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  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:27

        

         Adonis avait passé la nuit et la majeure partie de la journée qui avait suivi la Joute des Couleurs en compagnie d’Eden dans son somptueux palais aux centaines de terrasses enchevêtrées d’autant de tourelles. Cet intermède avait été nécessaire pour lui permettre de se remettre de l’étonnante expérience qui lui avait été donnée de vivre au cœur de l’ectoplasme du Proèdre.

         Il ne lui avait jamais été donné de ressentir une telle ivresse de vie. En traversant le mince voile blanc translucide aux traits et à la forme du corps d’Eden, Adonis avait changé de dimension, de monde et peut-être même d’univers.

         Une intense volupté s’était emparée de ses cinq sens réunis, tandis qu’il montait vers des cieux infinis. Des milliards de couleurs s’offraient à ses yeux éblouis pour former des figures géométriques originales. Chaque couleur était associée à un parfum subtil, à un goût particulier, à une sensation tactile, ainsi qu’à une musique aux sonorités des plus mélodieuses.

         Une seule pensée était parvenue à son esprit telle une simple évidence : il venait d’accéder au saint des saints, à la demeure des dieux, en un seul mot, au Paradis. Irz’gune avait raison. Eden méritait bien de porter le prénom qui lui avait été donné le jour de sa naissance.

         A l’instant précis où Adonis avait atteint le cœur de ce mirage, il lui sembla qu’il était arrivé au terme d’une expérience mystique indéfinissable. Son corps éthéré avait plongé à travers le temps et l’espace, transcendant les dimensions de l’univers matériel. Adonis perdait tous ses repères et pourtant il ne ressentait pas la moindre inquiétude. La présence bienveillante d’Eden le guidait dans cet univers inconnu.

         L’avenir, sous forme d’images fugaces, se dévoilait. Adonis vit l’Empereur de tout l’univers périr de mort violente. Le jeune homme était persuadé que ses visions étaient prémonitoires et qu’elles n’aillaient pas tarder à se réaliser. Sans nul doute, Eden était capable de prescience, tout comme les sages de la Planète-Mère.

         Tandis qu’il se laissait submerger par l’esprit du Proèdre, Adonis perdit toute volonté. Sa conscience même semblait se dissoudre dans un horizon de lumière infinie. Le jeune homme sentait que les cellules de son ectoplasme commençaient à se disperser dans un incommensurable océan de pensées structurées.

         Une voix aimable, aux sonorités harmonieuses, l’interpella subitement :

         - Reviens à toi Adonis.

         C’était Eden qui venait à sa rencontre afin de l’empêcher de succomber au plaisir de mourir dans une volupté absolue. D’un ultime effort, Adonis émergea de l’ectoplasme du Proèdre. Il souffrit comme s’il venait d’être violemment arraché d’un profond sommeil paradoxal. C’était comme si son corps physique s’était disloqué de toutes parts.

         Les deux ectoplasmes se séparèrent dans une violente explosion d’énergie. Adonis ne revenait pas de l’effort considérable qu’il avait dû déployer pour récupérer son intégrité. Il avait été à deux doigts de perdre toute volonté et de laisser son esprit se faire littéralement submerger par celui d’Eden.

         Un spectacle des plus étranges déconcerta un peu plus Adonis au sortir de son illumination. L’ectoplasme d’Eden se multipliait sans fin en se dédoublant par paires. Chaque sosie du Proèdre ainsi créé possédait une existence propre. Ces ectoplasmes jumeaux agissaient et se déployaient indépendamment les uns des autres.

         Telles des poupées russes, les différentes images d’Eden s’emboîtèrent les unes dans les autres pour ne constituer plus qu’un seul spectre. Le Proèdre s’émerveillait des prodiges qu’il lui avait été donné d’accomplir. 

         - Tu as vu, Adonis ? C’est tout bonnement incroyable. Je ne sais pas comment je fais, mais je peux multiplier mon esprit à l’infini. Je peux être ici et partout ailleurs en même temps.

         Adonis avait partagé l’enthousiasme de l’héritier du trône. Une complicité était née entre les deux garçons. Eden, en dépit de ses nouveaux pouvoirs, ne s’enflait pas d’orgueil. Bien au contraire, il était même venu à la rescousse d’Adonis lorsque ce dernier n’était pas parvenu à émerger de son ectoplasme.

         Adonis avait été étonné de découvrir qu’il ressentait de l’affection pour le Proèdre. A priori, tout séparait les deux jeunes hommes et pourtant, ils éprouvaient l’un pour l’autre une profonde estime. L’expérience unique qu’ils venaient de vivre en se décorporant avait permis à leurs esprits de fusionner pendant une fraction de seconde. Une fraction de seconde qui leur avait paru durer une éternité.

Adonis ne s’était jamais senti aussi proche et aussi complémentaire d’une tierce personne de toute sa vie. Il se réjouissait d’avoir trouvé un alter ego en Eden, un être qui semblait si différent de lui et pourtant si semblable.

         Forts de leur amitié naissante, les deux jeunes hommes avaient discuté tout au long de la nuit qui avait suivi leur décorporation. Ils avaient encore partagé un bref moment de complicité le lendemain matin, puis s’étaient séparés en milieu d’après-midi après avoir déjeuné en compagnie de quelques fils de nobles.

         Adonis avait réussi à convaincre Eden qu’il devait regagner la suite de Sappho. Il en allait de leur intérêt commun. La Princesse ne devait absolument pas soupçonner la moindre connivence entre les deux protagonistes de la Joute des Couleurs.

         Adonis avait eu la mauvaise surprise de découvrir un nouveau palais dont la structure et les formes avaient été modelées une fois de plus au gré des fantasmes de Sappho. Il avait erré dans le dédale des longues galeries exubérantes de la demeure de la princesse à la recherche désespérée de sa chambre. La morphologie du palais avait complètement changé depuis la Joute des Couleurs et l’adolescent ne reconnaissait plus la plupart des couloirs.

         Pour le malheur du jeune homme, la demeure était désertique.

         Adonis n’était pas parvenu à percer le secret de la Princesse. Comment faisait-elle pour modifier son palais à volonté ? En l’espace d’une journée l’édifice s’était transformé en une sphère gigantesque, dont substance des parois avait muté d’un blanc poreux à une substance crémeuse très souple.

         Adonis entrevit la silhouette silencieuse d’une Mignonne de Sappho qui venait de disparaître au détour d’un couloir. Il courut après la chevelure brune qui menaçait de s’évanouir dans le dédale des salles du palais. La jeune fille se retourna en entendant les pas pressés d’Adonis dans son dos. Elle lui adressa un bref sourire.

         - Je vous ai cherché toute la journée, expliqua-t-elle. La Princesse Sappho désire vous rencontrer.

         - Où puis-je la voir ?

         - Elle se repose dans la grotte. Je vais vous y accompagner.

         Adonis n’avait encore jamais entendu parler de cette grotte. Il suivit la jeune fille à travers une succession de couloirs et d’escaliers. Arrivés au rez-de-chaussée, ils empruntèrent un passage taillé dans le roc dont la structure était parfaitement indépendante du reste du bâtiment.

         L’escalier s’enfonçait en tournant le long des parois d’un puits creusé dans la roche. Il était éclairé par une lueur intense projetée du fond de la cavité. Cette lumière bleutée était douce et chaude; la condensation qu’elle provoquait au contact des pierres froides suintait sur les parois rocheuses.

         Au fond du puits, l’escalier se terminait par une ouverture taillée dans la paroi d’où jaillissait la lumière. Bien qu’intense, elle n’était pas aveuglante.

         S’il ne s’était pas enfoncé dans un puits d’une centaine de mètres de profondeur, Adonis n’aurait jamais imaginé qu’il pénétrait maintenant dans une gigantesque grotte, creusée au sein des entrailles de la terre.

         La voûte de roc était couverte d’une colonie de lucioles microscopiques. Ces petits insectes étaient à l’origine de la lumière émise par la voûte de la grotte. Ils recouvraient entièrement les parois jusqu’à hauteur du sol, leur donnant une apparence bleue et lumineuse comme un ciel d’été.

         Le reste de la grotte n’était pas moins féerique. Le sol était tapissé d’une pelouse d’émeraudes pilées. Au milieu de cette plaine coulait une rivière de saphirs. Le contraste des couleurs était accentué par une forêt d’automne dont les arbres pétrifiés avaient été couverts de feuilles en verre coloré, jaune, rouge et marron.

         Adonis, qui avait déjà été choqué par le luxe insolent déployé dans la Cité Interdite tandis qu’une majeure partie de la population de l’Empire était plongée dans une misère absolue, se révolta intérieurement contre cet étalage outrancier de richesses.

         La beauté de la caverne l’emporta cependant sur sa rage. Il n’avait jamais rien vu d’aussi somptueux. Ce paysage reprenait toutes les merveilles de la nature et les amplifiait magnifiquement. Des effluves printaniers artificiels parvenaient même à ses narines émoustillées.

         Adonis longea la rivière de saphirs à la suite de la jeune fille qui l’accompagnait. Ils passèrent sur l’autre rive en empruntant un pont en pierres.

         Les Mignonnes de Sappho formaient une farandole autour d’un gigantesque arbre planté au sommet d’une colline. La Princesse était assise au pied de l’arbre, recroquevillée sur elle-même, les jambes ramenées sous le menton.

         Lorsque Adonis et sa compagne arrivèrent à hauteur de l’arbre, les jeunes filles venaient de cesser leur festival champêtre. L’une d’entre elles se désespérait :

         - Que pouvons-nous donc bien faire pour te dérider un peu, Princesse. Nous avons tout essayé et nous déplorons de te voir avec cette mine si triste.

         La Princesse d’habitude radieuse était en effet morne, traversée par une profonde mélancolie.

         - Je vous remercie pour votre attention, mais vous ne pouvez rien faire pour moi, si ce n’est me laisser seule.

         Sappho n’eut conscience de la présence d’Adonis qu’à l’instant où ses Mignonnes, attirées par la curiosité, se tournèrent de concert en la direction du jeune homme.

         Un immense sourire parcourut d’un trait son visage délicat et en chassa l’expression de tristesse.

         - Je t’ai cherché toute la journée, Adonis. Où étais-tu donc passé ?

         La question embarrassa le jeune homme. L’éducation qui lui avait été dispensée par les sages de la Planète-Mère lui interdisait de mentir. Mais Sappho aurait considéré comme une trahison la visite qu’il avait rendue à Eden. Il répondit le plus vaguement possible, ne dévoilant qu’une parcelle de son emploi du temps :

         - J’étais invité à déjeuner chez le sparapet Wacé.

         Il s’était bien gardé de préciser qu’il s’y était rendu en compagnie d’Eden et qu’il avait passé la soirée et la nuit précédente chez le Proèdre. A son plus grand soulagement, Sappho se contenta de cette réponse évasive.

         Elle se leva et congédia ses suivantes :

         - Je souhaite me promener seule avec Adonis. Remontez toutes au palais.

         Les Mignonnes obéirent en grommelant puis se dispersèrent. Adonis ne s’était pas entretenu en privé avec Sappho depuis la Joute des Couleurs. S’attendant à entendre des reproches de la part de la Princesse à propos de l’issue du combat, il décida de prendre les devants :

         - J’ai dû vous décevoir à la joute. Vous fondiez de grands espoirs dans ma victoire.

         Sappho le prit par le bras et l’invita à marcher à ses côtés. Elle emmena ainsi l’adolescent vers le fond de la caverne, à l’opposé du puits d’entrée.

         La Princesse n’était nullement courroucée par la défaite de son favori.

         - Tu as très bien combattu Adonis et je suis fière de toi. Pour moi, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, tu as gagné ce tournoi.

         - L’Empereur a pourtant déclaré le match nul.

         - Mon frère a déclaré ce qui l’arrangeait. Il rabaisse ainsi les Blancs qu’il jugeait trop puissants au sein du Grand Conseil et, en m’exilant, il se débarrasse de la seule opposition à son pouvoir. Depuis notre enfance, il a toujours manifesté la crainte que je ne le remplace un jour sur le Trône d’Etran. Il est persuadé que je suis la personne qui cherchera à l’assassiner.

         Adonis et Sappho s’assirent sur la pelouse d’émeraudes à côté d’un champ de jonquilles en verre coloré. Le jeune homme cherchait des paroles réconfortantes.

         - Vous ne devez pas vous laisser abattre, Princesse. Cet exil ne saurait être que temporaire.

         Sappho s’allongea sur le tapis d’émeraudes et fixa le plafond bleu de la grotte. Cela la détendait.

         - Je ne m’inquiète pas pour cet exil, confia-t-elle. Ma mélancolie à des origines beaucoup plus profondes. Ton absence prolongée m’a permis de prendre conscience de mon attachement à ton égard. Je me suis habituée à ta présence à mes côtés et je me languis quand tu es loin de moi.

         Adonis, qui s’était légèrement penché pour écouter les paroles de la Princesse, eut un réflexe de recul mais il ne fut pas assez rapide. Sappho l’attrapa par la nuque et l’attira contre elle. Elle l’embrassa sur les lèvres, communiquant au jeune homme l’ardente passion qu’il lui inspirait.

         Adonis ressentit de la culpabilité mais ne se débattit pas. Il goûtait à ce fruit interdit qui avait la saveur de l'ivresse. Les lèvres et la langue de Sappho caressaient les siennes, véritable appel au plaisir. Le jeune homme céda, détendit sa bouche crispée qui résistait passivement, et embrassa à son tour les lèvres de la Princesse.

         Il avait réagi machinalement, n’obéissant qu’à ses sens excités. Mais lorsque Sappho le poussa sur la pelouse d’émeraudes et commença à le déshabiller, il se braqua, ressentant le geste de la Princesse comme une agression. Elle voulait l’entraîner là où il n’était pas encore disposé à aller.

         - Je ne peux pas vivre sans toi, Adonis, dit-elle en déboutonnant le haut de la tenue du jeune homme. Lorsque tu es loin de moi, je te désire avec encore plus ardeur.

         Le jeune homme se dégagea de cette étreinte passionnée et se redressa pour faire face à la Princesse qui était restée allongée sur le sol. Elle avait fait glisser sa robe en soie et était complètement dénudée.

         Elle s’étira sur le sol d’émeraudes, fit onduler son bassin, puis ses bras dans le sens inverse du bas de son corps. Adonis était prostré, paralysé devant une situation qu’il ne maîtrisait pas. Son esprit s’imprégnait de désirs ardents.

         - As-tu déjà ouvert ton coeur à une jeune fille ?

         - Non.

         - Pas même sur Okara ?

         - Les seules filles que les étudiants peuvent rencontrer sur la planète de l’université sont des prostituées.

         - Tu ne dois pas avoir honte de ressentir du plaisir. Laisse toi aller et abandonne toi complètement à tes sens.

Le jeune homme était trop timoré pour prendre des initiatives. Sappho se releva et lui fit face. Elle passa sa main gauche dans le dos d’Adonis, posa sa tête sur son épaule et caressa son torse de sa main libre.

         Adonis apprécia le contact de la main douce de Sappho qui balayait minutieusement son torse avec ses doigts. Il empoigna la cuisse ferme de la Princesse et remonta sa main jusqu’aux fesses.

         Sappho cessa de caresser la poitrine d’Adonis pour dégrafer le pantalon du jeune homme. L’étoffe bleutée de la tunique qu’Eden lui avait offerte tomba sur les pieds d’Adonis, découvrant un corps nu parfaitement équilibré.

         Le jeune homme, gêné dans sa nudité face à Sappho, se rétracta. Il s’écarta de la Princesse, rougissant du spectacle qu’il lui offrait bien malgré lui.

         - Je suis un novice, je n’ai jamais eu de relation avec une femme, rappela-t-il.

         Il était intimidé par cette femme expérimentée, perpétuellement entourée de ses innombrables conquêtes féminines. Sappho le serra contre sa poitrine et lui posa une bise sur le front.

         - Tu es adorable, lui avoua-t-elle pour le rassurer. Je ne suis pas plus expérimentée que toi dans notre relation. Ignores-tu que je n’ai jamais fait une seule fois l’amour avec un homme ?

         La convoitise de Sappho se concentrait sur le sexe du jeune homme. Elle s’abaissa jusqu’aux parties génitales qui l’intriguaient tant et suça délicatement le prépuce. La verge se tendit doucement, la bouche de Sappho se retira progressivement.

         Adonis s’accroupit à hauteur de Sappho puis fit glisser leurs deux corps sur le tapis d’émeraudes. Il était en admiration devant le corps de la Princesse qu’il caressait inlassablement. Ses mains glissaient sur une peau parfumée de senteurs exotiques, ondulant au rythme des courbes infinies généreusement prononcées.

         La Princesse, en bonne enseignante, guidait les mains de son jeune amant vers ses parties les plus sensibles. Posant ses mains sur les siennes, elle accompagnait ses mouvements, lui faisant découvrir ses zones de plaisir.

         Le vagin minutieusement préparé, s’offrit totalement à Adonis qui s’enfonça au sein de la chaleur maternelle. Il s’en échappa pour y replonger aussi rapidement. Sappho jaugeait son plaisir et pivota sur le côté afin d’en accroître l’intensité. Le jeune homme, obligé de suivre le mouvement, s’habitua très rapidement à la nouvelle situation.

         La Princesse délirait d’extase. Son sexe palpitait, envahissant de voluptueux frissons tout le reste de son corps. Tandis qu’Adonis accélérait la cadence frénétique, Sappho fut traversée d’ondes frémissantes.

         La fougue de son amant, loin de se réfréner, s’emballait d’impulsions rapides dans une course au plaisir infini. La Princesse se sentit mourir de ravissement, lorsque, au sommet de son extase, Adonis se retira après avoir dispensé sa semence. Le jeune homme avait poussé quelques gémissements, puis s’était effondré sur Sappho en la plaquant dans la poussière verte de la pelouse artificielle.

         La Princesse était estomaquée.

         Son héros, littéralement vidé, s’était endormi, la tête délicatement reposée dans le creux de ses seins.

        Elle passa tendrement sa main dans la touffe blonde et soyeuse des cheveux de son amant. Fermant les yeux à son tour, elle se laissa envahir par de douces pensées.

  

Chapitre 15                                                               Chapitre 17    

 

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Published by Eloïs LOM
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