de trou dans ce métal très résistant.

         Un soldat qui se chargeait de programmer la destination du monte-charge se renseigna auprès du Commandeur.

         - A quel niveau désirez-vous vous rendre ?

         Le problème était cornélien. Oued n’avait pas le moindre indice pour commencer ses recherches. La cité du bas comportait plus de deux cents niveaux. Le protonyx qui continuait à gratter le sol lui donna une idée. Ils n’avaient qu’à descendre cinquante étages d’un coup et s’arrêter. Ils verraient bien alors comment réagirait le protonyx. Si le monstre continuait à chercher le sol, ils poursuivraient leur descente. Dans le cas contraire, ils remonteraient étage par étage.

         - Nous allons au niveau 150, décida le Commandeur.

         Le monte-charge se mit en branle. La descente semblait interminable et le monte-charge s’arrêtait par paliers de décompression tous les cent cinquante mètres, soit tous les quinze étages.

         Il se bloqua au niveau 150. Le protonyx griffa négativement le plancher du monte-charge.

         - Niveau 100, ordonna Oued.

         La descente infernale se poursuivit jusqu’au centième niveau. Le protonyx réagissait plus nerveusement, comme s’il approchait du but. Sentant de plus en plus distinctement la présence du sang d’Etran, il se cabra pour frapper furieusement le plancher du monte-charge à l’aide de ses deux pattes avant. A chaque fois qu’il retombait sur le sol, il faisait trembler la cabine du monte-charge. Les Immortels, impressionnés par la force du monstre, se plaquèrent contre les parois de la pièce. Oued avait de plus en plus de mal à maîtriser l’animal.

         - Niveau 50, cria t-il.

         Au cinquantième niveau, l’animal changea radicalement d’attitude. Il griffait les parois comme s’il cherchait une prise afin de grimper le long du mur. Ses griffes glissaient le long des parois métalliques en émettant un grincement perçant. Les Immortels se bouchèrent les oreilles à tel point que l’homme qui était chargé de manipuler les commandes du monte-charge entendit à peine Oued lui hurler la prochaine destination.

         - Niveau 58.

         Le Commandeur était sûr de lui. Le protonyx avait fait mine de s’avancer pour sortir du monte-charge quand ils étaient passés au niveau de cet étage. Lors du reste de la descente, il n’avait cessé de s’agripper aux murs comme s’il avait voulu remonter.

         Le monte-charge stoppa, les portes s’ouvrirent. Sans faiblir, le protonyx emmena Oued à travers les longues avenues du niveau 58. Les Immortels suivaient péniblement l’animal surexcité.

         L’artère qu’ils empruntaient était une large avenue, mais elle avait été totalement désertée par ses habitants. Oued fut surpris par ce calme inhabituel. Que ce soit sur Phylis ou sur d’autres planètes, les villes surpeuplées de l’Empire grouillaient habituellement d’une foule hétéroclite.

         Sous lui, il entendit le coeur du protonyx battre à tout rompre. L’animal ne contenait plus son impatience et faillit déraper en tournant dans une avenue secondaire sur la droite. Arrivé dans la rue, il stoppa net.

         Un protonyx blessé à l’arrière-train et à la tête était en train d’enfoncer la porte d’un hôtel. Derrière l’animal, Oued  reconnut le sparapet Wacé entouré de ses gardes.

 

Chapitre 29                                                                      Chapitre 31

 

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