Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog du Mensékhar
  • Le blog du Mensékhar
  • : Présentation et publication intégrale de mon ouvrage de science-fiction appelé le Mensékhar
  • Contact

Visiteurs

 

Depuis le début du site, le nombre de visiteurs s'élève à :

   

Recherche

Archives

Catégories

21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 15:23

 

          Wacé, abordé de toutes parts, essayait désespérément de quitter les gradins de la salle du Grand Conseil. Ses collèges sparapets l’interpellaient méchamment, exigeant des résultats concrets à la mission qu’ils lui avaient confiée.

         -  Nous t’avons choisi comme chef. Ne nous avais-tu pas promis de nous débarrasser de la menace des Immortels ?

         - Doucement, mes frères. Mon plan doit rester secret. Sachez seulement qu’il ne devrait pas tarder à porter ses fruits.

         Un noble un peu brutal le bouscula violemment.

         - Nous exigeons des résultats avant la joute nautique.

         Wacé n’entendait pas se laisser si facilement intimider. Il frappa d’un coup sec le bras qui lui tordait le poignet. La brute émit un couinement de douleur et lâcha prise.

         - Nous agirons juste après la joute, quand nos ennemis ne s’y attendront plus.

         - Après le combat, la représentation des Immortels au sein du Grand Conseil risque d’être doublée, s’inquiéta un sparapet. Il sera alors trop tard pour s’opposer aux militaires.

         - Après le combat, Oued sera mort, promit Wacé. Sans le Commandeur, Sappho et les Immortels ne représenteront plus un réel danger pour nous.

         Wacé repoussa à coups de bras la foule des nobles qui l’assaillait de toutes parts et se força un passage afin de gagner la porte de sortie de la salle du Grand Conseil. Arrivé enfin dans la grande galerie d’où partaient les pastilles de lévitation, il respira une bouffée d’oxygène en contemplant de la vue qui dominait les jardins luxuriants de la Cité Interdite.

Ses ennuis ne faisaient pourtant que commencer. La Doyenne de l’Université, entourée de quelques sbires patibulaires, l’attendait sur la piste de décollage au milieu des appareils de lévitation.

         En apercevant les yeux sanglants qui le fixaient dans la bulle de verre, Wacé eut le réflexe de bondir sur l’une des pastilles de lévitation pour fuir, mais les gardes du corps de la Doyenne lui barrèrent le passage.

         - Je suis très déçue, sparapet Wacé, fit-elle. Adonis est plus que jamais un danger. Non seulement la menace du Mensékhar n’est toujours pas écartée, mais c’est encore tout l’équilibre du pouvoir qui risque d’être bouleversé par le résultat de la prochaine joute des couleurs.

         - J’honorerai mon contrat. Il n’y aura bientôt plus qu’un seul proèdre.

         La Doyenne colla son visage desséché aux parois de la bulle de verre. Sa figure écrasée ressemblait à une masse blanchâtre informe tâchée de deux petits points rouges.

         - Nous sommes pressés par le temps. Les protonyx commencent à se réveiller et semblent échapper au contrôle de l’Empereur.

         - Vous dramatisez.

         La vieille femme caressa la paroi de verre avec ses ongles. Le grincement aigu retourna l’estomac de Wacé.

         - Nos astronomes ont récemment détecté l’implosion d’une planète située dans la galaxie d’Hysparion. Après enquête, ils y ont relevé une quantité anormale d’antimatière. Sais-tu quel type de réaction entraîne une rencontre de matière et d’antimatière ?

         Wacé avait quelques notions de physique.

         - Les professeurs nous l’ont appris à l’Elakil. Lorsque matière et antimatière se rencontrent elles s’annihilent avec un extraordinaire dégagement d’énergie.

         La Doyenne acquiesça.

         - Heureusement, il y a plus de création de matière que d’antimatière dans l’univers. C’est pour cette raison que nous existons. Le Mensékhar est une sorte de cancer de l’univers. Les cellules des protonyx s’affolent provoquant une surproduction d’antimatière qui détruit progressivement toute la matière existante.

         - L’Empereur paralyse les protonyx et les empêche de développer de l’antimatière.

         - Le sang d’Etran perd de son efficacité lorsqu’un empereur a mis au monde deux fils. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous devons interrompre au plus tôt le Mensékhar en nous débarrassant d’Adonis. Puis-je te faire confiance ?

         Wacé restait convaincu que le jeune homme ferait un bien meilleur empereur qu’Eden. En outre, Adonis était son meilleur ami et il était incapable de le tuer. Mais il ne fallait pas non plus que quelqu’un d’autre s’en charge à sa place. Wacé n’avait pas d’autre choix que de mentir à la Doyenne.

         - Je m’acquitterai de ma mission.

         Les enjeux devenaient plus importants, mais Wacé estimait qu’il lui restait encore un peu de temps. La planète qui avait explosé était un phénomène isolé, provoqué dans une galaxie située aux confins de l’univers. Après tout, l’Empereur avait deux fils depuis près de vingt ans et les prémisses du Mensékhar venaient à peine de se manifester.

         Wacé fut rassuré de constater que le phénomène de destruction de l’univers semblait être très long. Cela favorisait ses plans car il ne pouvait pas encore se débarrasser du Proèdre, sa présence lui étant indispensable dans l’attentat qu’il projetait contre Oued. Il était obligé d’attendre la fin de la joute nautique avant de priver l’Empire de son héritier légitime.

         La Doyenne temporisa également la situation.

         - Nous devons garder toutes les cartes en main jusqu’au dernier moment. Tu attendras le résultat de la joute des couleurs avant de te débarrasser d’Adonis.

         - Je l’entendais bien ainsi.

         Wacé pouvait respirer. Il disposait d’un délai suffisant pour se tirer du mauvais pas dans lequel il s’était fourré. Il n’avait de toute manière plus vraiment le choix. Il devait suivre son plan jusqu’au bout, coûte que coûte.

         Derrière la rangée de savants qui l’entourait, Wacé avait observé un homme qui l’attendait depuis quelque temps. Il avait reconnu l’un des domestiques du Proèdre, venu probablement pour lui apporter des nouvelles du jeune homme. Wacé prit aussitôt congé de la Doyenne et aborda l’individu.

         - Avez-vous des nouvelles de votre maître ?

         - Il souhaite que vous me suiviez afin de le rencontrer.

         - Je suis à vous.

         Wacé et le domestique empruntèrent une pastille pour quitter l’aire de décollage du bâtiment du Grand Conseil. Une fois à terre, ils gagnèrent à pied le palais du Proèdre, une vaste demeure aux murs roses, agrémentée de tours et de terrasses imbriquées les unes à la suite des autres.

         Le Prince Eden les reçut sur un balcon, au premier étage de l’édifice. Il était assis sur une chaise, une jeune femme brune à la silhouette élancée se tenait à ses côtés. Après avoir introduit Wacé, le domestique s’éclipsa.

         - Vous désiriez me rencontrer, Prince Eden ?

         - J’ai d’excellentes nouvelles concernant notre affaire. Tout ce passe exactement comme vous l’aviez prévu. Des Immortels en manque de pélanine m’ont contacté pas plus tard que ce matin. Ils désirent être réapprovisionnés.

         - Vous avez refusé j’espère.

         - J’ai suivi vos consignes à la lettre. Ils devraient bientôt arriver afin que vous puissiez négocier directement avec eux.

         Le Proèdre posa sa main sur la cuisse de sa compagne. Il caressa fermement la peau et remonta fébrilement jusqu’au pubis. La jeune femme, caressée dans ses parties intimes, poussa un bref gémissement de plaisir. Troublée, elle interrompit sagement cette brève jouissance, inconvenante estimait-elle en présence de Wacé, en repoussant sèchement la main pressante de son amant.

         Wacé jugeait cette attitude déplacée indigne de la part de l’héritier de l’Empire. Le Proèdre le regardait avec un petit sourire de contentement. Que voulait-il lui prouver ? Même sa compagne réprouvait son comportement, ce qui semblait lui échapper complètement.

         - Nous allons devoir discuter de la sécurité de l’Empire. Il serait préférable que votre amie n’assiste pas à nos entretiens.

         La jeune fille allait se lever de sa propre initiative pour quitter la pièce, lorsque le Proèdre lui fit signe de rester sur son siège.

         - Elia est d’une loyauté à toute épreuve. J’en réponds comme de moi-même.

         En guise de témoignage de confiance envers la jeune fille, le Proèdre éprouva le besoin de l’embrasser entre les deux seins légèrement découverts par un décolleté échancré. Elia sursauta sur son siège, affreusement embarrassée. Fier de son acte de défiance, Eden fixa longuement Wacé. Ses lèvres se crispèrent en un petit sourire en coin, teinté d’un brin d’insolence.

         Wacé, gêné par ce comportement infantile, avait ressenti le besoin de justifier son intransigeance vis-à-vis de  la présence de la compagne du Proèdre.

         - Je ne doute pas de l’intégrité d’Elia. Je voulais simplement suggérer qu’il eût été plus prudent pour sa sécurité de ne pas la mêler à nos affaires.

         - Elia a décidé de partager mon existence. Elle doit en accepter les risques.

         La jeune fille ne voulut pas contrarier son ami.

         - Je suis prête à suivre Eden n’importe où, même si cela doit mettre mon existence en péril.

         Le domestique qui avait accompagné Wacé se présenta sur la terrasse.

         - Des Immortels attendent dans le hall. Ils désireraient avoir une entrevue avec vous.

         - Fais les entrer.

         Trois soldats d’une vingtaine d’années, munis de leurs armures noires, s’avancèrent devant Eden. Les contours de leurs yeux et de leurs lèvres étaient violacés, traces qui caractérisaient les personnes en manque cruel de pélanine.

         Le soldat le plus agressif interpella Eden.

         - Nous avons besoin de pélanine. Combien te reste t-il de doses ?

         - Je n’en ai plus.

         L’Immortel n’était pas homme à se satisfaire d’une telle réponse. Il agrippa Eden par la tunique et le tira à lui.

         - Fils de l’Empereur ou pas, je n’hésiterai pas à te régler ton compte. Tu nous as vendu cette drogue qui n’existait pas sur Gayanès. C’est trop facile, tu n’as pas le droit de cesser de nous approvisionner du jour au lendemain.

         Le Proèdre, soulevé du sol par le soldat, se tenait sur la pointe des pieds. Il aurait aisément pu se soustraire à la pression de l’Immortel, mais il préféra lui répondre tranquillement, comme s’il n’y avait pas la moindre tension entre eux.

         - Je n’ai plus de pélanine, mais l’homme qui est ici avec moi, le sparapet Wacé, est venu spécialement de Phylis pour nous livrer de nouvelles doses.

         L’Immortel relâcha la tunique d’Eden qui retomba sur ses talons. Il poussa violemment le Proèdre sur le côté afin d’apercevoir Wacé qui se cachait derrière lui. Le sparapet, en première ligne à son tour, recula de deux pas afin de ne pas subir le même sort que l’héritier du trône.

         - J’ai beaucoup de pélanine, fit-il, mais les conditions d’achat ont changé.

         L’Immortel s’avança vers Wacé d’un air menaçant. Le sparapet recula encore d’un pas, afin de rester hors de portée de l’individu. Le soldat comprit qu’il ne serait jamais assez rapide pour saisir le jeune homme. Il décida de négocier avec lui sans recourir de nouveau à une inutile intimidation physique.

         - Quel est votre nouveau prix ?

         - Il n’y a pas de prix. Vous aurez toute la pélanine que vous désirez si vous me rendez un petit service.

         Les deux soldats restés en retrait s’approchèrent pour participer à la conversation qui, ils le sentaient, les concernaient également. Leur chef accueillait avec méfiance l’insolite proposition de Wacé.

         - Quelle sorte de service veux-tu que nous te rendions ?

         - Un contrat.

         Ces Immortels méritaient plus d’être considérés comme de vulgaires mercenaires plutôt que comme des soldats d’élite. Les exigences de Wacé ne leur semblaient pas être inconcevables. Ils étaient prêts à tout pour acquérir la pélanine qui leur faisait cruellement défaut.

         - Qui désires-tu éliminer ?

         - Oued, votre Commandeur.

         A l’évocation du nom de leur chef, les trois hommes pâlirent de terreur. L’Immortel qui menait les discussions depuis le début préféra abandonner.

         - C’est trop dangereux.

         - Que craignez-vous ? S’étonna Wacé.

         - D’être punis pour le meurtre d’un Commandeur.

         - Vous serez protégés par le Proèdre, le futur Empereur de l’univers.

         Eden prit la parole à son tour :

         - Si vous accomplissez votre mission, je vous délivrerai une lettre d’immunité. N’oubliez pas que le Proèdre, s’il est doté de peu de pouvoirs, dispose néanmoins du droit de grâce. Cela vaut pour tous les crimes.

         L’Immortel était sur le point de se décider.

         - Il nous faudrait une assurance.

         - Aucun problème, assura Eden. Je vais immédiatement vous signer des laissez-passer qui vous accorderont une totale immunité au nom de la raison d’Etat.

         Les papiers une fois préparés, les trois Immortels reçurent chacun une dose de pélanine afin de combler leur manque. Wacé leur donna quelques dernières consignes.

         - Je ne veux savoir ni quand ni comment vous commettrez votre forfait. Vous avez le choix des armes et du lieu. Vous devez simplement attendre la fin de la joute nautique pour passer à l’action.

         Wacé quitta le palais du Proèdre en même temps que les Immortels. Il salua Eden avant de partir.

         - Tout fonctionne à merveille. Nous avons fait du bon travail.

         - Je suis très satisfait, avoua Eden. Si votre plan porte ses fruits, plus rien ni personne ne pourra se dresser entre le trône et moi.

         Lorsqu’il fut sorti du palais du Proèdre, Wacé accéléra le pas afin de rattraper le dernier des trois Immortels qui traînait dans les jardins, quelques mètres devant lui. Deux Immortels suffiraient amplement pour assassiner Oued, estima-t-il.

         Wacé avait une nouvelle mission bien plus importante à confier au troisième lascar.

   

Chapitre 9                                                                 Chapitre 11    

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Eloïs LOM
commenter cet article

commentaires

jardind-evy. 23/09/2010 11:40


merci a toi bonne apétit bisous evy


evy 23/09/2010 10:27


bonjour merci pour ce partage bonne journée biz evy


Eloïs LOM 23/09/2010 11:24



J'aime bien les articles de ton site et de ta communauté : c'est très diversifié et dynamique.