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  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 22:31

 

         Adonis attendit que Sappho et Oued furent hors de vue pour se rhabiller rapidement. Réveillé en même temps que la Princesse par la lourde démarche du Commandeur, il avait fait semblant de continuer à dormir.

         Il ne regrettait pas sa prudence. L’Empereur était décédé et Eden était en danger de mort. Adonis devait quitter le palais de Sappho au plus vite afin de prévenir le Proèdre. Il devait être très rapide. Dès qu’il pénétrerait dans la partie vivante du palais, il le savait, Sappho serait immédiatement mise au courant de sa fuite.

         Adonis courut le long de la rivière de saphir et la franchit sans passer par le pont de pierre. Il gravit en cadence les marches de l’escalier du puits et déboucha dans un long couloir aux monotones murs blancs.

         Prenant ses jambes à son coup, Adonis courut à perdre haleine. Il craignait une réaction imprévue de ce palais vivant qui pouvait sans cesse changer de forme. Une sueur de peur s’échappait par tous les pores de sa peau, avertissant les murs vivants de sa mauvaise conscience.

         Adonis poussa la porte qui fermait le couloir et déboucha dans le hall désertique. Les murs tremblaient de colère, une voix sourde sortie de nulle part l’interpella.

         - Tu me trahis, Adonis.

         Le jeune homme terrorisé ouvrit la porte d’entrée et s’enfuit dans les jardins. Sans perdre une seconde, il courut en direction du palais d’Eden. Un domestique qui l’avait reconnu le fit entrer dans la demeure.

         - Je vais avertir mon maître de votre visite, dit-il.

         - Fais vite, supplia Adonis.

         Le domestique revint moins d’une minute plus tard en compagnie du Proèdre. Son air renfrogné témoignait d’une grande inquiétude.

         - Quelles sont les nouvelles en provenance du palais de ma tante ?

         - Très mauvaises. Ton père est mort et Oued et Sappho veulent ta perte.

         Le visage d’Eden vira à la terreur.

         - J’ai trempé dans un complot contre Oued et celui-ci sera bientôt au courant du rôle que j’ai pu jouer pour provoquer sa perte. Seul mon père pouvait me garantir l’impunité. S’il est mort, je suis perdu.

         - Oued a en effet été victime d’un attentat au sein même du Toledo, confirma Adonis. Toute participation à ce crime est passible de la peine capitale. Même le Proèdre n’est pas au-dessus des lois.

         - Je suis le fils unique de l’Empereur. Ils ont besoin de moi pour contrôler les protonyx.

         - Cet argument n’est pas suffisant. Sappho peut elle aussi monter sur le trône et elle n’hésitera pas à tirer profit de cet argument.

         Eden était désemparé. Il se tourna vers Adonis.

         - Que me conseilles-tu ?

         - La fuite. Dans quelques heures, la Cité Interdite sera investie par les Immortels.

         Le Proèdre prit rapidement une décision.

         - Je ne sais pas où nous allons aller, mais je te suivrai aveuglément.

         Les deux hommes sortirent du palais et disparurent dans les arbustes du jardin. Un Immortel surgi de derrière un arbre barra leur retraite et les menaça de son pistolet laser.

         - Ne bougez plus.

         - N’as-tu pas honte de trahir le Proèdre pour obéir aux ordres de Sappho ? Lui reprocha Eden.

         - Je ne suis pas au service de la Princesse. Quelqu’un d’autre m’a envoyé ici pour te tuer.

         Eden connaissait cet Immortel, mais il n’arrivait plus à se souvenir des circonstances au cours desquelles il avait pu le rencontrer.

         L’homme arma son pistolet laser.

         - Adieu, fit-il en braqua son arme sur l’héritier du trône.

         L’ectoplasme d’Adonis attaqua le soldat et dévia le tir de son arme. La salve bleue décapita un arbuste. Adonis immédiatement rematérialisé assomma l’homme contre un arbre.

         Ce contretemps avait retardé les fugitifs. Des unités d’Immortels prenaient position autour de la villa du Proèdre à moins d’une centaine de mètres des deux jeunes hommes. Adonis entraîna Eden par le bras en direction du spaciodrome.

         - Nous n’avons pas intérêt à nous attarder près de ton palais.

         Le jour commençait à poindre derrière les arbres de la Cité Interdite. Il ne leur restait plus beaucoup de temps pour quitter la planète s’ils voulaient profiter de l’obscurité pour échapper aux Immortels.

         Eden ne parvenait pas à détacher ses pensées du visage du soldat qui avait essayé de le tuer. Il était persuadé d’avoir rencontré l’homme chez lui. Les images lui revinrent soudainement à l’esprit.

         Wacé était également présent et c’était le jour où ils avaient engagé trois Immortels pour assassiner Oued.

         - Je me souviens de cet Immortel, expliqua t-il à Adonis. Je l’avais engagé avec Wacé pour tendre une embuscade à Oued.

         Adonis obligea Eden à s’accroupir derrière un buisson.

         - Nous sommes en bordure du spaciodrome. Il ne va pas être facile de nous emparer d’un vaisseau.

         - Nous pouvons prendre le mien, suggéra Eden.

         - Es-tu fou ? Nous serions interceptés dans l’espace par les Immortels avant même d’avoir pu quitter l’atmosphère.

         Des hommes étaient en train d’affréter un vaisseau sur la piste de décollage. C’était le seul appareil qui était dans la possibilité de décoller sur-le-champ.

         - Sais-tu à qui appartient cette navette, Adonis ?

         - C’est celle de Wacé. Je reconnais les armes de Phylis

         - Nous ne pouvons pas l’emprunter, alerta Eden. C’est Wacé qui a demandé à cet Immortel de me tuer.

         La lucidité d’Eden fit sourire Adonis.

         - Cela me semble être évident.

         Les deux hommes attendirent qu’il n’y ait plus personne autour de la navette pour traverser discrètement la piste du spaciodrome. Ils se faufilèrent dans le vaisseau. Les couloirs aux parois métalliques étaient intensément éclairés.

         - Nous avons de la chance, il n’y a personne, murmura Adonis aux oreilles d’Eden. Si nous arrivons à atteindre la cabine de pilotage, nous sommes sauvés.

         Les portes de la cabine n’étaient pas verrouillées. Elles s’écartèrent automatiquement sur le passage des deux hommes. Alerté par l’ouverture des portes, l’homme qui était assis aux commandes de l’appareil fit basculer son fauteuil et se retrouva face aux deux intrus.

         Adonis sortit son pistolet laser et le menaça.

         - Ne bouge pas, Wacé.

         Le jeune homme ne cacha pas sa stupeur.

         - Que faites-vous là tous les deux ? Tu peux rentrer ton arme, Adonis. Ne sommes-nous pas amis ?

         - Je ne crois pas. En venant ici, nous avons croisé l’Immortel que tu avais envoyé pour tuer Eden.

         - Je vais tout t’expliquer, tu comprendras que je n’avais pas le choix.

         - Nous n’avons pas le temps. Nous sommes poursuivis par les Immortels et nous devons quitter Gayanès le plus vite possible.

         Wacé était embarrassé.

         - Cette navette a été affrétée afin que je raccompagne Syris sur Okara. La Doyenne ne va pas tarder à monter à bord.

         - Cela n’a aucune importance, fit Adonis, nous serons partis avant. Mets les machines en route Wacé.

         Le sparapet alluma le tableau de bord et tira une manette vers lui, déclenchant le processus de décollage. Les panneaux qui fermaient la cabine s’abaissèrent, offrant à ses occupants une vue à cent quatre-vingts degrés sur la piste de décollage. La passerelle d’embarquement se releva, fermant la porte du navire. Les ailes, semblables à des ailerons de requin pliés, se redressèrent parallèlement au sol.

         Sans un bruit de moteur, le vaisseau s’élança sur la piste et prit son envol.

         - Nous sommes sauvés, s’écria Eden.

         - Ne crie pas trop vite victoire, prévint Wacé. Nous n’avons pas encore passé les barrages spatiaux des Immortels.

         - Où allons-nous ? S’inquiéta subitement Eden.

         Adonis se tourna vers Wacé, un petit sourire au coin des lèvres.

         - Tu m’as invité un jour sur Phylis. C’est l’occasion ou jamais de faire le voyage ensemble.

         Wacé n’était pas ravi par cette proposition, mais il n’avait à vrai dire pas vraiment le choix. Adonis n’avait pas relâché son attention un seul instant depuis le décollage et il n’aurait pas hésité à faire feu sur son camarade en cas de danger.

         Adonis aurait préféré emmener Eden auprès de son maître sur la Planète-Mère. Mais c’était le premier endroit où Sappho le ferait rechercher. Il ne voulait pas exposer les sages à des représailles de la Princesse.

         Dans le ciel de Gayanès, des vaisseaux Immortels se mirent en travers de leur chemin pour les intercepter. Ils souhaitaient entrer en contact avec la navette de Wacé.

         Adonis le prévint.

         - Ne fais pas le malin. Donne leur ta destination initiale.

         Un soldat apparut sur la sphère holographique de contrôle.

         - Veuillez nous donner vos coordonnées afin que nous vous accordions l’autorisation de quitter Gayanès.

         Adonis se tenait en retrait derrière Wacé pour surveiller sa réaction.

         - Je suis le sparapet Wacé de Phylis. Je dois raccompagner Syris, la Doyenne de l’Université sur Okara.

         - Nous avons été prévenus de votre départ de Gayanès, tout est en règle. Bon voyage.

         La sphère holographique s’éteignit. Il était heureusement plus facile de quitter la planète impériale que d’y arriver. Les Immortels ne s’attardaient pas dans ce sens à fouiller les vaisseaux.

         Adonis poussa un soupir de soulagement.

         - L’alerte n’a pas dû être encore déclenchée sur Gayanès.

         Il n’avait pas cru si bien dire. Il venait à peine de terminer sa phrase lorsqu’un voyant s’alluma pour avertir les passagers de la navette qu’un autre vaisseau souhaitait entrer en contact avec eux. Wacé réactiva sa sphère de contrôle.

         - Nous sommes poursuivis par cinq appareils Immortels. Ils ne vont pas tarder à nous rattraper. Que dois-je faire ?

         - Prends la communication afin de gagner du temps, conseilla Adonis.

         L’Immortel réapparut dans la sphère holographique.

         - Je vais devoir vous demander de regagner Gayanès, sparapet Wacé. Ordre du Commandeur, aucun vaisseau ne doit quitter la planète impériale.

         Wacé était conciliant.

         - Nous allons faire demi-tour.

         Adonis organisait la résistance au sein du vaisseau. Il restait très calme, malgré la précarité de leur situation.

         - Eden, tu vas t’occuper d’armer le canon laser. Quant à toi, Wacé, tu vas commencer à amorcer un retour vers Gayanès.

         Eden prit place dans un siège à gauche du poste de pilotage. Il pouvait manipuler à volonté le canon laser fixé au-dessus de la navette. Le vaisseau actionné par Wacé piqua sur la droite, donnant l’impression qu’il rebroussait chemin.

         Les navires Immortels perdirent un peu de terrain au cours de la manœuvre. Adonis s’écria à l’attention de Wacé.

         - Cap vers l’espace. Enclenche le processus d’hyperespace, direction Phylis.

         Le vaisseau changea brusquement de trajectoire, s’échappant de l’atmosphère de Gayanès. Dans la sphère holographique, le soldat en trois dimensions s’égosillait.

         - Que faites-vous ? Avez-vous perdu l’esprit ? Nous allons être obligés de vous abattre.

         Adonis s’approcha d’Eden, tout en maintenant son arme braquée sur Wacé.

         - C’est eux ou nous, lui souffla t-il. Essaye de détruire les vaisseaux qui nous poursuivent.

         Eden fit pivoter le canon et ajusta l’un des vaisseaux dans sa ligne de mire. Alors que l’appareil était au centre de son objectif, il tira. Un rayon laser partit du vaisseau de Wacé et désintégra le navire Immortel le plus proche.

         Les quatre autres vaisseaux ripostèrent par un tir nourri. Wacé louvoya pour ne pas être touché.

         - Quand allons-nous passer en hyperespace ? S’inquiéta Adonis.

         - Dans quelques secondes.

         Eden venait d’abattre un autre vaisseau Immortel. Les trois autres se rapprochaient dangereusement et ajustaient leurs tirs. Le canon de l’appareil de Wacé, touché de plein fouet, explosa.

         - On dirait qu’ils ne veulent pas nous tuer, constata Wacé.

         - Ils nous veulent vivant, confirma Adonis.

         La navette de Wacé perdait du terrain sur ses poursuivants. Les Immortels étaient sur le point de l’aborder quand une voix métallique redonna espoir aux fuyards.

         - Processus d’hyperespace enclenché. Nous allons bientôt déclencher l’ouverture d’une passerelle spatio-temporelle.

         Les vaisseaux Immortels étaient au coude à coude avec celui de Wacé.

         - Pourvu qu’ils ne s’engouffrent pas dans l’hyperespace avec nous.

         La prière d’Adonis fut exaucée. Un point noir entouré de lumière apparut devant le vaisseau et l’aspira. Le trou se referma aussitôt après, juste devant les navires Immortels. Les fuyards avaient disparu dans l’infini de l’univers.

         A l’intérieur de la passerelle spatio-temporelle, le vaisseau de Wacé fut entraîné dans un entonnoir aux parois striées de traits rouges, verts et bleus. Le tunnel se rétrécissait jusqu’à ce que les parois soient devenues d’un blanc très lumineux.

         A peine furent-ils aveuglés que les occupants de la navette furent propulsés hors de l’hyperespace, face à une planète toute grise.

         - Phylis, présenta fièrement Wacé.

         Adonis et Eden trouvèrent que l’astre était plutôt beau vu du ciel. Ils espéraient sans trop oser y croire que les Immortels d’Oued ne viendraient pas les traquer jusque sur cette planète.

 

Chapitre 18                                                             Chapitre 20  

 

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Published by Eloïs LOM
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